Le président libanais Michel Aoun a affirmé mardi qu'Israël refusait toujours de délimiter ses frontières maritimes au niveau de la Zone économique exclusive (ZEE) du Liban, au moment où le pays du Cèdre a lancé le processus d'exploitation des ressources en hydrocarbures offshore.
"Israël continue de refuser de délimiter les frontières maritimes proches de la Zone économique exclusive (du Liban) où le processus de forage de gaz et de pétrole a commencé", a écrit le chef de l’État sur la page Twitter de la présidence de la République.
Le 5 juin, le ministre israélien de l’Énergie, Yuval Steinitz, avait déclaré que "de nouvelles idées" avaient été proposées dans le cadre de la médiation américaine autour du contentieux sur les frontières maritimes entre le Liban et Israël et l'exploitation des ressources d'hydrocarbures offshore, estimant qu'un "accord partiel" pouvait être trouvé dans le courant de l'année 2018.
Le sous-secrétaire d’État américain pour le Proche-Orient, David Satterfield, avait mené une médiation entre Beyrouth et Tel-Aviv pour résoudre le litige frontalier opposant les deux pays. Ce litige découle du fait que l’État hébreu a décidé en 2011 d’officialiser sa Zone économique exclusive en empiétant d’environ 850 km² sur celle déclarée un an plus tôt par Beyrouth à l’ONU (totalisant 22 730 km²).
Les responsables libanais se sont montrés fermes face aux demandes israéliennes et aux propositions de compromis énoncées par M. Satterfield. Le président Michel Aoun s’est néanmoins prononcé en faveur d’un arbitrage international sur ce litige.
Le Liban a récemment lancé la phase d'exploration pour trouver des gisements de gaz naturel et de pétrole en Méditerranée orientale, dans les blocs 4 et 9 de la ZEE du Liban, au large de ses côtes. Cette décision étaient intervenue au lendemain de l'approbation des plans d'exploration soumis par le consortium formé du français Total, de l'italien Eni et du russe Novatek.
En février dernier, Le Liban avait signé ses deux premiers contrats d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore avec le consortium Total-Eni-Novatek. La première phase d’exploration, qui s’étendra sur la période 2018-2020, devrait débuter en juin. Le consortium devra pendant cette période creuser deux puits en 2019, l’un dans le bloc 4 (au centre) et l’autre dans le bloc 9 (au Sud), dont une partie est revendiquée par Israël.
Par ailleurs, le président Aoun a affirmé mardi que "la situation sécuritaire est stable", et que l’État exerçait sa souveraineté sur tout son territoire, "à l'exception des portions occupées par Israël".


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine