Justice

Mona Mazbouh, arrêtée au Caire, devrait rentrer au Liban mercredi

Mona Mazbouh au Caire, dans une photo publiée le 24 décembre 2017. Photo Facebook/Mona Almazbouh

Mona Mazbouh, jeune Libanaise de 24 ans, condamnée en juillet dernier par la justice égyptienne à huit ans de prison pour « atteinte » au peuple égyptien, devrait recouvrer la liberté mercredi. Hier, la cour d’appel égyptienne a réduit la peine de la jeune fille à un an d’emprisonnement avec sursis en exécution et au versement d’une amende de 30 000 livres égyptiennes, soit l’équivalent de près de 1 700 dollars américains.

La jeune femme avait été, rappelons-le, arrêtée par les autorités égyptiennes fin mai pour avoir posté une vidéo sur les réseaux sociaux où elle dénonce le harcèlement sexuel dont elle a été victime dans les rues du Caire, tenant des propos qui ont été considérés comme une « atteinte au peuple égyptien ». Les excuses qu’elle a postées ultérieurement n’y ont rien fait.

Après l’arrestation de la jeune femme, son père avait présenté à plusieurs reprises ses excuses au peuple égyptien. Plus tard, lors d’une conférence de presse tenue au Centre libanais des droits de l’homme, il a fait part des « graves perturbations psychologiques » dont souffre sa fille depuis l’enfance. Il a révélé « qu’elle a été opérée de la tête en 2006 » et qu’elle est par conséquent non responsable de ses actes. Selon lui, elle a commis cette erreur « par inconscience ».

Contacté par L’Orient-Le Jour, Hassan Bazzi, l’un des avocats de la jeune femme, a expliqué qu’aujourd’hui l’amende doit être versée. « Par la suite, Mona Mazbouh sera déférée devant la Sûreté générale égyptienne pour un interrogatoire routinier, suite auquel elle devra être libérée, poursuit-il. Elle devrait rentrer à Beyrouth mercredi. » Selon des sources rapportées par l’avocat, « l’ambassade du Liban au Caire se chargera des frais de l’amende et du billet d’avion » de la jeune femme. Dans ce cadre, Me Bazzi a mis l’accent sur « le rôle » joué par l’ambassadeur et le chargé d’affaires du Liban au Caire, respectivement Ali Halabi et Kamal Abi Merched. « Ils n’ont épargné aucun effort pour lui venir en aide », insiste-t-il, soulignant que « le consul du Liban a assisté à toutes les séances judiciaires et a visité la jeune femme près de trois fois durant toute la période de son arrestation ». Et si l’ambassade ne verse pas l’amende ? « Nous débrouillerons l’argent », affirme Me Bazzi, qui, rappelons-le, s’est porté volontaire aux côtés de Me Soha Ismaïl pour aider l’avocat égyptien, Imad Attiyé, à la défense.

Le ministère des Affaires étrangères a salué le jugement de la cour d’appel égyptienne, ainsi que « l’autorité égyptienne pour sa compréhension ». Dans un communiqué, il a remercié la justice égyptienne pour ce jugement « qui a rassuré les Libanais et la famille de Mona Mazbouh qui a beaucoup souffert durant son arrestation ».

En soirée, les avocats de la jeune femme ont publié un communiqué remerciant l’ambassadeur et le consul du Liban, ainsi que le palais Bustros, « pour le soutien apporté à la jeune femme » et « les facilités assurées aux avocats ». Ils ont également remercié « les activistes » à Beyrouth qui ont aidé dans cette affaire, ainsi que la cour d’appel égyptienne qui a fait preuve de « clémence » et d’« humanité ».


Mona Mazbouh, jeune Libanaise de 24 ans, condamnée en juillet dernier par la justice égyptienne à huit ans de prison pour « atteinte » au peuple égyptien, devrait recouvrer la liberté mercredi. Hier, la cour d’appel égyptienne a réduit la peine de la jeune fille à un an d’emprisonnement avec sursis en exécution et au versement d’une amende de 30 000 livres...

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