L’OPEP et ses partenaires se réunissent vendredi et samedi pour des rencontres au résultat incertain, alors que l’union de 24 pays producteurs a bouleversé l’équilibre du monde du pétrole depuis 18 mois. Photo AFP
La Russie et l’Arabie saoudite plaident en faveur d’une augmentation de la production de l’OPEP à partir du mois de juillet pour répondre à la demande mondiale et compenser une baisse des extractions au Venezuela et en Libye, alors que certains membres du cartel, dont l’Iran, s’y opposent.
« La demande de pétrole augmente généralement au rythme le plus soutenu au troisième trimestre. Nous pourrions être confrontés à un déficit si nous ne prenions pas de mesures », a déclaré hier à la presse Alexandre Novak, le ministre de l’Énergie russe, alors que l’OPEP et ses partenaires se réunissent vendredi et samedi à Vienne. « À notre avis, cela pourrait entraîner une surchauffe du marché. » Il a ajouté que Moscou voulait que l’OPEP et ses partenaires augmentent leur production de 1,5 million de barils par jour (bpj), assouplissant de fait leur accord de réduction des extractions.Cet accord dit OPEP, visant à réduire la production cumulée des participants de 1,8 million bpj pour désengorger le marché mondial et faire remonter les cours, est entré en vigueur en janvier 2017 et a été prolongé jusqu’à la fin de l’année.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés décideront de son évolution lors de leur réunion les 22 et 23 juin dans la capitale autrichienne. Les États-Unis et la Chine, grands consommateurs de pétrole, ont invité l’organisation à augmenter ses extractions pour faire baisser les cours de l’or noir et soutenir la croissance de l’économie mondiale.

Iran et Irak contre
L’Arabie saoudite, de fait le leader de l’OPEP, et la Russie défendent une hausse graduelle de la production, tandis que d’autres pays membres du cartel, au nombre desquels l’Iran, l’Irak, le Venezuela et l’Algérie, s’y opposent. « Le problème actuel du marché pétrolier est le résultat des tensions politiques provoquées par le président américain (Donald Trump), et non pas un déséquilibre de l’offre et de la demande », a dit hier le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, cité par l’agence de presse iranienne Shana.
Trois sources au sein de l’OPEP ont rapporté à Reuters qu’une commission économique du cartel s’était réunie lundi pour étudier les perspectives du marché et qu’elle prévoyait une solide demande mondiale pour le reste de l’année. « Si l’OPEP et ses alliés conservaient leurs niveaux de production de mai, alors le marché pourrait afficher un déficit dans les six prochains mois », a dit l’une d’elles.
Lors de la réunion de la commission, l’Algérie, l’Iran et le Venezuela ont dit leur opposition à une hausse de la production.
Base de négociation
Les ministres de l’Énergie du Koweït, de l’Angola et des Émirats arabes unis, pays qui assure actuellement la présidence tournante de l’OPEP, se sont refusés à tout commentaire à leur arrivée à Vienne, où se trouve le siège de l’organisation. L’Irak et l’Iran, deuxième et troisième producteur de l’OPEP, ont dit qu’ils s’opposeraient à une hausse des extractions au motif qu’elle serait à l’encontre des dispositions de l’apport d’encadrement qui prévoient sa prolongation jusqu’à la fin de l’année. Ces deux pays auraient du mal à augmenter leur production. L’Iran fait face à la menace de nouvelles sanctions américaines, tandis que l’Irak souffre de contraintes de production. Deux sources au sein de l’OPEP ont dit à Reuters que le Koweït et Oman, deux alliés de l’Arabie saoudite, étaient également opposés à de fortes augmentations immédiates. Une des sources a indiqué que la proposition de Moscou et de Riyad d’une hausse de 1,5 million de bpj ne relevait que d’une « tactique » visant à persuader les autres pays d’accepter une augmentation de 500 000 à 700 000 bpj.
L’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe ont la capacité d’augmenter leur production. La Russie a également déclaré qu’une limitation trop longue de l’offre pourrait encourager une hausse de la production aux États-Unis, qui ne sont pas partie à l’accord d’encadrement.
Source : Reuters

