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Tensions diplomatiques

La Russie promet une riposte après les sanctions « inadmissibles » des États-Unis

En cas de non-respect des exigences américaines, une seconde salve de mesures punitives « draconiennes » serait décrétée, a indiqué un responsable à Washington.

Moins d’un mois après les échanges d’amabilités pendant le sommet d’Helsinki entre les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, l’heure est de nouveau à la confrontation entre Washington et Moscou. Don Emmert et Natalia Kolesnikova/AFP

La Russie a promis hier des mesures de rétorsion aux nouvelles sanctions imposées par les États-Unis, dénoncées par le Kremlin comme « inadmissibles », « inamicales » et « illégales ». « Quelles que soient les sanctions prises à l’encontre de la Russie, les mesures de représailles seront identiques. Elles seront prises en fonction des actions américaines », a indiqué la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. « S’ils prennent des mesures, nous répondrons. Ce n’est pas notre choix », a-t-elle ajouté, assurant que Moscou ne se plierait pas « au langage des ultimatums et de la force ». Le ministère russe a ainsi accusé Washington d’avoir « sciemment choisi le chemin de la confrontation dans les relations bilatérales, qui sont déjà pratiquement réduites à zéro par ses propres efforts ».
Moins d’un mois après les échanges d’amabilités pendant le sommet d’Helsinki entre les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, l’heure est donc de nouveau à la confrontation. Si les sujets de discorde sont nombreux entre Moscou et Washington, ces nouvelles mesures punitives sont liées à l’empoisonnement à l’agent innervant Novitchok, début mars, à Salisbury au Royaume-Uni, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.
Les sanctions envisagées par Washington, qui portent sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques, pourraient coûter « des centaines de millions de dollars » à l’économie russe, a indiqué un responsable américain ayant requis l’anonymat. À partir du moment où les sanctions entreront en vigueur, la Russie aura 90 jours pour déclarer qu’elle n’utilise plus d’armes chimiques ou biologiques, s’engager à ne plus le faire à l’avenir et permettre des inspections pour s’assurer de leur élimination, a-t-il ajouté. En cas de non-respect de ces exigences, une seconde salve de sanctions « draconiennes » serait décrétée, a poursuivi ce responsable, notant qu’elles pourraient aller jusqu’à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays.
Qualifiée « d’absolument inacceptable » par le Kremlin, leur annonce a provoqué un coup de froid hier à l’ouverture des marchés financiers russes. Les indices boursiers ont chuté et la monnaie russe est tombée à son plus bas niveau en deux ans face au dollar, avant un retour au calme progressif. Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a assuré que le gouvernement et la Banque centrale disposaient de « tous les instruments nécessaires pour garantir la stabilité financière », relevant que l’économie russe était devenue « ces dernières années bien plus résistante aux chocs extérieurs ».

Stratégie du bord de l’abîme
La Russie est soumise à des sanctions occidentales de plus en plus strictes depuis l’annexion de la Crimée en 2014, contribuant avec la chute des prix des hydrocarbures à provoquer deux ans de récession dont elle est sortie fin 2016. Les États-Unis n’ont cessé de renforcer leur arsenal ces dernières années sur fond d’accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle qui a porté M. Trump à la Maison-Blanche, et ce malgré les promesses de réconciliation de ce dernier.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ainsi qualifié hier les États-Unis de « partenaire imprévisible », mais ajouté « garder l’espoir de relations constructives avec Washington ». « Ces relations ne sont pas dans les intérêts de nos deux peuples seulement, mais aussi de la stabilité et de la sécurité dans le monde », a-t-il ajouté. M. Peskov a démenti encore une fois, « de la manière la plus catégorique », toutes les déclarations sur une quelconque implication de la Russie dans l’empoisonnement de M. Skripal. L’empoisonnement confirmé de l’ex-agent double et de sa fille par leur exposition au Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique à la fin de la guerre froide, avait été attribué par Londres au gouvernement russe, qui avait nié toute implication. Londres a salué les nouvelles mesures américaines comme « un message univoque à la Russie que son attitude impétueuse ne restera pas sans réponse ».
Selon l’expert russe Vladimir Vassiliev, chercheur à l’Institut des États-Unis et du Canada à Moscou, les sanctions américaines visant la Russie sont désormais non « plus seulement un moyen de pression, mais d’ultimatum ». « Cela nous renvoie vers un état du monde qui avait peut-être été oublié, mais qui avait un nom très simple dans les années 1950 : la stratégie du bord de l’abîme », a-t-il affirmé.

Source: AFP


La Russie a promis hier des mesures de rétorsion aux nouvelles sanctions imposées par les États-Unis, dénoncées par le Kremlin comme « inadmissibles », « inamicales » et « illégales ». « Quelles que soient les sanctions prises à l’encontre de la Russie, les mesures de représailles seront identiques. Elles seront prises en fonction des...

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