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Économie - Finance

La livre turque chute après une décision jugée insatisfaisante de la BC

Après l’annonce, par la Banque centrale de Turquie du maintien de son principal taux directeur à 17,75 %, la devise turque a immédiatement dévissé. Photo Reuters

La décision hier de la Banque centrale de Turquie de ne pas augmenter ses taux d’intérêt malgré une forte inflation a provoqué une chute de la livre turque, reflétant l’inquiétude des marchés quant à l’indépendance de cet organisme après la réélection du président Erdogan. La Banque centrale de Turquie (CBRT) a annoncé hier qu’elle maintenait son principal taux directeur à 17,75 %. La devise turque a immédiatement dévissé, perdant près de 3,5 % de sa valeur face au dollar et s’échangeant à 4,89 livres contre le billet vert, après un pic à 4,93.
C’était la première fois que la CBRT se réunissait depuis le double scrutin présidentiel et législatif du 24 juin, remporté par Recep Tayyip Erdogan, qui a été réélu pour un mandat aux pouvoirs considérablement renforcés grâce à une révision constitutionnelle. Après sa victoire aux élections, M. Erdogan a donné des sueurs froides aux marchés en confiant le portefeuille-clé des Finances à son gendre, Berat Albayrak, un ex-ministre de l’Énergie âgé de 40 ans. Pour tenter de rassurer les marchés et les investisseurs étrangers qui doutent plus que jamais de l’indépendance de la Banque centrale, M. Albayrak avait multiplié les déclarations apaisantes ces dernières semaines. En vain.
La décision prise « est une erreur fatale », juge Atilla Yesilada, conseiller chez GlobalSource Partners. Bien que l’économie turque affiche un taux de croissance pour 2017 à faire pâlir de nombreux pays (+7,4 %), elle présente plusieurs signes de surchauffe avec une inflation sur un an à 15,39 % en juin – un record depuis 2003 – et une dégringolade continue de la livre turque. Face à cette situation, les économistes soutiennent qu’il est nécessaire de rehausser les taux d’intérêt de la Banque centrale, dont le principal taux directeur, celui de refinancement à une semaine, maintenu hier à 17,75 %. Mais M. Erdogan, qui se décrit lui-même comme un « ennemi des taux d’intérêt », préconise tout l’inverse et a désormais plus que jamais les mains libres pour imposer ses vues peu orthodoxes sur l’économie.

« Inaction »
La Turquie est en effet formellement passée il y a deux semaines d’un système parlementaire à un régime présidentiel qui fait de M. Erdogan l’unique détenteur du pouvoir exécutif. Le président turc s’est de plus octroyé dans la foulée par décret la prérogative de nommer le gouverneur de la Banque centrale, signalant ainsi sa volonté d’avoir la main sur les leviers économiques. Selon Nora Neuteboom, de la banque néerlandaise ABD AMRO, « l’inaction de la Banque centrale est un nouveau signal (...) que la Turquie ne souhaite pas combattre l’inflation, ni soutenir sa monnaie en utilisant les mécanismes monétaires ». Se voulant rassurant, M. Albayrak a publié un communiqué hier après-midi promettant un nouveau plan destiné à « réduire l’inflation », avec des résultats « visibles sur le court terme ».
Mais pour M. Yesilada, la Banque centrale pourrait être contrainte de convoquer une réunion d’urgence la semaine prochaine pour redresser ses taux, comme elle avait dû le faire en mai lorsque des propos du président Erdogan sur sa volonté de peser davantage sur la politique monétaire avaient fait souffler un vent de panique sur les marchés. « Mener une politique économique plus souple ne fera qu’exacerber les vulnérabilités de l’économie turque et, paradoxalement, augmenter la pression des marchés pour que la Banque centrale prenne des mesures d’urgence », souligne Jason Tuvey, de Capital Economics

Source : AFP

La décision hier de la Banque centrale de Turquie de ne pas augmenter ses taux d’intérêt malgré une forte inflation a provoqué une chute de la livre turque, reflétant l’inquiétude des marchés quant à l’indépendance de cet organisme après la réélection du président Erdogan. La Banque centrale de Turquie (CBRT) a annoncé hier qu’elle maintenait son principal taux directeur à 17,75 %. La devise turque a immédiatement dévissé, perdant près de 3,5 % de sa valeur face au dollar et s’échangeant à 4,89 livres contre le billet vert, après un pic à 4,93.C’était la première fois que la CBRT se réunissait depuis le double scrutin présidentiel et législatif du 24 juin, remporté par Recep Tayyip Erdogan, qui a été réélu pour un mandat aux pouvoirs considérablement renforcés grâce à une...
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