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Économie

Où en est le bitcoin six mois après la fièvre ?

Repère

Après une phase de correction en début d’année, la cryptomonnaie gravite autour de 5 000 dollars.

14/07/2018

Le 17 décembre dernier, le bitcoin défrayait la chronique en approchant pour la première fois de son existence la barre des 20 000 dollars. Un seuil atteint au terme d’une folle ascension démarrée trois mois plus tôt avec un premier pic à 5 000 dollars. Très vite pourtant, la monnaie virtuelle cryptographique a fait face à une crise de confiance, qui a progressivement rongé sa valeur ainsi que celles de ses concurrentes. « Ces derniers mois, le bitcoin a évolué entre 5 000 et 8 000 dollars, en fonction de la tendance sur le marché », constate pour L’Orient-Le Jour le consultant financier et gestionnaire d’actif Rudy Farès, qui a commencé à investir dans cette cryptomonnaie dès 2012. 

S’il reconnaît qu’il est difficile d’anticiper la tendance qu’elle suivra à moyen et long terme, il note toutefois que la monnaie virtuelle est aujourd’hui en phase de consolidation. « L’avenir du bitcoin va dépendre de sa capacité à se stabiliser à son niveau actuel », ajoute le consultant qui estime que 2018 sera une année déterminante selon que la valeur de la cryptomonnaie continue de reculer ou pas.


(Pour mémoire : Faut-il acheter du Bitcoin ?)


Méfiance des régulateurs
Créée en 2009 par un concepteur ou un groupe de concepteurs se faisant connaître sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le bitcoin tente depuis de s’imposer comme une monnaie d’échange à part entière qui revendique son affranchissement de toute autorité bancaire.

Fondé sur la chaîne de blocs (blockchain en anglais), une technologie de stockage et de transmission d’informations sécurisée par cryptographie, le bitcoin reste toutefois extrêmement sensible à la spéculation. « L’ascension puis la dépréciation du bitcoin ont été largement liées à la fièvre lancée puis entretenue par les médias, ce qui a encouragé de nombreux particuliers à investir dans les cryptomonnaies sans se renseigner sur leur fonctionnement. Ces derniers ont ensuite été pris de panique aux premiers signes de fébrilité sur ce marché. Ce qui, combiné aux manœuvres des spéculateurs, a accentué la chute du cours », analyse Rudy Farès. « Aujourd’hui, ce sont les traders qui spéculent à court terme sur le bitcoin qui font de l’argent, pas ceux qui parient sur la cryptomonnaie sur le long terme », ajoute-t-il.

Le deuxième obstacle à la consécration du Bitcoin en tant que monnaie à proprement parler est lié à la méfiance des régulateurs monétaires vis-à-vis de sa décentralisation et de sa volatilité. Ces derniers voient en effet d’un mauvais œil l’indépendance de la cryptomonnaie et craignent que son développement ne la prédestine à devenir un vecteur privilégié pour le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme ou les délits d’initiés, entre autres griefs. 

Au Liban, l’Autorité des marchés de capitaux (AMC) a ainsi interdit en mars aux institutions financières du pays d’émettre ou de commercialiser des cryptomonnaies en invoquant ces raisons. À quelques semaines d’intervalle, la Banque de France a suggéré de mettre en place plusieurs garde-fous comme l’interdiction des produits d’épargne contenant des crypto-actifs à destination du grand public ou en appelant à la mise en place d’un statut de prestataires en services crypto-actifs.

Petits montants
Au-delà des aspects financiers et réglementaires, le bitcoin est également attaqué par certains experts pour son impact sur l’environnement. Comme pour les autres monnaies virtuelles, générer des bitcoins se fait via des opérations de calcul informatique (le « minage ») qui nécessitent de puissants processeurs et qui consomment beaucoup d’électricité – plusieurs milliards de kilowattheures par an, selon les estimations de plusieurs sites internet spécialisés.

Confronté à ces défis, le bitcoin est aujourd’hui à la croisée des chemins. « La cryptomonnaie a atteint un palier. Si la tendance à court terme est plutôt à la baisse, le fait qu’elle ait pu se stabiliser et que certaines entités publiques et privées prennent acte de son existence ouvre certaines perspectives », commente Rudy Farès. Aujourd’hui, seuls une dizaine de pays interdisent le bitcoin, dont l’Afghanistan, le Bangladesh, la Bolivie, l’Équateur – qui a lancé sa propre cryptomonnaie en 2014 – ou encore le Qatar. Le Cambodge prévoit depuis mars de lancer sa propre cryptomonnaie. Au niveau du privé, la banque d’affaires Goldman Sachs a pris le secteur de court en décidant de se lancer dans le courtage de produits financiers liés au bitcoin. Enfin, le paiement en bitcoins se développe de plus en plus, notamment en Amérique du Nord et en Europe.

Enfin, s’il doit avoir lieu, l’avènement du bitcoin – et des cryptomonnaies en général – devra obligatoirement s’accompagner d’une diffusion d’outils pédagogiques à destination des particuliers, soutient Rudy Farès. « Au moment de la bulle, beaucoup d’épargnants ont investi des centaines, voire des milliers de dollars dans le bitcoin en pensant faire une affaire et ont finalement perdu beaucoup d’argent quand le cours a chuté. Beaucoup d’entre eux n’avaient aucune connaissance de ce dans quoi ils s’étaient engagés », regrette le consultant. En attendant que les régulateurs ne se chargent d’informer le public, il recommande aux profanes tentés d’investir dans le bitcoin de rester prudents et de spéculer sur des petits montants (10 à 15 dollars, pas plus).


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Bery tus

Désole d’etre En désaccords avec votre analyste tout ce qui n’edt Pas envirronementale n’aura pas d’avenir et surtout pas en Amérique du Nord contrairement à ce qu’affirme votre financier

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TOUTES LES MONNAIES VIRTUELLES SONT VOUEES A LA DISPARITION APRES AVOIR DETRUIT LES FORTUNES DES IDIOTS QUI S,Y SONT RISQUES !

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