Le président américain Donald Trump après avoir débarqué d’Air Force One à la base aérienne d’Andrews, dans le Maryland, le 2 août 2026. REUTERS/Daniel Heuer.
Le « Conseil de Paix » de Donald Trump, chargé de mettre en œuvre la deuxième phase du plan de paix à Gaza, a assuré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu que l'armée israélienne ne se retirerait pas de Gaza avant le désarmement « complet » du Hamas. De son côté le Qatar, médiateur dans ce conflit, a accusé mardi Israël d'entraver les efforts diplomatiques.
L'intensification des frappes ces derniers jours » sur Gaza « n'est rien d'autre qu'une tentative de faire dérailler la mise en oeuvre du plan et de bloquer les solutions pacifiques au conflit », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères, Majed Al Ansari.
Israël s'était inquiété lundi d'un accord annoncé par le président américain, accepté par le Hamas et rendu public vendredi, pour la deuxième étape de son plan de Donald de sortie du conflit. Le texte lie le désarmement du mouvement islamiste palestinien à un retrait progressif des troupes israéliennes de Gaza.
Le « Conseil de la Paix » a ensuite précisé sur X que « le retrait des Forces de défense israéliennes (IDF) au-delà de la ligne jaune n'aurait lieu qu'une fois le désarmement achevé, comme le Hamas s'y est engagé auprès des médiateurs », en référence à la ligne de démarcation entre la zone occupée par Israël sur plus de 60% de la bande de Gaza et le reste du territoire.
Dans une première version, ensuite rectifiée, de cette publication, il avait d'abord mentionné un « retrait total » des IDF.
Des ministres d'extrême droite n'en ont pas moins réclamé l'organisation d'un vote au sein du gouvernement pour annuler l'accord, affirmant qu'il ne reflétait pas ce qui avait été initialement discuté.
Le Hamas a dans la foulée, demandé des clarifications au haut représentant du « Conseil » pour Gaza, Nikolaï Mladenov. Ce dernier avait écrit vendredi que « le retrait (israélien) devait aller de pair avec le désarmement », avant de rencontrer lundi Benjamin Netanyahu.
Frappes meurtrières
La version de l'accord publiée vendredi « ne reflète pas la position d'Israël », avait réagi lundi un porte-parole de Benjamin Netanyahu, Doron Spielman, dans la première réaction officielle d'Israël, avant la mise au point du « Conseil de la Paix ».
Le texte stipule aussi que le désarmement du Hamas et le stockage de son arsenal sera assuré par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien chargé de gérer le territoire dans une phase transitoire.
Le mouvement islamiste palestinien défend depuis longtemps un désarmement progressif, plutôt qu'une reddition unilatérale de son arsenal.
Sur le terrain, une source sécuritaire à Gaza a fait état mardi de l'explosion d'un drone israélien dans le centre du territoire, et de tirs d'artillerie israélienne sur des zones dans le sud et le nord, sans victimes signalées.
L'armée israélienne avait aussi annoncé lundi avoir ciblé deux combattants à Gaza, la Défense civile du territoire faisant état de deux morts dans une frappe contre un véhicule dans le nord.
Ces opérations sont toutefois d'une ampleur moindre que celles menées pendant le week-end, qui ont fait 19 morts d'après une source sécuritaire, l'un des plus lourds bilans de ces derniers mois.
Malgré la conclusion d'un cessez-le-feu en octobre 2025, les hostilités n'ont jamais cessé dans le territoire dévasté par deux ans de guerre, déclenché par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les deux camps s'accusant mutuellement de violer la trêve.
Depuis octobre, plus de 1.250 Palestiniens ont été tués à Gaza, selon le ministère de la Santé, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. L'armée israélienne a recensé cinq soldats tués sur la période, ainsi qu'un employé civil sous contrat.

