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Économie

Inondations dans la Békaa : les agriculteurs veulent être indemnisés

Dégâts

Le gouvernement doit attendre que le Haut-Comité des secours finisse d’évaluer les dégâts provoqués par les intempéries de la semaine passée pour décider de la marche à suivre.

19/06/2018

Les habitants de plusieurs régions libanaises ont été surpris par les intempéries inhabituelles pour la saison qui ont frappé le pays la semaine dernière. Les précipitations ont notamment provoqué des coulées de boue spectaculaires, qui ont été à l’origine d’importants dégâts matériels dans plusieurs villages de la Békaa et du Mont-Liban. À Ras- Baalbeck, près de la frontière syrienne, les inondations ont même provoqué la mort d’une habitante, piégée dans son épicerie.
Outre les dégâts dans les infrastructures et les habitations, les coulées de boue ont également touché un important nombre de champs, principalement dans la Békaa, qui est une des régions agricoles les plus importantes du pays. « Les producteurs les plus touchés sont ceux qui possèdent des exploitations entre Baalbeck et Ras-Baalbeck dans la Békaa, mais aussi sur l’axe allant de Mayrouba à Afqa dans le Mont-Liban ou encore dans le Akkar (Liban-Nord) », indique à L’Orient-Le Jour  le président de l’Association des agriculteurs (AA), Antoine Hoyek.

Mobilisation des agriculteurs
Selon ce dernier, les inondations ont notamment endommagé un important nombre de vergers dans lesquels poussent des abricotiers, des cerisiers, des pêchers et des pommiers. Des champs de bananes, de pastèques, mais aussi de blé et d’haricots ont également été inondés. « Il est encore trop tôt, même pour un premier bilan. Il faudra attendre que le gouvernement mandate le Haut-Comité des secours (HCS, rattaché au ministère de l’Intérieur et des Municipalités) afin que ce dernier évalue l’étendue des dégâts sur le terrain. Les autorités décideront ensuite de la marche à suivre », précise M. Hoyek.

Lors d’une conférence de presse organisée jeudi dernier à Ras-Baalbeck, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil, a assuré que le HCS avait commencé à recenser les dégâts, depuis la veille, en vue d’indemniser les victimes des inondations. Contacté par L’Orient-Le Jour, le secrétaire général du HCS, le général Mohammad Kheir, n’a pas fait de commentaires sur le déroulement des opérations.


(Lire aussi : Ras Baalbeck : un ministre sur place et des solutions en vue après les coulées de boue)


Toujours est-il que les agriculteurs de plusieurs localités affectées par les inondations ont commencé à se mobiliser dès ce week-end pour réclamer l’aide de l’État, comme à Wadi Khaled (Akkar), samedi. « Il y a eu d’autres sit-in de ce type dans plusieurs localités de la Békaa ce week-end, notamment du côté de Ras-Baalbeck », note M. Hoyek. Hier, ce sont les chefs des municipalités de Denniyé (Liban-Nord) qui ont pour leur part annoncé avoir envoyé des « documents » et des « photos » aux « ministères et organismes concernés » afin que le gouvernement débloque des fonds pour indemniser les riverains touchés.

Il n’est toutefois pas acquis que le gouvernement réponde favorablement à cette demande, comme il l’avait fait en 2016, notamment face à la grogne des producteurs de pommes et de cerises. « De nombreux terrains ont été aménagés sans tenir compte du risque d’inondation, avec la bénédiction des municipalités auxquelles ils sont rattachés », relève une source proche du dossier, suggérant que le nouveau gouvernement pourrait rechigner à indemniser certains exploitants.

En octobre 2016, le gouvernement de l’ancien Premier ministre Tammam Salam avait débloqué 26 millions de dollars pour indemniser les producteurs de pommes, qui n’avaient pas pu exporter une importante partie de leur production, en partie en raison du blocage des voies d’exportation vers les pays du Golfe, suite à la fermeture de la frontière syro-jordanienne en 2015. Les producteurs de cerises à Ersal (caza de Baalbeck) avaient aussi bénéficié d’une aide de 6,6 millions de dollars pour compenser la destruction partielle de leurs vergers et le blocage des voies d’accès vers ces derniers pendant les combats qui avaient opposé l’armée libanaise à des combattants jihadistes, en marge du conflit syrien qui a éclaté en 2011. À chaque fois, le gouvernement avait mis plusieurs mois à distribuer les montants promis.



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