Trois ans après le début du retentissant scandale de dopage en Russie, l’Agence mondiale antidopage (AMA) doit décider aujourd’hui si elle lève ses sanctions contre Moscou.
Cette hypothèse lui vaut déjà un déluge de critiques sur son indulgence supposée. Comités de sportifs, agences antidopage, de nombreuses voix, surtout aux États-Unis et en Europe occidentale, ont exhorté l’AMA à ne pas se renier face au système de dopage institutionnel qui a sévi dans le sport russe de 2011 à 2015. « Tout compromis serait dévastateur pour le sport propre », ont mis en garde, dans une déclaration conjointe, 7 des 17 membres du comité des sportifs de l’AMA.
Mais c’est dans le huis clos d’un comité exécutif, convoqué aux Seychelles, que tout va se jouer. L’instance, qui réunit 12 membres représentant les deux piliers de l’agence – les gouvernements d’un côté et le mouvement sportif et olympique de l’autre –, décidera si l’agence russe antidopage (Rusada) est redevenue « conforme » au code mondial antidopage. Un enjeu crucial pour Moscou. Au-delà de son image dans le sport, cette suspension a des effets en cascade, par exemple sur la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) qui a banni la Russie depuis 2016. En théorie, les fédérations internationales doivent aussi en tenir compte dans l’attribution des compétitions à la Russie.
Décidée à tourner la page et sous la pression des fédérations internationales, la direction de l’AMA a aussi cherché le compromis. Dans un courrier daté du 22 juin dernier, elle encourageait Moscou à des aveux édulcorés sur « l’implication de personnes au sein du ministère des Sports et de ses entités ». Réponse du ministre Kolobkov dans une autre missive, datée du 13 septembre : des aveux du bout de la plume, sans mention qu’un système d’État ait existé, et la promesse de remettre une copie de la banque de données du laboratoire de Moscou, mais une fois que Rusada sera réintégrée. Dans la foulée, l’AMA a annoncé vendredi dernier qu’elle envisageait cette hypothèse, en s’appuyant sur les recommandations de son comité pour la révision de la conformité (CRC).
Depuis, un déluge de critiques s’est donc abattu sur l’AMA, accusée de sacrifier l’intégrité du sport sur l’autel de la realpolitik. « Le leadership réclame de faire preuve de flexibilité », s’est défendue l’agence, sans toutefois éteindre l’incendie.
Source : AFP


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