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Assassinat de Rafic Hariri

TSL : Nous n'aurons pas recours à la vengeance, affirme Hariri

Le procès, devant le TSL, entre dans sa phase finale.

Le Premier ministre Saad Hariri arrivant au TSL, à La Haye, le 11 septembre 2018. Photo Sandra Noujeim

La dernière étape du procès dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri s'est ouverte mardi matin devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), dans la banlieue de La Haye, avec les déclarations finales. Une étape qui précède le prononcé du verdict. 

"La vérité sera révélée", a déclaré à la presse, depuis La Haye, le Premier ministre sortant et fils de Rafic, Saad Hariri, à l'issue de la première séance. "Nous n'aurons pas recours à la vengeance", a-t-il ajouté, rapporte notre correspondante sur place, Sandra Noujeim. "Depuis le début, nous avons réclamé la justice parce qu'elle protège le Liban et nous n'aurons pas recours à la vengeance parce que Rafic Hariri était un homme de justice et de vérité, a martelé M. Hariri. La vérité sera révélée et celui qui a commis des crimes en paiera le prix. Aujourd'hui, je mets mes sentiments de côté et je traite avec les affaires relatives au TSL avec responsabilité, pour l'intérêt du pays", a-t-il ajouté.

M. Hariri a été surtout interrogé sur l'implication du Hezbollah et de Damas dans l'attentat, comme cela est mis en valeur par l'accusation. "Je n'ai jamais eu de doute pour ce qui a trait au régime syrien, a-t-il répondu. Mais je dois réagir en tant que responsable, pour le pays et tout ce pour quoi Rafic Hariri a œuvré, à savoir la stabilité et le calme au Liban."

Interrogé au sujet de la formation du gouvernement, et son lien avec le TSL, M. Hariri, qui doit rentrer ce soir ou demain à Beyrouth, a répondu : "Ils doivent cesser de convoiter des portefeuilles. Et là, le gouvernement sera alors formé". 

La lecture des déclarations de clôture, qui durera deux semaines, marque la dernière phase du procès des suspects, tous membres du Hezbollah, plus de 13 ans après l'attentat dans le centre de Beyrouth, le 14 février 2005. La journée de mardi s'est ouverte avec le réquisitoire de l'accusation, avant de laisser la parole aux représentants des victimes et ensuite à la défense, a indiqué le TSL sur Twitter.

Dans sa déclaration de clôture, l’accusation, menée par Norman Farrell, a insisté sur la culpabilité des quatre suspects. Le conseil Nigel Povoas a ainsi déclaré que "le poids écrasant des preuves ne laisse aucun doute quant à la culpabilité des suspects". Selon notre correspondante sur place, un représentant de l'équipe du procureur a réaffirmé le lien entre les quatre accusés, soulignant qu'ils avaient une "finalité commune". "Les accusés sont unis par leur lien commun au Hezbollah", a-t-il martelé.


(Lire aussi : Le Hezbollah au cœur des audiences finales du TSL ?)


Rafic Hariri, Premier ministre sunnite du Liban jusqu'à sa démission en octobre 2004, a été tué en février 2005, lorsqu'un kamikaze a fait exploser une camionnette bourrée d'explosifs au passage de son convoi blindé sur le front de mer de Beyrouth. L'attaque a coûté la vie à 21 autres personnes et a fait quelque 226 blessés. Le tribunal doit se prononcer sur le rôle de quatre hommes soupçonnés d'être à l'origine de la mort de Rafic Hariri. Moustafa Badreddine, le principal accusé décrit comme le "cerveau" de l'attentat par les enquêteurs, a été tué depuis.

Reste Salim Ayyash, 50 ans, accusé d'avoir été à la tête de l'équipe qui a mené l'attaque. Deux autres hommes, Hussein Oneissi, 44 ans, et Assad Sabra, 41 ans, sont notamment poursuivis pour avoir enregistré une fausse cassette vidéo qui revendiquait le crime au nom d'un groupe fictif. Le dernier accusé, Hassan Habib Merhi, 52 ans, fait également face à plusieurs chefs d'accusation, tels que complicité de perpétration d'un acte de terrorisme et complot en vue de commettre cet acte.

