X

À La Une

Trump sous pression face à la confusion de sa politique migratoire

Etats-Unis

Le ministère américain de la Santé, dirigée par Alex Azar, a créé une "cellule spécialisée dans le regroupement des enfants non accompagnés".

OLJ/AFP
23/06/2018

Des élus démocrates visitant samedi un centre de détention de migrants au Texas ont dénoncé la politique de "tolérance zéro" de Donald Trump, qui fait face au casse-tête des familles séparées à la frontière et à l'afflux des nouveaux arrivants.

Après l'immense tollé déclenché par une politique inflexible qui, en quelques semaines, a séparé plus de 2.300 enfants de leurs parents entrés illégalement aux Etats-Unis, le gouvernement doit répondre au défi de réunifier ces familles.

Le locataire de la Maison Blanche multiplie les signaux contradictoires sur ce dossier explosif. Confronté aux critiques jusque dans son propre camp, le président américain a fait volte-face et signé mercredi un décret mettant fin aux séparations systématiques.

La plus grande confusion règne depuis sur le sort des enfants déjà arrachés à leurs parents. L'exécutif a procédé à un premier pas concret en créant une cellule spécialisée, chargée de s'attaquer à la question.

Quelque 25 élus du Congrès américain se sont de leur côté rendus au centre de détention pour migrants de McAllen dans l'Etat du Texas, à la frontière mexicaine.  "La raison pour laquelle je suis ici, c'est parce que Donald Trump a changé les politiques en traitant les familles d'une façon inhumaine", a tonné Mike Capuano, représentant du Massachusetts, lors d'une conférence de presse.


(Lire aussi : Séparation des familles aux Etats-Unis : attention aux fausses images)


Une politique "barbare"
"Ces personnes, les enfants surtout, sont traumatisées. Et ça fait partie de la politique de tolérance zéro de l'administration Trump qui est, selon moi, barbare", a abondé l'élue démocrate de Californie Barbara Lee.  Pour son collègue de cet Etat de l'ouest américain, Mark Takano, il reste toujours beaucoup d'incertitudes sur le destin de ces familles, notamment de savoir si elles seront, ou non, à nouveau réunies.

La chaîne CNN, citant des responsables, affirme que 500 enfants ont déjà retrouvé leurs parents. Officiellement, les autorités restent floues sur les chiffres.


(Lire aussi : Près de 1.800 familles séparées à la frontière américano-mexicaine)


"Cellule spécialisée"

Le ministère américain de la Santé a créé vendredi une "cellule spécialisée dans le regroupement des enfants non accompagnés". Selon le site Politico, cette cellule est confiée à un responsable des situations d'urgence, signe de l'ampleur de la tâche dévolue à l'Office de relocalisation des réfugiés.

"Le ministre (Alex) Azar mobilise toutes les ressources compétentes du ministère (de la Santé) pour aider au regroupement ou au placement d'enfants et d'adolescents étrangers non accompagnés chez un parent ou un hôte", a confié vendredi soir à Politico Evelyn Stauffer, porte-parole du ministère. Contacté samedi par l'AFP, le ministère n'a pas immédiatement donné suite.

En attendant des actes vérifiables, la pression populaire restait forte aux Etats-Unis.  Des manifestations devaient se dérouler samedi en Californie notamment et 130 rassemblements sont annoncés pour samedi 30 juin. A Washington, une manifestation est prévue ce jour-là sur le Square Lafayette, en face de la Maison Blanche. Les organisateurs du mouvement de protestation estiment que le décret de M. Trump ne règle pas "la crise créée par son gouvernement".


(Pour mémoire : Immigration: malaise autour de la "tolérance zéro" de Trump)


"Les démocrates favorables aux frontières ouvertes"
Donald Trump est pour sa part attendu samedi à Las Vegas, dans l'Etat du Nevada, où il devrait parler de "commerce et d'immigration avec des partisans", selon un message posté sur son compte Twitter.

Et le président américain de continuer à blâmer ses opposants politiques: "Les démocrates favorables aux frontières ouvertes (...) veulent juste que tout le monde soit relâché dans notre pays, peu importe à quel point ils sont dangereux", a-t-il estimé samedi dans son message présidentiel hebdomadaire.

Face au nouveau report du vote d'une réforme sur l'immigration, Donald Trump avait appelé vendredi les républicains à "arrêter de perdre leur temps sur l'immigration jusqu'à ce qu'on élise plus de sénateurs et de membres de la Chambre (républicains) en novembre", lors d'élections qui renouvelleront tous les sièges de la Chambre et un tiers de ceux du Sénat.

La marine américaine, elle, envisage d'ériger des camps sur des bases aériennes désaffectées pour détenir des dizaines de milliers de migrants supplémentaires dans les mois à venir, selon un document interne cité vendredi par le magazine Time.



Pour mémoire

Nouvelle diatribe de Trump contre le Mexique sur l'immigration

Immigration: Trump menace de retirer les agents fédéraux de Californie

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué