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Liban

Une initiative pour mesurer l’éthique des télés libanaises

Médias
01/09/2018

Où se situent les télévisions libanaises par rapport à l’éthique et au respect des droits civiques les plus élémentaires ? Baptisée Ethics & Civic Values in Live Reports (Éthique et valeurs civiques dans la couverture en direct des événements), une nouvelle initiative de la Fondation Renaissance Liban, qui travaille au renforcement de la citoyenneté dans ce pays, tente de faire le point sur la situation à travers l’étude des journaux télévisés libanais de 2014 à 2017. Le but ? Sensibiliser les journalistes confirmés et les apprentis journalistes sur la nécessité de respecter certains standards dans leurs reportages.

L’équipe de la fondation s’est donné pour tâche de visionner tous les journaux télévisés des trois dernières années et d’en sélectionner des segments qu’elle notera ensuite entre 1 et 3, selon qu’ils s’inscrivent ou non dans le respect de trois paramètres, à savoir la notion d’État, l’éthique professionnelle et les droits civiques.

« L’idée a germé lorsque nous avons rencontré il y a quelques années une dame qui, depuis l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri (en février 2005), enregistre tous les jours toutes les émissions politiques et tous les journaux télévisés des chaînes locales, sans savoir pourquoi. Nous avons récupéré ces enregistrements », explique Fady Bustros, directeur de la communication de la Fondation Renaissance Liban.


(Lire aussi : Comment aider les jeunes à mieux décrypter les flux d’informations)


« Nous visionnons les journaux télévisés jour par jour, ce qui est un travail fastidieux, puis nous isolons les segments qui touchent l’un des trois paramètres de notre grille de lecture. Nous retenons ensuite les segments notés 2 ou 3, qui indiquent un manque de respect des valeurs éthiques », indique M. Bustros qui dénonce un « effet pervers » des chaînes de télé locales.

L’équipe qui planche sur le projet est constituée des journalistes Nidal Ayoub et Rouba Helou, des activistes Melkar Khoury et Nagib Mitri et de la chercheuse Rania Nawar, et a encore six à sept mois de travail pour décortiquer les archives en sa possession. Le but étant d’isoler environ 300 segments desquels on retiendra une vingtaine de séquences parmi les plus significatives. Les segments retenus seront réunis dans une vidéo d’une cinquantaine de minutes et commentés par un expert indépendant. La fondation invitera ensuite des journalistes professionnels à visionner cette vidéo, afin de les sensibiliser aux questions éthiques. Le contenu de la vidéo sera ensuite mis en ligne à l’intention des étudiants en médias ou sciences sociales.

« Il y a tout le temps dans les reportages l’image d’un État absent (…), des informations non vérifiées, des sources non cotées ou des personnes qui se font traiter de criminelles alors que la justice n’a pas encore tranché dans leurs cas », souligne M. Bustros. « Tout cela contribue à dénaturer l’information et à ôter toute crédibilité à la notion d’État. C’est aux télévisions de jouer un rôle correcteur face aux médias non professionnels que l’on retrouve aujourd’hui, notamment sur internet », ajoute-t-il.



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Emile Antonios

Il est clair qu’on est loin des critères d’impartialité de la BBC par exemple.
L’influence et l’audience de la télé officielle est microscopique et les autres sont inféodées à des partis, des personnes ou des pays étrangers,
Ils servent ce que leur clientèle veut entendre.
Comment voulez-vous que l’initiative précitée « Baptisée Ethics & Civic Values in Live Reports » puisse avoir une influence quelconque …
Ce n’est qu’un coup d’épée dans l’eau.
On pourrait en reparler encore longtemps.

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