Liban

Les FL et le PSP consolident leur alliance face au CPL

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Les formations de Walid Joumblatt et de Samir Geagea ont célébré le 17e anniversaire de la réconciliation druzo-chrétienne à Kahalé.

Yara ABI AKL | OLJ
15/08/2018

À l’occasion du 17e anniversaire de la réconciliation druzo-chrétienne de la Montagne – scellée en 2001 par Mgr Nasrallah Sfeir, alors patriarche maronite, et le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt –, la section de Aley au sein des FL et le département de formation politique du PSP ont organisé une rencontre à Kahalé avec Akram Chehayeb (PSP) et Anis Nassar (FL), tous deux députés de Aley. Était présent Fadi Abi Alam, conseillé du Premier ministre, Saad Hariri.

Cette réunion a été l’occasion pour M. Chehayeb d’insister sur l’importance de la réconciliation druzo-chrétienne, louant le rôle de Walid Joumblatt sur ce plan. Le député de Aley a, toutefois, critiqué le discours adopté par certains et qui ont même « porté atteinte aux martyrs ». Une allusion à peine voilée au Courant patriotique libre. Il y a près de deux semaines, Nagi Hayek, cadre au sein de la formation de Gebran Bassil, s’en était violemment pris, via son compte Twitter, à Walid Joumblatt. Évoquant le souvenir de la bataille du « verrou » de Souk el-Gharb, durant l’été 1983, M. Hayek avait écrit à l’adresse du leader de Moukhtara : « Nous nous souviendrons des singes que vous aviez envoyés à Souk el-Gharb et que Michel Aoun (alors colonel dans l’armée en charge de ce front) vous avait renvoyés dans des sacs en jute. » Déjà, lors d’une tournée effectuée en octobre 2017 à Aley, le chef du CPL, Gebran Bassil, avait évoqué de manière appuyée « le retour politique des chrétiens à la Montagne », dans un discours faisant clairement sonner ce retour comme visant la position dominante du PSP.
Commentant ce discours, Akram Chehayeb a déclaré : « Si ce discours est populiste, c’est surtout la loi électorale qui nous y a conduits. » Le député de Aley a, par ailleurs, souligné que « la réconciliation est une ligne rouge et est toujours ancrée dans (notre) parcours politique ».

Anis Nassar a de son côté réitéré l’attachement des FL à la réconciliation, ainsi qu’à leur alliance historique avec le PSP. L’occasion pour le nouveau député de Aley d’adresser des messages de nature gouvernementale au chef du CPL, que Meerab accuse d’œuvrer pour garder les FL en dehors du futur cabinet. « L’alliance FL-PSP tient toujours. Il est très difficile de former un gouvernement sans ces deux partis », a lancé M. Nassar. Et de poursuivre : « Nos alliés du PSP représentent 90 % des druzes. Ainsi nous nous posons la question de savoir où est la conformité au pacte national dont on nous a longtemps parlés ? » Encore une allusion au parti fondé par le chef de l’État qui a brandi ce slogan pendant sa bataille pour ce qu’il appelait « le recouvrement des droits des chrétiens », lors de la présidentielle de 2016. « Nous, les FL, insistons pour que le leader Walid Joumblatt et le PSP obtiennent leur quote-part gouvernementale intégrale (trois ministres druzes), dans la mesure où cela n’est que leur droit légitime. Et nous affirmons que nous allons obtenir notre quote-part parce que cela est aussi notre droit. »


(Lire aussi : Gouvernement : il faudra encore un peu de temps, affirme Hariri)


Un front FL-PSP-Hariri face à Bassil ?
Ces propos font dire à certains observateurs que la rencontre d’hier revêt une importance politique qui va bien au-delà de la dimension symbolique de la réconciliation d’août 2001. On estime ainsi qu’à travers ce meeting, le PSP et les FL consolident leur alliance face à Gebran Bassil et ses « tentatives de les isoler ». Et pour cause : le meeting, tenu dans un important fief du CPL, intervient à l’heure où les querelles entre le parti de Gebran Bassil, d’une part, et ceux de Walid Joumblatt et Samir Geagea, de l’autre, battent leur plein, le PSP et les FL accusant le CPL de tenter de les garder en dehors du prochain gouvernement Hariri. Et pour cause : face à l’insistance de M. Joumblatt pour nommer tous les ministres druzes, M. Bassil tient à ce que le chef du Parti démocrate libanais, Talal Arslane, prenne part à l’équipe ministérielle. Quant aux FL, elles accusent le chef du CPL d’amoindrir leur poids populaire issu des législatives pour réduire leur représentation au sein du gouvernement.

Dans les milieux joumblattistes, on se montre confiant que personne ne parviendra à isoler Moukhtara et son leader. Interrogé à ce sujet par L’Orient-Le Jour, Marwan Hamadé, ministre sortant de l’Éducation, rappelle que l’alliance FL-PSP a été ébauchée lors de la réconciliation de 2001. Elle s’est confirmée lors des dernières législatives, ainsi qu’actuellement par leur attitude commune à l’égard des tractations gouvernementales. « Personne ne parviendra à nous isoler, surtout Gebran Bassil », ajoute M. Hamadé, assurant par la même occasion le refus de diktats concernant la mise sur pied du cabinet, et réitérant l’attachement du PSP à nommer les trois ministres druzes au sein d’un cabinet de trente.
Joint par L’OLJ, un cadre FL estime que son parti ainsi que celui de Walid Joumblatt font face à des tentatives de les affaiblir. Il est donc normal de les voir coordonner ensemble, ainsi qu’avec Saad Hariri, dit-il. Mais il s’empresse toutefois de préciser que cela ne signifie aucunement que « les choses progressent dans le sens de la formation d’un front politique dans le plein sens du terme ». « La rencontre d’hier s’est tenue dans le contexte de la commémoration de la réconciliation druzo-chrétienne », note le proche de Samir Geagea, rappelant « que les FL et le PSP ont toujours mené leurs batailles électorales côte à côte depuis 2005 et tiennent à perpétuer cette alliance, au moyen de leur coordination politique continue ».


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