Nissan, contrôlé à 43,4 % par Renault, a contribué pour près d’un milliard de dollars aux profits du constructeur français. Photo Reuters
Le constructeur automobile Renault a publié hier un bénéfice net en recul de 18,6 % à 1,95 milliard d’euros (soit 2,27 milliards de dollars) au premier semestre, à cause d’une moindre contribution de son partenaire japonais Nissan, tout en affichant une rentabilité record de ses opérations.
Même fortement touché par l’évolution des devises et des matières premières, Renault a affiché un chiffre d’affaires et une marge historiques. Le groupe français (marques Renault, Dacia, Lada, Samsung, Alpine) a réalisé une marge opérationnelle en hausse de 5,2 %, à 1,91 milliard d’euros (soit 2,23 milliards de dollars), soit 6,4 % des ventes (+0,2 point), sur les six premiers mois de l’année. Le chiffre d’affaires a établi un nouveau record, avec une hausse de 1,4 %, à 29,96 milliards d’euros (soit 34,93 milliards de dollars), selon un communiqué du groupe. Renault, qui réalise près de la moitié de ses ventes hors d’Europe, a pourtant subi la chute de plusieurs devises (peso argentin, réal brésilien, dollar, rouble). À taux de change et périmètre constants, la hausse de l’activité aurait atteint 6,8 %.
La directrice financière Clotilde Delbos a aussi souligné, en conférence téléphonique, l’impact négatif des nouvelles normes comptables IFRS 15 et du coût des matières premières, notamment de l’acier, saluant « des résultats record malgré des vents contraires ».
Le PDG Carlos Ghosn, cité dans le communiqué, a confirmé les prévisions pour 2018 : « Ces résultats (...) nous rendent confiants pour l’atteinte de nos objectifs. » « Clairement les résultats sont bons, même s’ils sont absolument en ligne » avec les attentes des investisseurs, a commenté Gaëtan Toulemonde, analyste automobile pour la Deutsche Bank, rappelant que des concurrents comme Ford et General Motors avaient abaissé leurs prévisions cette semaine, notamment à cause des matières premières. Renault subit « à peu près 600 millions d’euros (soit 700 millions de dollars) d’impact négatif » des taux de change et des matières premières, mais l’entreprise « arrive à faire 100 millions d’euros (soit 116,58 millions de dollars) de hausse de marge opérationnelle », a estimé l’expert.
Le groupe au losange prévoit toujours une activité record sur l’année, une marge opérationnelle supérieure à 6 % et un flux de trésorerie opérationnel de l’automobile positif. Le constructeur a profité également du redressement de sa filiale russe Avtovaz (Lada) contribuant à hauteur de 105 millions d’euros (soit 122 millions de dollars) à la marge opérationnelle.
Source : AFP

