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Liban

Ras Baalbeck, village sinistré par un torrent de boue

Intempéries

Un torrent de boue s’est abattu hier sur cette localité frontalière de la Syrie, faisant une victime et de lourds dégâts matériels.

14/06/2018

« De mémoire d’homme, le village n’a jamais connu ça », soupire Rifaat Nasrallah, un habitant de Ras Baalbeck, à la frontière avec la Syrie. Hier, un torrent de boue, dont la hauteur a atteint à certains niveaux les sept mètres, s’est abattu sur le village. Une femme de 64 ans est décédée et un homme qui était à bord de sa voiture est porté disparu.
« C’est commun dans nos villages d’avoir ce genre de torrent de boue en été. À cette période de l’année, la terre est sèche et n’absorbe pas l’eau de pluie. L’eau est charriée dans les vallées à partir du jurd. Nous disposons même de canaux pour la contenir. Mais ce qui s’est passé est exceptionnel. Imaginez que cette lave de boue a fait 25 kilomètres avant d’arriver au village, imaginez toutes les saletés qu’elle a emportées avec elle », dit-il à L’Orient-Le Jour, ajoutant que le torrent de boue a même atteint le marché de la localité.




« Nous sommes un village sinistré », s’écrie avec émotion le président du conseil municipal de Ras Baalbeck, Doreid Rahal.
Généralement, les habitants de Ras Baalbeck sentent le torrent arriver à cause du grondement qu’il provoque et de l’odeur de la terre. Cette fois-ci, les personnes qui étaient sur son passage ont à peine eu le temps de prendre la fuite. « Cet après-midi, deux torrents ont frappé le village, l’un à 15h et l’autre à 16h », affirme M. Rahal.
« Ce soir, une vingtaine de familles ne pourront pas dormir chez elles car leurs maisons ont été saccagées par la boue. Des magasins aussi sont sinistrés. Il nous faut encore du temps pour pouvoir évaluer les dégâts. Il y a des personnes qui montent maintenant de Beyrouth pour s’enquérir de leurs maisons saccagées par la boue », raconte-t-il, soulignant que le village abrite 5 000 habitants en hiver et 7 000 en été.



Poteaux électriques arrachés
« Ce n’est pas uniquement de la boue que le torrent a ramené, mais beaucoup de ferraille, des débris de voiture et des véhicules calcinés que le groupe État islamique et le Front al-Nosra avaient laissés derrière eux dans le jurd », dit-il.
« Des arbres, des poteaux électriques, des pylônes portant des câbles de haute tension ont été arrachés. Nous avons contacté EDL pour arrêter d’alimenter le village en courant électrique afin d’éviter le pire », poursuit-il, notant que les secouristes de la Croix-Rouge et de la Défense civile sont sur place.
La femme décédée, Chahira Balkis Mansour, est âgée de 65 ans. Elle était dans son magasin qui propose des produits laitiers quand le torrent de boue s’est abattu sur le village. Elle est morte asphyxiée.



D’autres villages de la Békaa-Est, notamment Qaa et Jdeidet el-Fakiha, ont été victimes aussi de torrents de boue et divers dégâts ont été enregistrés.


La catastrophe naturelle dont a été victime hier le village de Ras Baalbeck a mobilisé plusieurs responsables, députés et ministres, qui ont appelé l’État, notamment le Haut Comité de secours, à agir rapidement, alors que les députés de la région ont estimé que celle-ci devrait être classée zone sinistrée et que l’état d’urgence devrait y être décrété.
Le chef de l’État, Michel Aoun, a tout de suite dépêché sur place le président du Haut Comité de secours, le général Mohammad Kheir, et le député maronite de Baalbeck-Hermel Antoine Habchi a inspecté les lieux. Saad Hariri a également fait les contacts nécessaires depuis Moscou, où il se trouve en visite officielle. Le Conseil supérieur melkite s’est également mobilisé pour faire face à la catastrophe et le ministre Michel Pharaon a effectué des contacts pour que les habitants de la région soient indemnisés.
La Défense civile et la Croix-Rouge libanaise ont publié un communiqué soulignant que leurs volontaires sont sur le qui-vive dans tous les villages de la Békaa du Nord pour aider la population sinistrée.


Par ailleurs, les pluies torrentielles ont provoqué des éboulements de terrain dans le Kesrouan, mardi après-midi. Des gravats et des cailloux charriés par la pluie depuis une route non asphaltée ont bloqué la route reliant Feytroun à Mayrouba. Joint au téléphone par L’Orient-Le Jour, le président du conseil municipal de Feytroun, Antoine Kassis, a souligné que « c’est un problème récurrent qui oblige la municipalité à déblayer cette route à chaque pluie », appelant les autorités, notamment le ministère des Travaux publics, à agir.

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michel raphael

UN COMPTE VIENS D'ETRE OUVERT A LA MUNICIPALITE DE RAS BAALBECK POUR COUVRIR LES FRAIS DE REPARATIONS...

NE COMPTEZ PAS SUR L'ETAT DU GRAND LIBAN DANS CE GENRE DE

SITUATION...EN FAILLITE L'ETAT DU GRAND LIBAN VIT DE PERFUSION ...ETANT LUI MEME EN CHAMBRE DE REANIMTION...


M E R C I DE V O T R E G E N E R O S I T E

MICHEL J. RAPHAEL


PS:DETAIL DU COMPTE ET NOM DE LA BANQUE VOUS SERA COMUNIQUE

LA TABLE RONDE

Très attristé de voir cette cata s'abattre sur notre beau pays , je pense que tous les libanais en seraient choqués, et même les non libanais le seraient.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

RIEN DE NOUVEAU. EN 1967 UNE TRENTAINE DE VOITURES FURENT PRISES DANS DES FLOTS D'EAU ET DE BOUE.
LES VOITURES TOUTES FURENT ENDOMMAGEES ET PLUSIEURS PERSONNES BLESSEES.

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