Durant l'audience, l'accusation a effectué un exposé technique afin de montrer la fiabilité, selon elle, des éléments de preuve basés sur les données téléphoniques, en référence aux quatre réseaux téléphoniques utilisés par les accusés, chacun étant défini par une couleur spécifique, "vert", "jaune", "bleu" et "rouge". Le réseau vert, considéré par l'accusation comme étant "le réseau du Hezbolah", était opéré par Moustapha Badreddine. Les réseaux "jaune" et "bleu" étaient, selon l'accusation, utilisés pour surveiller les mouvements Rafic Hariri durant la période de 2004-2005. Le "réseau rouge" renvoie lui à des numéros de téléphones à usage unique, utilisés le jour de l'attentat. Les téléphones utilisés dans le cadre de ce réseau ont servi à coordonner l'attentat.

L'avocat de l'accusation, David Kinnecome, a prié la chambre de considérer les éléments de preuve dans leur ensemble comme ne supportant aucun doute raisonnable, et non pas chaque élément pris séparément.


(Repère : Retour sur les dates-clés du TSL)


Jugement "symbolique"

Les délibérations des juges de la chambre de première instance, après ces auditions, devraient durer au moins quelques mois, avant l'énoncé du verdict.

Les juges doivent pourtant faire face à un banc des accusés vide devant ce tribunal des Nations unies, établi en 2009 pour juger les responsables de la mort de M. Hariri. Le Hezbollah, qui a rejeté toute paternité de l'assassinat, a refusé de livrer les suspects malgré les mandats d'arrêts émis par le TSL.

Les suspects seront ainsi jugés en leur absence, sans même avoir été en contact avec les avocats qui les représentent. Une situation inédite en droit international depuis 1945 et le procès de Nuremberg au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Par défaut, le TSL est devenu le premier tribunal pénal international qui permet l'organisation d'un procès en l'absence de l'accusé.

Cette absence "remet en question la pertinence du procès, étant donné qu'aucune peine réelle ne sera infligée", estime Dov Jacobs, professeur en droit pénal international. L'effet du jugement "sera exclusivement symbolique", ajoute M. Jacobs, qui s'attend à une longue procédure en appel.

Même si le jugement pourrait apporter des précisions sur le rôle joué par le Hezbollah dans cette attaque, le mouvement chiite a déclaré en août ne pas reconnaître le TSL, qui "ne vaut absolument rien" à ses yeux. "Nous ne reconnaissons pas ce tribunal, nous ne le considérons pas pertinent et nous disons à quiconque mise sur lui: ne jouez pas avec le feu", a lâché dans un discours le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.



La dernière étape du procès dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri s'est ouverte mardi matin devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), dans la banlieue de La Haye, avec les déclarations finales. Une étape qui précède le prononcé du verdict. 

"La vérité sera révélée", a déclaré à la presse, depuis La Haye, le Premier...

commentaires (4)

la plus grande absurdite cest d'arriver a identifier les responsables de ce crime sans les sanctionner!!!

Rhéa m

12 h 31, le 12 septembre 2018

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Commentaires (4)

  • la plus grande absurdite cest d'arriver a identifier les responsables de ce crime sans les sanctionner!!!

    Rhéa m

    12 h 31, le 12 septembre 2018

  • Nous ne dirons jamais assez, Rafic Hariri était un homme politique libanais d'une grande envergure, charismatique, juste, un homme de dialogue et de paix. Une perte sans égale pour notre pays. Plus jamais un tel crime et une absurdité!

    Sarkis Serge Tateossian

    20 h 29, le 11 septembre 2018

  • Celui qui a fait exploser la camionnette bourrée d'explosifs qui a causé la mort de 21 personnes et 261 blessés n'était pas un kamikaze mais un "martyr"; il n'y a pas kamikazes chez les Arabes, il n'y que des martyrs. Le kamikaze n'existe qu'au Japon.

    Honneur et Patrie

    15 h 18, le 11 septembre 2018

  • QUI VA APPLIQUER QUOI... OU... COMMENT ET SUR QUI ?

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 15, le 11 septembre 2018