Mayssa Mansour, la maman dont le fils d’un peu plus de 9 ans lui a été arraché vendredi par douze agents des Forces de sécurité intérieure, a été reçue hier par le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati, qui avait promis de suivre le dossier de près, au lendemain de l’indignation suscitée par la vidéo montrant les agents en train de se saisir de l’enfant.
Hier donc, à la suite d’un entretien avec la maman, M. Jreissati a évoqué un jugement qui « revêt un caractère d’urgence ». Émis par le tribunal chérié sunnite, le 26 avril 2018, celui-ci retire la garde de F. à Mayssa Mansour et la somme de remettre son fils à son père au plus tard au début du mois de juin. « Le tribunal chérié n’a pas pris une décision suspendant l’exécution de ce jugement », précise M. Jreissati dans un communiqué, soulignant qu’« une demande pour son exécution a été déposée au bureau chargé de l’exécution des jugements, conformément aux règles en vigueur ».
M. Jreissati souligne que vu le refus de la mère d’exécuter le jugement et de signer « un document dans lequel elle s’engage à amener volontairement son fils au poste de gendarmerie, dans une dernière tentative d’éviter l’exécution du jugement par la force, une circulaire a été adressée au parquet général près la cour d’appel à Beyrouth pour exécuter le jugement avec l’aide des forces de l’ordre ».
Le ministre sortant souligne en outre que « Mayssa Mansour n’a pas présenté une demande auprès de la cour des mineurs pour arrêter l’exécution du jugement du tribunal chérié ». Or, dans l’interview accordée dimanche à L’Orient-Le Jour (voir notre édition du lundi 18 juin 2018), Mme Mansour affirme « avoir présenté un recours en appel et deux autres demandes pour geler l’application de la décision », comme elle a ouvert « un dossier auprès du tribunal des mineurs » pour protéger son fils.
M. Jreissati indique que le dossier a été déféré devant le tribunal des mineurs. De plus, une psychologue, Myrna Gannagé, a été désignée pour évaluer la situation dans laquelle se trouve l’enfant. Et le ministre d’affirmer qu’il « n’hésitera pas à prendre des mesures qui relèvent de ses prérogatives pour rectifier une éventuelle erreur ». Il annonce enfin que « si la remise des enfants à l’un des parents est inévitable conformément aux jugements des tribunaux, malgré l’impact que cela peut avoir sur l’enfant, qui reste la seule victime » des différends parentaux, « désormais, la remise de l’enfant ne se fera plus sans la présence d’un représentant du département des mineurs au ministère de la Justice, et ce pour garantir le respect des droits de ces derniers et leur éviter de tels épisodes traumatisants ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine