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Comment la VAR tire sa légitimité malgré les polémiques...

Football / Coupe du monde

Samedi, lors de France-Australie, Griezmann a transformé le tout premier penalty de l’histoire du Mondial accordé grâce à l’assistance vidéo à l’arbitrage.

18/06/2018 | 00h00

Le penalty qui a permis à la France d’ouvrir le score face à l’Australie, samedi, a été accordé après l’intervention de la Video Assistant Referee (VAR, ou assistance vidéo à l’arbitrage), une première dans l’histoire de la Coupe du monde. Le même jour est également intervenu le second penalty accordé grâce à la VAR, attribué par l’arbitre Bakary Gassama en faveur du Pérou face au Danemark, dans l’autre rencontre du groupe C. L’histoire retiendra toutefois que Christian Cueva a raté sa marque.

Lors de France-Australie, à la 54e minute du match, Antoine Griezmann est lancé dans la profondeur par une longue ouverture de Paul Pogba. À la lutte avec le latéral droit australien Joshua Risdon, l’attaquant français entre avec le ballon dans la surface de réparation et s’écroule après un tacle par derrière de son vis-à-vis. Penalty ou pas ? L’arbitre central, Andres Cunha, et ses juges de touche ne bronchent pas. Le jeu se poursuit. Mais à la 56e minute, M. Cunha siffle et accourt vers un écran de télévision installé derrière la ligne de touche sur lequel repassent les images de l’action litigieuse. Elles sont également diffusées sur les écrans géants de la Kazan Arena. Il s’agit d’un « penalty review ». Après visionnage des images, l’arbitre mime la forme d’un écran et accorde un penalty, transformé par Griezmann. Il s’agit ainsi du premier but inscrit en Coupe du monde après le recours à la VAR.

Selon les règles adoptées à l’occasion du Mondial russe, l’arbitre principal peut prendre la décision de faire appel à la vidéo, et ce dans quatre cas spécifiques : la validation d’un but grâce à la Goal Line Technology, un système adopté lors de la dernière Coupe du monde en 2014, permettant de déterminer si le ballon a franchi la ligne de but ; l’attribution d’un carton rouge direct à un joueur; une action pouvant occasionner un penalty et pour corriger une erreur dans l’identification d’un joueur pénalisé par l’arbitre. Après avoir fait appel à la vidéo, l’arbitre peut prendre tout le temps qu’il souhaite pour donner sa décision. Seul l’homme en noir et ses assistants sur le terrain sont habilités à demander l’assistance vidéo. Un joueur qui demande à l’arbitre de faire appel à l’arbitrage vidéo pourra être sanctionné d’un carton jaune pour contestation.

Pour ce Mondial, il y a quatre arbitres vidéo par match, dont un est chargé de communiquer avec le terrain et un autre est spécifiquement chargé de juger les positions de hors-jeu. Ils observent les matches depuis un centre dédié à leur tâche à Moscou.




Bouleversement
Sujet de polémique depuis plusieurs années dans le monde du football, l’arbitrage vidéo s’impose progressivement dans les championnats domestiques et, désormais, dans les compétitions internationales, au grand dam de ceux qui considèrent qu’il modifie la nature même de ce sport.

La possibilité de revoir une action litigieuse au ralenti et sous plusieurs angles différents réduit la marge d’erreur et, par conséquent, le nombre de mauvaises décisions arbitrales, estiment les providéo. Un ballon ayant franchi ou non la ligne de but n’est pas sujet à interprétation, mais le jugement sur des contacts litigieux l’est, considèrent les antividéo. Certains puristes vont jusqu’à considérer que si l’arbitrage vidéo avait été en vigueur en 1986, l’arbitre tunisien Ali Bennaceur aurait invalidé le but de la main de Diego Maradona contre l’Angleterre, la « main de Dieu », privant l’histoire du football d’une action d’anthologie qui a fait la légende du Pibe de Oro.

Disons-le, l’assistance vidéo ne mettra pas fin aux polémiques sur l’arbitrage. Elle les déplace sur des actions sur lesquelles l’arbitre de champ n’a pas jugé bon de faire appel à la VAR, comme sur le coup de coude du buteur de l’Espagne Diego Costa sur Pepe avant son but face au Portugal, ou le penalty qui aurait pu être accordé à l’Argentine face à l’Islande après l’intervention de Birkir Sævarsson sur Cristian Pavón.

Sur un autre plan, le recours à l’assistance vidéo en cours de match bouleverse la façon dont les acteurs du football, les supporteurs dans les stades et les téléspectateurs devant leur écran vivent les rencontres. Comment exulter au moment où un ballon entre dans les filets si le but peut être invalidé plusieurs minutes après? L’utilisation de cette technologie, longtemps repoussée par l’International Football Association Board, l’organe garant des lois du jeu de la FIFA, tire sa légitimité de l’envergure prise par l’industrie du football, générant tellement d’enjeux qu’elle ne tolère plus l’erreur humaine.



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