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Moyen Orient et Monde

Syrie : Russes et Israéliens d’accord pour calmer le jeu

Éclairage

Malgré l’incident de lundi, les deux pays souhaitent poursuivre leur coordination militaire.


David NASSAR | OLJ
22/09/2018

Israël maintiendra sa liberté de mouvement dans les airs sur le théâtre syrien. Tel est le message qu’a voulu faire passer hier un responsable israélien sous couvert d’anonymat à quelques journalistes. L’incident survenu lundi dernier, initié par l’armée de l’air israélienne et conclu par la DCA syrienne, causant la mort de 15 militaires russes et le crash de leur avion de surveillance, ne changera pas la donne. Moscou et Tel-Aviv sont rapidement parvenus à calmer le jeu, malgré la réaction initiale du ministère russe de la Défense qualifiant les frappes israéliennes d’« hostiles », rappelant que la Russie « se réserve le droit de répondre de manière appropriée » et exhortant Israël à « s’abstenir de mener des frappes aériennes en Syrie ». Quelques heures plus tard, le président russe Vladimir Poutine avait déjà calmé les ardeurs en évoquant « un enchaînement de circonstances accidentelles tragiques », tout en rappelant néanmoins au Premier ministre israélien que « de telles opérations violent la souveraineté syrienne ».

Les Israéliens ont de leur côté réagi promptement en reconnaissant, contrairement à leurs habitudes, avoir mené des raids dans la région de Lattaquié et en promettant aux Russes de partager toutes les informations qu’ils détiennent pour faire la lumière sur les circonstances autour de cet incident. Une délégation israélienne conduite par le chef de l’armée de l’air, le major général Amikam Norkin, s’est rendue jeudi à Moscou. Un responsable de l’armée israélienne a déclaré hier à des journalistes sous couvert d’anonymat que les Israéliens ont « fourni la preuve » aux Russes que les batteries syriennes avaient « tiré de manière irréfléchie, irresponsable et non professionnelle », que les appareils israéliens n’étaient « absolument pas proches de l’avion russe » au moment des tirs, qu’ils étaient revenus depuis longtemps dans l’espace aérien israélien et qu’ils se trouvaient en phase d’atterrissage. Il a ensuite affirmé que ces allégations ont été « bien acceptées » par la partie russe, selon des informations relayées par l’AFP. La chaîne libanaise al-Mayadeen a pour sa part affirmé que les Russes n’ont « pas accepté » le rapport israélien. « La Russie et Israël veulent éviter toute confrontation en Syrie », assure à L’Orient-Le Jour Nicholas Heras, chercheur au Centre pour une nouvelle sécurité américaine (CNAS) et expert des questions de sécurité au Moyen-Orient.


(Lire aussi : Quatre obstacles à la « pax poutinia » en Syrie)


Une liberté de mouvement primordiale

L’incident de lundi rappelle celui de décembre 2015, lorsqu’un F-16 turc avait abattu un Sukhoï Su-24M russe à la frontière turco-syrienne. Moscou avait alors coupé ses relations économiques avec Ankara et interdit aux millions de touristes russes de se rendre en Turquie. Interrogé sur une éventuelle riposte à l’égard d’Israël comme il l’a fait contre la Turquie, M. Poutine a affirmé lundi que « la situation est différente (…), à l’époque, l’avion turc avait délibérément pris pour cible notre avion. Ici, les avions israéliens n’ont pas touché notre (avion) ». Les deux pays entretiennent en effet de bonnes relations et ont mis en place une procédure non conflictuelle en Syrie depuis 2015, pour éviter tout accrochage entre les deux armées.

« Cette rencontre avec (les responsables de) l’armée de l’air russe nous donnait l’occasion d’améliorer le mécanisme non conflictuel et les deux parties saisiront peut-être cette occasion pour éventuellement procéder à des ajustements », a estimé hier un responsable israélien cité par l’AFP, qui ajoute que la « liberté de mouvement d’Israël est primordiale ». Selon des informations rapportées par des médias chypriotes, la Russie aurait toutefois ordonné hier la fermeture d’espaces aériens et maritimes dans des zones autour de l’île de Chypre, pour mener des opérations au large des côtes syriennes. « La Russie répond à une lacune qu’elle perçoit dans sa défense de la Syrie côtière contrôlée par Assad, en faisant une grande démonstration sur les côtes syriennes et dans les environs, pour envoyer un signal clair à la communauté internationale que c’est elle qui contrôle la défense de la Syrie », indique M. Heras.

Moscou semble cependant contraint de laisser Israël poursuivre ses raids contre l’Iran et ses supplétifs en Syrie. Avec le risque, à un moment donné, que ces activités provoquent un nouvel incident.




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