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Lifestyle - This is America

Destination Monowi, la plus petite ville des States

C’est dans l’infiniment grande Amérique que l’on retrouve une infiniment petite et charmante destination.

Elsie Eiler, seule habitante de Monowi, dans sa taverne. Photo Reuters

Aux États-Unis, à l’opposé du Grand Canyon, du Grand Ouest et des Grands Lacs, se trouve un « nanosite » qui suscite un grand intérêt, d’autant qu’il risque bien vite de perdre sa particularité en raison de son succès. On profite de l’été pour aller y faire un tour qui vaut le détour. Il s’agit de Monowi, la plus petite ville des États-Unis avec une superficie de 0,54 km2, devenue un phénomène inédit. Monowi, en outre, ne compte actuellement qu’une seule habitante, Elsie Eiler, 85 ans, qui n’est ni ermite ni cloîtrée, encore moins une émule de Robinson Crusoé. Mais juste une citoyenne américaine assumant tous les devoirs requis par ce statut. Non seulement à titre individuel mais aussi communautaire, car elle a voulu que ce petit territoire, où elle a été amenée un jour à vivre avec sa famille, continue à exister. Pour commencer, elle relève de son propre pécule les taxes imposées par l’État afin de les utiliser pour maintenir le fonctionnement des trois réverbères, de l’eau courante et renouveler la licence de vente d’alcool. Puis, tout en s’occupant d’un bar-restaurant qu’elle possède et qui sert des boissons et de la nourriture de sa préparation, elle revêt les casquettes des responsables de la bonne tenue d’une ville, c’est-à-dire celle du maire et de bibliothécaire, veillant à la conservation d’environ cinq mille ouvrages rangés dans un espace spécial, dédié à son époux Rudy.

Une solitude bien meublée
Tout cela parce qu’elle n’a jamais voulu quitter ce lieu qui a été son cadre de vie depuis 1975 et où elle se sent bien, même si les nouveaux contextes socio-économiques ont poussé les habitants à se diriger, petit à petit, vers des horizons plus vastes.
Son choix a attisé la curiosité des médias, lui conférant une popularité certaine. Les grandes chaînes de télévision américaines et européennes ne pouvaient que conter cette histoire de solitude bien meublée en passe de devenir légendaire.
Mrs. Eiler, dont les plus proches voisins habitent à 60 kilomètres, dit qu’elle a peu de temps pour elle. Elle œuvre à plein temps dans la taverne, créée par son époux décédé en 2004, et qui continue à attirer un grand nombre de clients venant des alentours. Quant aux habitués amis, ils s’y retrouvent en hiver, tous les dimanches soir, pour des parties de cartes appelées euchre, sorte de belote. Le jeu se termine vers 22h30, puis on reste causer jusqu’à minuit. Durant la belle saison, elle reçoit, sans même lancer d’invitations, des visiteurs désireux de mieux connaître ce way of life inédit. Selon la revue Country Living, des Américains venus de 47 des 50 États qui constituent le pays de l’Oncle Sam ont fait un passage à sa taverne, de même que des touristes de 40 pays. Ils sont de tous âges et de tous les backgrounds : des étudiants chinois inscrits à l’université d’Omaha (État du Nebraska) aussi bien que des journalistes allemands ou de simples vacanciers.Un parcours étonnant que celui d’Elsie Eiler : sa mère était originaire de ce pays et son père un émigré allemand. Elle a été élevée dans une ferme située hors de la ville et a fréquenté une école située à 12 kilomètres de chez elle. Ses études secondaires terminées, elle a choisi, avec une amie, de s’inscrire à un institut d’aviation à Kansas City. Puis, on la retrouve travaillant comme officier de réserve à Austin et à Dallas. À l’âge de 19 ans, elle épouse Rudy, un ami d’enfance qui venait de rentrer de France où il avait servi dans les forces aériennes durant la guerre de Corée. Ils vivront quelques années à Omaha, la plus grande ville de l’État du Nebraska, avant de se fixer à Monowi, un mot amérindien signifiant fleur, en 1975. Ce coin du Midwest américain était un lieu animé dans les années 30, même avec une population de seulement 150 habitants. L’élevage du bétail, et un réseau ferroviaire qui permettait de s’exporter, était une bonne source de revenus. Mais, dans les années 80, les jeunes, dont le fils et la fille des Eiler, ont préféré partir à la recherche d’autres opportunités et horizons. Ce qui a réduit à 18 le nombre des résidents, certains ayant suivi le même chemin et d’autres étant décédés. Le couple Eiler n’a jamais voulu boucler ses valises, même Elsie après la mort de son époux. Elle affirme ainsi : « Mes enfants et mes petits-enfants me manquent, bien sûr, mais je ne me sens jamais seule. J’ai trop de centres d’intérêt et de vieux amis. » Et quand on lui demande ce qui arrivera à Monowi après son départ, elle répond : « Ce n’est pas mon souci. Je crois qu’il faut vivre pleinement chaque jour sans s’inquiéter de ce qui adviendra. Je vais donc en profiter tant que je suis là. »



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