X

Liban

Nouveau massacre routier à Bchémoun : un mort, dix blessés

Code de la route

Selon les FSI, les accidents de la route font un mort tous les deux jours.

Fady NOUN | OLJ
09/08/2018

Un grave accident de la route a fait un mort et dix blessés hier à Bchémoun, après qu’un chauffeur de camion eut perdu le contrôle de son véhicule, percutant dans sa course folle plusieurs voitures, avant que le véhicule verse sur le côté. Ce sont les freins du poids-lourd qui ont lâché et qui ont causé l’accident, selon les premiers constats.
Ce drame pose une fois de plus la (très) grave question de la sécurité routière dans le pays. Une question qui s’était posée, de façon particulièrement spectaculaire, il y a quelques jours, quand une auto a percuté le parapet du pont de Dbayé, puis est restée suspendue au-dessus de l’autoroute, retenue par l’armature d’un panneau publicitaire. C’est tous les jours que les catastrophes se produisent ou sont évitées de justesse, du fait d’une application laxiste et capricieuse du code de la route, de l’état lamentable de la chaussée et de l’éclairage, et de l’inexistence de mesures de sécurité, fût-ce des signaux phosphorescents, sur certains tronçons de grande circulation.

Pour revenir à l’accident de Bchémoun, le Centre de gestion de trafic (TMC) des Forces de sécurité intérieure, qui a fait état du lourd bilan de l’accident, a relevé que les accidents de la route au Liban ont déjà fait, depuis le début de l’année, 115 tués et 729 blessés. Soit en moyenne un mort tous les deux jours et plus de 3 blessés tous les jours, sachant que certains des blessés peuvent souffrir d’invalidité pour le reste de leur vie.
Malheureusement, cet accident mortel n’a pas été le seul enregistré hier. C’est ainsi que l’agence al-Markaziya rapporte qu’un motocycliste s’est tué hier sur la route Cana-Siddikine (caza de Tyr), après avoir heurté une voiture.
L’association YASA for Road Safety a qualifié l’accident de Bchémoun de « nouveau massacre routier », invitant le gouvernement et les municipalités à « faire appliquer de manière stricte et sérieuse le code de la route et ne pas se contenter de la mise en application de quelques articles seulement ». « Nous appelons tous les responsables à faire de la protection de la vie humaine au Liban une priorité », a lancé l’organisation sur son compte Twitter.


(Lire aussi : Spectaculaire accident à Dbayé : Un panneau publicitaire empêche une voiture de tomber d’un pont)


Contrôle mécanique
Si le premier constat se vérifie, il faudra mettre en cause, dans l’accident de Bchémoun, le contrôle mécanique auquel a été soumis le poids-lourd, ainsi que le respect des normes par les propriétaires du véhicule et le permis du conducteur, soit trois niveaux de responsabilité complémentaires et inséparables.
Entré en vigueur le 4 avril 2015, le nouveau code routier n’est appliqué que partiellement et sélectivement, comme tout le monde peut le constater, à voir le nombre de conducteurs qui circulent impunément sans ceinture de sécurité et/ou qui utilisent leur téléphone mobile en conduisant. Sa première fonction semble être de prendre au piège des radars les automobilistes en excès de vitesse, et de remplir les caisses de la police routière.
Ceci dit, même les critiques les plus acharnées ne sauraient regretter qu’une application plus stricte du code de la route et un meilleur entretien des routes réduisent le nombre de morts et de blessés. Mais la mise en application de ces règles reste trop lâche et affaiblit considérablement leur pouvoir de dissuasion.

Des écoles de conduite certifiées
On rappelle que le nouveau code de la route prévoit le remplacement progressif des « bureaux de conduite auto » par de véritables écoles de conduite certifiées. On ne pourra plus acheter son permis de conduire, comme cela se fait encore couramment, dit-on, se retrouver sur les routes sans connaître les bases des règles de conduite, et mettre sa propre vie et celle des autres en danger.Le nouveau code de la route impose à ceux qui souhaitent devenir instructeurs dans une auto-école (art. 237) d’être diplômés d’une école technique et aux écoles d’être équipées (art. 239) d’une salle de cours et d’au moins deux voitures (art. 241). Les bureaux souhaitant devenir des auto-écoles reconnues devront respecter ces règles.

Création d’un permis à points
Par ailleurs, le nouveau code prévoit la création d’un permis à points, qui a prouvé son efficacité au niveau de la diminution du nombre de tués sur les routes dans les pays qui l’ont appliqué.
Le permis à points (en général douze) est conçu de telle façon qu’à chaque infraction qu’il commet, le conducteur se voit retirer un certain nombre de points. S’il perd tous ses points, son permis lui sera retiré pendant six mois, pendant lesquels il devra suivre des cours spécifiques dans une école de conduite.
Mais, au-delà de toutes ces considérations, il faut se demander si nous tous, gouvernants et gouvernés, ne manquons pas d’une culture du respect de la loi, et de cette vertu de persévérance qui fait que l’application de la loi est continue, et non pas sporadique ou discrétionnaire.
À ce titre, on peut se demander si le code de la route sera, pour donner un exemple, mieux appliqué que la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics…


Pour mémoire

Accidents de la route au Liban : un mort et de nombreux blessés en une seule journée

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Eleni Caridopoulou

Et dire que les libanais étaient les meilleurs conducteurs , qu'est il arrivé ? Il faut dire que les à accidents sont partout justement hier en Italie il y a eu deux accidents mortels avec une dizaine de morts , un au nord et l'autre au centre

Cadige William

Surtout Regrettable cette persistance des Forces Occultes qui regissent completement notre pays depuis la fin de la guerre, de faire continuer le chaos, la jungle et l’Insecurite dans lesquels vivent nos concitoyens.
Electricite, Corruption, Urbanisme, Dechets, Etats et Codes de la Route pour n’en citer que quelques lacunes.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TRES REGRETTABLE LA FACON IRREFLECHIE DONT CONDUISENT LES LIBANAIS LEURS VOITURES SUR LES MAUVAISES ROUTES DU PAYS !

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué