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Liban

Raï revient à la charge pour « un gouvernement d’urgence »

Communautés

Ouverture aujourd’hui, à Montréal, de la conférence des évêques de la diaspora.

Fady NOUN | OLJ
26/09/2018

Revenant à la charge, et vivement, sur l’impasse gouvernementale, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a insisté à nouveau, depuis Montréal (Canada), où il est en visite pastorale, sur la nécessité de former « un gouvernement d’urgence restreint et indépendant de tous les blocs parlementaires et partisans, regroupant des personnalités respectables et compétentes capable de mener à bien les réformes demandées par CEDRE, de dépenser les fonds promis dans la bonne direction et d’édifier l’unité nationale ». Ensuite, « qu’ils forment les gouvernements qu’ils veulent », a lancé le patriarche.

Dans un entretien accordé au Canada à l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), le patriarche a démenti les voix qui se veulent rassurantes sur l’état de l’économie et des finances nationales. « C’est une grande honte », a-t-il jugé, que le gouvernement n’ait pas encore été formé et que « chacun campe sur des positions, alors qu’à travers la conférence CEDRE tenue à Paris, la communauté internationale s’était engagée sur des projets à hauteur de 11,5 milliards de dollars pour relancer l’économie, à l’heure où le Liban meurt économiquement et financièrement, contrairement à tout ce que disent nos hommes politiques ».


(Pour mémoire : Raï plaide à nouveau en faveur d'un gouvernement d'urgence et neutre)


Conférence des évêques de la diaspora

Par ailleurs, c’est ce matin que s’ouvre à Montréal (Canada) la première séance officielle de la conférence des diocèses maronites de la diaspora, qui ponctue d’un moment de réflexion approfondie le second voyage pastoral du patriarche maronite au Canada, où il s’était déjà rendu en 2012. Les diocèses réunis sont ceux d’Australie, de Brooklyn et Los Angeles (aux États-Unis), de Montréal (Canada), d’Argentine, du Brésil et de France.

L’évêque maronite du Canada, siégeant à Montréal, Marwan Tabet, a précisé hier à l’ANI qu’à l’ordre du jour des réunions figurent un état des lieux des différents diocèses et en particulier de l’enjeu majeur qu’y représentent les jeunes. Il sera question aussi de la liturgie comme facteur d’unification des maronites, des liens qui s’établissent entre le Liban résident et le Liban émigré, ainsi que des questions d’ordre à la fois religieux et national, dont une estimation de la situation au Liban (impasse politique, mouvement d’émigration, poids des réfugiés syriens, lutte sourde entre deux axes régionaux), et de son impact sur la société en général et sur les maronites en particulier. Un communiqué final sera publié à l’issue des réunions de l’assemblée.

Hier soir, une séance de travail préparatoire a réuni les évêques présents à Montréal, a précisé Mgr Tabet, pour une récapitulation des décisions antérieures déjà prises, dans un souci de continuité et d’efficacité.


Manque de prêtres

L’un des sujets les plus brûlants de la réunion devrait être celui du manque de prêtres pour une diaspora en expansion numérique. À cet égard, tous les diocèses maronites du Liban avaient été invités, lors du synode annuel de l’Église maronite, en juin dernier, à discerner les prêtres susceptibles de servir outre-mer, notamment dans les pays à forte émigration.

Lors de ce synode annuel, avaient été examinés également des dossiers essentiels comme celui de la formation du clergé et celui de la réforme de la liturgie comme source d’enseignement et d’unité. Aux évêques, le synode avait par contre interdit, sous prétexte de leur besoin en prêtres, d’ordonner des séminaristes ou des moines, ou d’accepter d’affecter des prêtres considérés comme indésirables dans d’autres évêchés. Une injonction qui prend encore plus de relief dans le climat de crise qui marque la vie de l’Église dans certains pays.

Sans vraiment anticiper sur les résolutions de l’assemblée, il est certain qu’elle va soulever le problème central de la préservation de l’identité religieuse et culturelle dans les pays d’émigration, où par ailleurs la vie est souvent meilleure qu’au Liban. À cet égard, le patriarche maronite n’aura d’autre choix que de prêcher indistinctement l’attachement à la foi chrétienne et à l’identité libanaise. Aux maronites, il rappellera l’importance de préserver leur attachement au Liban, « leur patrie spirituelle ».


Accueil des partis

Par ailleurs, le patriarche maronite a accueilli hier, dans les salons de la cathédrale Saint-Maron, à Montréal, en présence de Mgr Marwan Tabet, des groupes représentant tous les partis libanais présents dans la ville (Kataëb, PSP, CPL, Amal, courant du Futur, Forces libanaises et Parti national libéral).

Le patriarche a souligné, à l’intention de ses auditeurs, « l’importance que la diaspora reste solidaire ». Il a dénoncé en termes vifs « les divisions internes » au Liban et recommandé « qu’ils ne soient pas exportés ».

Intervenant devant la conférence des évêques catholiques du Canada, réunie à Cornwall (Ontario), le patriarche maronite avait passé en revue, lundi, certaines des difficultés rencontrées par les chrétiens en Orient. Il n’avait pas mâché ses mots pour condamner les États « qui fournissent armes et argent à certains groupes extrémistes », et aux mains desquels les chrétiens d’Irak et de Syrie ont plus particulièrement souffert.

Le patriarche Raï n’a pas manqué non plus de mettre la crise israélo-arabe au cœur du drame régional, « en raison du non-respect des résolutions internationales », sans oublier de redire qu’« avec les musulmans, les chrétiens d’Orient ont réussi à fonder une civilisation commune » et qu’ils ont « joué un rôle majeur dans l’avènement de cette civilisation et de la modération chez les musulmans ».

Enfin, abordant le « fardeau insoutenable » de la présence de plus d’un million et demi de déplacés syriens au Liban, le patriarche, a précisé l’Agence nationale d’information (ANI-officielle), a « déploré que certains organismes internationaux aient posé des conditions à l’envoi d’aides aux déplacés syriens au Liban, pourvu qu’ils demeurent sur place et ne rentrent pas dans leur pays ».


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