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Diaspora

Libanais de cœur, Habib Chamoun analyse le génie phénicien en négociation

Parution

Un chercheur libano-mexicain, Habib Chamoun, présentera ses ouvrages sur la philosophie phénicienne des négociations au cours d’un prochain congrès à l’USEK.

Rania NAWAR | OLJ
04/09/2018

Titulaire d’un doctorat et d’un postdoctorat en ingénierie chimique, Habib Chamoun est également un professeur et consultant de renommée internationale dans le domaine de la négociation, précisément dans la gestion des conflits. Cet auteur de plusieurs livres et publications académiques, est le descendant d’une famille libanaise. Originaire du village de Deir Qamar au Chouf, il a vécu loin de la terre de ses ancêtres mais n’en est pas moins fier de ses origines. Son grand-père Sleiman avait émigré à Cuba en 1920. Son père Habib, fuyant la révolution cubaine, s’est installé au Mexique en 1958.

Habib Chamoun vit actuellement à Austin, Texas, aux États-Unis, avec son épouse et ses quatre enfants : Habib, Émile, Antoine et Marcelle. « Mon épouse est libanaise et originaire de Amchit, raconte-t-il à L’OLJ. Je suis fier du fait que mes enfants sont à 100 % libanais. Je suis libanais de cœur, d’esprit et de tout mon être. Je répète souvent ce que disait Gibran Khalil Gibran, que si je n’étais pas libanais, j’aurais demandé à Dieu de le devenir. »

Fasciné dès son plus jeune âge par la culture phénicienne, Habib Chamoun se lance le défi de mener des recherches sur les meilleures stratégies utilisées par les Phéniciens à travers l’histoire dans le domaine des négociations. C’est ainsi qu’il se rend compte que les Phéniciens ont pratiqué un art des négociations, très souvent couronné de succès : preuve en est, c’est la seule civilisation qui a conquis le monde méditerranéen sans guerre. « C’est là que réside la clé du succès des Phéniciens, conquérants sans jamais être des guerriers », affirme-t-il.

Sa passion pour la culture phénicienne et son aptitude à employer la méthode d’analyse scientifique ont donné naissance à une première publication : Négocier comme un Phénicien (2007, publié aux États-Unis). Dans cet essai, le chercheur fait la comparaison entre les pratiques courantes dans les civilisations antiques, et présente le modèle phénicien comme exemplaire et comme celui d’une stratégie pouvant être pratiquée jusqu’à nos jours. Son deuxième ouvrage Transcend Quo Vadis Negotiator (2016, également publié aux États-Unis) met en lumière, dans un même esprit philosophique, les concepts de vertus cardinales dans la vie quotidienne – justice, prudence… Se basant sur des exemples tirés de l’histoire des Phéniciens, il soutient que le suivi de ces piliers assure la transcendance, qui est en fait l’idée de synthèse du livre.

Un congrès des écrivains libanais

Habib Chamoun sera au pays de ses ancêtres les 25 et 26 octobre afin de présenter ses deux ouvrages, à l’instar d’autres écrivains, au cours du troisième congrès des écrivains et lecteurs pour le Liban. Cet événement annuel, qui se tient pour la première fois au pays du Cèdre, aura lieu à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), à l’initiative d’un Argentin d’origine libanaise, Walter Muller, fondateur du CAIIL (Centre argentin de recherche sur l’immigration libanaise). Le congrès a été déclaré d’intérêt culturel par le ministère argentin de la Culture et bénéficie également du soutien de l’ambassade du Liban en Argentine, par l’intermédiaire de l’ambassadeur Johnny Brahim.

« Notre but est de permettre aux descendants libanais de diffuser leurs œuvres littéraires sur le Liban et de faire connaître l’empreinte profonde laissée par les immigrants libanais dans les lointaines contrées où ils ont entamé une nouvelle vie », explique Walter Muller à L’OLJ. Sur le choix du Liban comme destination pour l’année 2018, il explique : « Comme conséquence des relations étroites que notre organisation entretient avec différentes universités depuis les précédents congrès, l’USEK nous a invités à organiser ce congrès au Liban. » Plus de 20 participants, entre lecteurs et écrivains, venant d’Argentine, de Mexique et du Liban, seront présents.

Walter Muller ne cache pas son enthousiasme concernant la concrétisation de cet événement tant attendu dans le pays de ses origines. « Mon grand-père n’est jamais revenu au pays après son départ de Deir Antar, Liban-Sud, en 1913, raconte-t-il. Il a cependant transmis à sa famille l’amour de sa patrie d’origine et a cultivé en eux l’attachement aux racines. Cela explique pourquoi nous, les générations suivantes, continuons à regarder le Liban avec beaucoup d’intérêt et d’affection. »

Il ajoute : « Ce congrès sera, pour la plupart des participants qui sont des descendants de Libanais, une occasion de connaître le pays, leurs villages d’origine et leurs familles. En tant qu’organisateur du congrès, avec mes assistants, je voudrais inviter tous les Libanais à participer à cet événement tant attendu, pour rencontrer les écrivains et connaître leurs livres, inspirés par la culture et l’histoire libanaises ».

Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

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