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France-Croatie, vingt ans après...

Football / Coupe du monde – Finale

En 1998, les Bleus remportaient la Coupe du monde de football face aux Auriverde (Brésil), après avoir éliminé les rouge et blanc en demi-finale grâce à un doublé de Lilian Thuram. Dimanche, la France et la Croatie s’affronteront pour le titre suprême. Entre les deux générations, les similitudes sont légion.

14/07/2018 | 00h00

« Tout le monde se rappelle du match contre la France, de Thuram... Cela a été le sujet de discussion des 20 dernières années ! On venait de célébrer le but de Davor Suker, mais à peine assis, ils (les Bleus) avaient égalisé. Mais on ne cherche pas de revanche », déclarait, mercredi, le sélectionneur de la Croatie, Zlatko Dalic.

Le 8 juillet 1998, l’équipe de France remporte la demi-finale de « sa » Coupe du monde face à la Croatie, invité surprise du dernier carré, sur le score de 2-1. C’est le match de Lilian Thuram. Fautif sur l’ouverture du score de Suker à la 46e minute, le défenseur droit égalise avec rage une minute plus tard. Et, à la 70e minute, remet ça grâce à une frappe enroulée du gauche. Avant ce match, il n’avait jamais marqué. Après ce 2e but, il fait ce geste, main sur le menton et doigt devant la bouche, cherchant à comprendre ce qu’il vient de se passer, qui entre dans la légende. Pour la première fois de son histoire, la France se qualifie pour la finale de la Coupe du monde, qu’elle remportera (3-0) face au Brésil.

Vingt ans plus tard, la France de Didier Deschamps, capitaine de l’équipe championne du monde en 1998, va disputer sa troisième finale dans cette compétition. Le sélectionneur des Bleus a été profondément marqué par l’épopée victorieuse d’il y a 20 ans, au point de calquer le jeu et le dispositif de son équipe sur celui bâti par Aimé Jacquet. À deux décennies d’intervalle, le mimétisme est vertigineux.

Les deux équipes évoluent dans un 4-3-3 mouvant, assis sur une base défensive extrêmement solide. Dans les buts, Hugo Lloris dégage autant d’assurance que Fabien Barthez. En charnière centrale, Raphaël Varane occupe le rôle de libéro et Samuel Umtiti celui de stoppeur, comme Laurent Blanc et Marcel Desailly 20 ans plus tôt. Comme Lilian Thuram, Benjamin Pavard est un défenseur central de formation qui joue à droite. À gauche, Lucas Hernandez a l’explosivité de Bixente Lizarazu. La vraie différence entre les deux générations, c’est l’âge. La ligne arrière de Jacquet, considérée comme la meilleure du monde, avait 29 ans de moyenne. Celle de Deschamps, seulement 23 ans.

En milieu de terrain, le sélectionneur des Bleus a adapté le partage des tâches défensives et la responsabilité du jeu de transition vers l’avant aux qualités de Paul Pogba, N’Golo Kanté et Blaise Matuidi. Jacquet avait fait de même avec Christian Karembeu, Didier Deschamps et Emmanuel Petit. En attaque, le sélectionneur actuel a consigné Antoine Griezmann dans le rôle d’organisateur du jeu offensif, dévolu 20 ans plus tôt à Zinédine Zidane. Le profil d’électron libre de Youri Djorkaeff correspond à celui de Kylian Mbappé, souvent comparé à Thierry Henry, attaquant joker en 1998. Au poste d’avant-centre, Olivier Giroud n’a pas encore marqué de but, comme son alter ego Stéphane Guivarc’h.

La différence fondamentale entre les équipes de 1998 et 2018 se situe ailleurs. En son temps, Aimé Jacquet avait désigné Deschamps comme capitaine, mais plusieurs autres joueurs pouvaient prétendre au brassard. L’effectif actuel n’a qu’un seul capitaine incontesté, son sélectionneur.

En face, la Croatie, qui vénère ses glorieux aînés, a rendez-vous avec son histoire. Devenu indépendant en 1992, le pays a fourni de nombreux joueurs à la sélection de l’ex-Yougoslavie, longtemps surnommée le Brésil de l’Europe. En 1994, Miroslav Blazevic, considéré comme le père du football croate, prend la tête de la toute jeune sélection, qui réussit à se qualifier pour l’Euro 1996 – sa première compétition internationale. Elle s’incline en quarts de finale face à l’Allemagne. La génération pionnière est née. Deux ans plus tard, l’équipe de Blazevic se qualifie pour son premier Mondial. Pour accéder en demi-finales, la Croatie avait battu au tour précédent… l’Allemagne.

En 1998, l’équipe de Croatie avait trois stars. L’avant-centre Davor Suker, vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid cette année-là, termine à la tête du classement des buteurs du Mondial avec 6 buts. Aujourd’hui, il dirige la Fédération croate de football. Mario Mandzukic, deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection derrière Suker, est aujourd’hui son digne héritier. Zvonimir Boban, meneur de jeu pendant 10 ans du Milan AC, est le capitaine de cette équipe et porte le n° 10. La Croatie avait un second meneur de jeu talentueux mais déclinant, Robert Prosinecki, dont la carrière, qui l’a mené au Real Madrid et au FC Barcelone, a été gâchée par des blessures. Luka Modric et Ivan Rakitic s’inscrivent dans leur lignée. Suker, Boban et Pronisecki ont la particularité d’avoir joué deux Coupes du monde dans deux équipes différentes, avec la Yougoslavie en 1990 et la Croatie en 1998.

Les Vatreni (« Flamboyants ») ont toujours eu des défenseurs solides. De l’équipe de 1998, les Français se souviennent de Slaven Bilic, qui avait fait expulser Laurent Blanc au prix d’une simulation grossière, le privant de la finale face au Brésil. Dejan Lovren, Sime Vrsaljko et consorts ont pris la suite. Bilic et Igor Stimac, présents en 1998, ont occupé dans les années 2000 le poste de sélectionneur de la Croatie.

Enfin, petit clin d’œil dont le football et son histoire ont le secret : en 1988, le FC Nantes, meilleur club formateur français, nomme à sa tête un nouvel entraîneur. Un jeune joueur de 20 ans, qui a déjà disputé près d’une centaine de matches, séduit le coach par sa maturité et son leadership naturel. Il lui donne le brassard de capitaine. L’entraîneur s’appelle Miroslav Blazevic et la pépite, Didier Deschamps… Verdict dimanche !


L’Argentin Nestor Pitana arbitrera la finale
L’Argentin Nestor Pitana, qui avait déjà supervisé le quart de finale des Bleus face à l’Uruguay, a été désigné arbitre de la finale France-Croatie, a annoncé la FIFA. Ce directeur de jeu avait, entre autres, arbitré le match d’ouverture Russie-Arabie saoudite. Ce choix de la FIFA peut surprendre – car la France avait éliminé l’Argentine en 8es de finale –, mais rien dans les règlements ne l’interdit. En Russie, M. Pitana a également arbitré Mexique-Suède en poules et le 8e de finale entre la Croatie et le Danemark. Par ailleurs, c’est l’Iranien Alireza Faghani qui a été désigné par la FIFA pour arbitrer la « petite finale » Belgique-Angleterre, samedi à 17h00 (heure locale).



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