Liban

Du sport, de l’écologie et des échanges culturels : qui dit mieux ?

Loisirs

Une centaine d’athlètes vont tenter de rallier Qornet el-Sawda depuis Byblos par la mer et par la montagne, lors du polyathlon des Cèdres.


22/09/2018

Trois kilomètres de rafting, deux kilomètres de nage en pleine mer, cent kilomètres à vélo avec 3 600 mètres de dénivelé positif, un peu de tir à l’arc et, pour finir, vingt-quatre kilomètres de trek. Le tout, en moins de 24 heures.

L’Association PolyLiban organise depuis sa création il y a onze ans le polyathlon des Cèdres qui a débuté hier, vendredi, et qui se poursuit jusqu’à demain, dimanche, et le PolyLiban Cycling Tour, une course cycliste qui s’étale sur plus de 600 kilomètres du 24 au 30 septembre. L’organisation peut compter en plus de ses vingt-cinq volontaires sur le patronage du commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, ainsi que sur la participation de l’armée qui devait s’aligner d’ailleurs sur la ligne de départ, hier. Les 110 athlètes du polyathlon ont donc enchaîné les cinq sports précités. À 21 ans, Christelle a pris pour la troisième fois le départ hier. « Physiquement, je suis prête, a-t-elle souligné avant le lancement de l’événement. Psychologiquement, c’est plus compliqué. Je me prépare surtout pour l’étape de vélo parce que le trajet est très long. En général, les vingt derniers kilomètres à vélo, il ne faut pas y penser, il faut juste continuer. » Ses études en physiothérapie lui laissent ses après-midi de libre pour s’entraîner quotidiennement depuis un mois et demi. Et cette année, elle ne sera pas seule car elle a réussi à convaincre trois amis de la suivre dans cette aventure: « Les autres me disent que je suis folle ! »

Membre de l’association, Maya avoue, elle, ne pas être dans sa meilleure forme à deux jours du départ, malgré un entraînement en salle de sports une fois par semaine et une sortie longue à vélo dans la montagne, le week-end. À 36 ans, elle participe au polyathlon pour la neuvième fois. Mais elle n’a aucune inquiétude sur sa capacité à atteindre demain, dimanche, le point culminant du Liban, à gravir les 3 088 mètres d’altitude jusqu’à Qornet el-Sawda. L’ambiance entre les coureurs devrait la porter jusqu’au sommet : « Quand on s’amuse, on ne ressent pas la douleur. La première fois que j’ai réussi à enchaîner toutes les étapes, j’ai ressenti une forme d’humilité devant la grandeur de la montagne et j’ai découvert la force que j’avais en moi, de pouvoir faire tout ça en moins de 24 heures. »



« Nouveaux trésors »

Les participants sont répartis en trois catégories : 30 à 40 % dans la catégorie A qui mettront moins de sept heures pour parcourir les 100 kilomètres à vélo ; autant courent dans la catégorie B et 20 % dans la catégorie C, parmi lesquels certains ne termineront pas l’épreuve à vélo. Jad Abou Arrage, de l’association PolyLiban, l’assure : « Quelqu’un qui fait du vélo une à deux fois par mois peut parfaitement faire la catégorie C ! » Tous doivent se retrouver au sommet, demain dans l’après-midi. Un seul mot d’ordre : l’esprit n’est pas à la compétition, il n’y aura demain ni gagnant ni perdant.

Marc a 36 ans et travaille dans la finance. Il se rappelle de son dernier polyathlon : « Quand on peine tous face au même challenge, on souffre de la même façon, on se retrouve dans les autres. »

Des aménagements ont été prévus pour que tout le monde puisse participer : la natation est par exemple optionnelle et des vélos sont mis à disposition des cyclistes amateurs qui n’en possèdent pas. Pour Jad Abou Arrage, l’objectif de ces trois jours d’épreuves est tout autre : « C’est un événement qui favorise l’échange culturel : des personnes viennent du Canada, d’Europe, des États-Unis, de la Suisse, en plus des expatriés et des Libanais de tout le pays. Tous ces participants sont réunis autour du sport. »

Au fil des années, la dégradation de la nature, même dans les endroits les plus sauvages du Liban, saute aux yeux des participants comme des organisateurs. M. Abou Arrage souhaite donner une dimension écologique à l’événement : « L’année dernière, on a ramassé tous les déchets à Qornet el-Sawda et cette année, on réduit nos déchets (...) On espère sensibiliser de plus en plus les participants et les municipalités à l’urgence écologique. »

L’idée est de montrer la beauté et la diversité des paysages libanais pour donner envie d’en prendre davantage soin. En onze éditions, les athlètes n’ont jamais emprunté la même route pour rallier le plus haut sommet libanais en partant de la côte. C’est une autre raison qui pousse Maya à renouveler l’expérience tous les ans : « Même nous, les Libanais, on ne connaît pas bien notre pays, à part Beyrouth et Byblos… (...) Chaque année, on trouve de nouvelles routes et de nouveaux trésors. »

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