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Nos lecteurs ont la parole - Par Louis Ingea

Notre monde comme il ne va pas

À quoi cela servirait-il de déclarer que notre république est en voie de disparition ? Telles certaines espèces animales qui s’éteignent un jour, étouffées par la pollution ambiante et rongées par les conditions nocives de leur environnement.
Phénomène de la nature ? pourrait-on demander. Certes, dans les mouvements imprimés aux choses par le développement continu et apparemment incohrént de notre planète, il y a des valeurs qui disparaissent. Elles sont censées céder la place à d’autres valeurs pas forcément meilleures mais en tout cas inédites. Il en ressort des ambiances nouvelles, des règlementations inattendues, des philosophies ambiguës.
Mais à tout prendre, il faut bien l’admettre et accepter qu’un monde fait de matière succède à un autre monde également fait de matière. C’est la loi du changement inéluctable qui est la condition même de toute existence.
Lorsque l’on fait exclusion de la notion d’esprit, lorqu’on se refuse de voir qu’il existe autour de nous deux mondes plutôt qu’un seul, il devient normal que pareilles dégradations se manifestent. Parce que l’entropie est inhérente à l’essence même de la matière.
Quoi d’étonnant si, au Liban, se répercute l’impact de ce monde fatigué? Cela se retrouve dans tous les domaines. Car, l’esprit détrôné, n’apparaissent à la surface que les instincts de l’être : gourmandise, cupidité, corruption, soif de pouvoir et béate satisfaction d’animal repu. D’où la décadence des valeurs et des mœurs, le mensonge, l’inefficacité et l’absence progressive de tout humanisme.
« Je ne suis plus ici que pour jouir, en attendant de crever comme un pestiféré... »
On ne se l’avoue pas, mais on le vit.
Nous en sommes arrivés, en conséquence, à être régis par des maffieux qui ne se renouvellent eux-mêmes (élections obligent) que pour mieux prolonger leur emprise et tendre encore une fois à renouveler leur indéfini mandat.
S’il n’y a aucune réaction tangible au niveau de l’opinion publique, c’est tout simplement parce que, au Liban, il n’y a pas de citoyens. Il n’y a, en fait, que des groupements ethniques, alignés en clans de nature lèche-bottes, surnommés communautés, à travers lesquelles les uns comme les autres se comportent en rivaux agressifs, admettant tout juste la fausse étiquette de coexistence, enrobée de l’hypocrisie légendaire de tout Oriental qui croit se respecter.
Oh ! L’odieuse accusation ! Oh ! L’hérésie au plan du politiquement correct ! Est à pendre haut et court qui soutiendrait de telles thèses. Mais c’est, hélas ! ainsi et personne n’y peut rien. Mais je le constate et en pleure de dépit. Et, pour la première fois de ma vie, je confesse mon désespoir. J’imagine que je reflète à travers ces lignes le sentiment de milliers de personnes déphasées vivant tout comme moi-même sur ce territoire.
C’est, sans doute, cette catégorie-là qui est en voie d’extinction. Tant pis ! Et que le monde du désordre, de l’obscurantisme et de la négation de la vie triomphe ! L’histoire seule émettra à un moment donné son verdict… avec assistance au trône, de l’esprit !
Je demande à mes lecteurs, sinon d’excuser, du moins de comprendre mon désarroi.
Car noir, bien noir est mon constat. Tout comme la nuit qui vient.

À quoi cela servirait-il de déclarer que notre république est en voie de disparition ? Telles certaines espèces animales qui s’éteignent un jour, étouffées par la pollution ambiante et rongées par les conditions nocives de leur environnement.Phénomène de la nature ? pourrait-on demander. Certes, dans les mouvements imprimés aux choses par le développement continu et apparemment incohrént de notre planète, il y a des valeurs qui disparaissent. Elles sont censées céder la place à d’autres valeurs pas forcément meilleures mais en tout cas inédites. Il en ressort des ambiances nouvelles, des règlementations inattendues, des philosophies ambiguës.Mais à tout prendre, il faut bien l’admettre et accepter qu’un monde fait de matière succède à un autre monde également fait de matière. C’est la loi du...
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