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Lifestyle - Disparition

L’hommage à Charles Aznavour : « Ils sont venus, ils sont tous là... »

Emmanuel Macron a salué un « visage de la France », tandis que le Premier ministre d’Arménie Nikol Pachinian honorait le « cher maître » que « tout Arménien perçoit comme un proche parent ».

Sur le chemin du corbillard transportant le cercueil de Charles Aznavour vers les Invalides, à Paris, une foule immense a rendu un dernier hommage au chanteur. Ludovic Marin/AFP

Personnalités politiques, artistes, autorités arméniennes, admirateurs et proches de Charles Aznavour ont rendu hier à Paris un hommage national à un « visage de la France », dont les chansons figurent au « patrimoine commun », selon les mots du président français Emmanuel Macron. L’Élysée avait précisé que la famille avait voulu un hommage républicain et officiel, avec le président de la République, mais aussi des autorités arméniennes.

Porté par des gardes républicains, le cercueil du chanteur a fait son entrée dans la cour des Invalides au son d’une œuvre musicale arménienne traditionnelle, Dle Yaman, jouée au duduk, un instrument à vent arménien, devant une assistance où se voyaient des personnalités politiques, comme les anciens présidents français Nicolas Sarkozy et François Hollande, ou la finaliste de la présidentielle française Marine Le Pen, et des personnalités du spectacle, comme Jean-Paul Belmondo. À la fin de la cérémonie, le cercueil de Charles Aznavour est ressorti de la cour au son d’une de ses plus célèbres chansons : Emmenez-moi.

Devant plus de 2 000 personnes dans la cour ensoleillée des Invalides, Emmanuel Macron a salué le lien profond que le chanteur mondialement connu, décédé lundi à 94 ans, a tissé avec les Français. « Au fil des années, cette présence, cette voix, cette intonation reconnaissable entre toutes se sont installées dans nos vies, quelle que soit notre condition, quel que soit notre âge », a déclaré le président français, visage grave, devant le cercueil drapé de bleu-blanc-rouge, à côté duquel se trouvait une composition florale aux couleurs du drapeau arménien. Nikol Pachinian, le Premier ministre arménien, l’autre pays du chanteur, a rendu hommage au « cher maître » que « tout Arménien perçoit comme un proche parent » et qui a donné une « nouvelle couleur et un nouvel élan à la fierté arménienne ». Le président arménien Armen Sarkissian était aussi présent à la cérémonie. « Il incarnait la chanson française », a commenté une autre figure de cet art, Mireille Mathieu, à l’issue de la cérémonie.

L’ensemble de la cérémonie d’adieux, que pas moins de cinq chaînes françaises ont retransmise en direct, a été marqué par la double culture de Charles Aznavour, infatigable pourvoyeur de chansons à succès qui a accompagné des générations de Français sur près de sept décennies. Né Shahnourh Varinag Aznavourian à Paris en 1924 de parents arméniens, Charles Aznavour était l’un des représentants les plus symboliques de la diaspora du petit pays avec lequel il a entretenu des liens étroits tout au long de sa vie. Le chanteur se rendait souvent à Erevan pour honorer la mémoire des victimes du génocide arménien et il devait y retourner dans les jours qui viennent avec Emmanuel Macron, pour le sommet de la francophonie. « Son absence fera un vide immense » à ce sommet, a commenté le président français.

Toutefois, cet hommage empreint d’une grande solennité n’a pas eu la dimension populaire de celui rendu en décembre 2017 à un autre géant de la chanson française, Johnny Halliday, en présence d’une immense foule dans les rues parisiennes. Au lendemain de ce dernier rendez-vous avec son public, Charles Aznavour sera enterré cet après-midi à Montfort-l’Amaury, à l’ouest de Paris. Il reposera dans le caveau familial, aux côtés de ses parents et de son fils Patrick, décédé à l’âge de 25 ans. Avant cela, une cérémonie religieuse est prévue en la cathédrale arménienne Saint-Jean-Baptiste, à Paris, mais l’accès sera uniquement réservé à la famille, aux proches et aux officiels.

À Erevan, fierté et larmes

La cérémonie d’adieux à Charles Aznavour a également été largement suivie en Arménie, dans les maisons, au travail, dans les commerces, et, notamment, sur un grand écran installé sur la place centrale d’Erevan qui porte son nom.

« Nous avons tous ressenti la perte d’Aznavour comme la perte d’un enfant du pays. J’ai beaucoup pleuré. Mais aujourd’hui, en voyant les honneurs qu’accorde la France à notre grand chanteur, mon cœur est rempli de fierté », affirme Anna Minasian, une institutrice de 34 ans venue sur la place Aznavour avec ses élèves. « Je veux que mes élèves se souviennent de ce jour, de notre grand Aznavour, et qu’ils n’oublient jamais ce que c’est d’être un grand homme et un grand Arménien », ajoute-t-elle. « Il va nous manquer, sa voix va nous manquer. Il y avait tellement de courage, de bonté et d’humilité dans un si petit homme... » dit Haykuhi Hakobian, un coiffeur de 28 ans.

Toute la journée d’hier, la circulation a été interdite sur les principales artères menant à la place Charles-Aznavour. Une cérémonie d’hommage devait également y avoir lieu dans la soirée, ainsi que la diffusion d’un concert du chanteur. À la télévision publique arménienne, tous les programmes ont été modifiés pour être exclusivement consacrés au chanteur, hier et aujourd’hui. Les autorités arméniennes ont par ailleurs décrété un jour de deuil national aujourd’hui.

La disparition du chanteur, surnommé outre-Atlantique « le Sinatra français », a été pleurée dans le monde entier, de Hollywood Boulevard à Erevan, en passant par Buenos Aires et Beyrouth.

Source : AFP

Personnalités politiques, artistes, autorités arméniennes, admirateurs et proches de Charles Aznavour ont rendu hier à Paris un hommage national à un « visage de la France », dont les chansons figurent au « patrimoine commun », selon les mots du président français Emmanuel Macron. L’Élysée avait précisé que la famille avait voulu un hommage républicain et officiel, avec le président de la République, mais aussi des autorités arméniennes.Porté par des gardes républicains, le cercueil du chanteur a fait son entrée dans la cour des Invalides au son d’une œuvre musicale arménienne traditionnelle, Dle Yaman, jouée au duduk, un instrument à vent arménien, devant une assistance où se voyaient des personnalités politiques, comme les anciens présidents français Nicolas Sarkozy et François...
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