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Économie

Les prix des aliments plutôt stables pendant le ramadan au Liban

Consommation

L’indice fattouche du ministère de l’Économie ne prend pas en compte le prix des viandes, des œufs, ou du poisson.

18/06/2018

Chaque année, le mois du ramadan coïncide avec la publication de l’indice fattouche élaboré par le ministère de l’Économie et du Commerce pour mesurer les variations de prix de plusieurs denrées alimentaires pendant cette période.
Les résultats de cette année ne devraient pas faire débat, l’indice n’ayant progressé que de 0,07 % entre sa valeur au début du jeûne le 16 mai (95,15 points) et celle qu’il a affiché jeudi, à la veille du Fitr (95,22). « Les résultats montrent que l’inflation des denrées alimentaires pendant le ramadan a été maîtrisée. Les prix des aliments pris en compte dans le calcul de l’indice ont même légèrement reculé lors de la première semaine », résume à L’Orient-Le Jour Rima Kassem, qui fait partie de l’équipe au ministère chargée de l’élaborer. Le ministère signale en outre qu’il y a eu peu de différences d’une région à l’autre.

Mesures fiscales
« Nous sommes plutôt surpris par l’évolution enregistrée cette année car nous craignions que l’adoption de nouvelles mesures fiscales courant 2017 combinée à la hausse des cours du carburant ne provoque une hausse généralisée des prix », ajoute-t-elle.

Le Parlement a en effet voté en octobre dernier une série de mesures fiscales pour financer la hausse de la grille des salaires de la fonction publique, entrée en vigueur quelques mois plus tôt. La TVA a bien été relevée d’un point, à 11 %, mais elle ne s’applique cependant pas aux produits et services de première nécessité. En outre, les cours du brut évoluent actuellement autour de 65 dollars pour le WTI et 73 dollars pour le Brent de la mer du Nord, des niveaux au moins 30 % plus élevés que ceux enregistrés un an plus tôt.


(Pour mémoire : Un ramadan en demi-teinte pour les professionnels)


Lancé dans les années 2000, l’indice fattouche mesure l’évolution des prix de 14 ingrédients qui composent l’emblématique salade libanaise : ail, citron, concombre, huile d’olive, laitue, menthe, oignon, pain, persil, pourpier, radis, sel, sumac, tomate. La valeur de l’indice est calculée à partir de la moyenne pondérée des prix de ces denrées et son évolution est mesurée par rapport à une moyenne de base calculée cette année sur une période allant du 23 avril au 16 mai. Le prix du pain, fixé par le ministère qui subventionne le prix du blé, ne varie pas pendant cette période. Les prix de l’huile d’olive, du sel et du sumac n’ont pas non plus évolué.

Les données sont recueillies avec l’aide des inspecteurs de la Direction de la protection du consommateur (DPC, – rattachée au ministère), auprès d’une soixantaine de commerces, dont une dizaine de chaînes de supermarchés répartis dans toutes les régions du pays. L’indice est ensuite publié à un rythme hebdomadaire pendant le mois du jeûne. La dernière version a été mise en ligne jeudi dernier sur le site internet du ministère.

S’agissant des évolutions par ingrédients, le prix moyen du kilo de tomates est par exemple passé de 1 311 à 1 272 livres (0,87 à 0,84 dollar) du 16 avril au 14 mai (-2,97 %), tandis que celui des concombres a reculé de 9,5 %, sur la même période, à 1 283 livres (0,85 dollar). Le kilo d’ail était en revanche plus cher de 2,2 % la dernière semaine du jeûne, à 1 401 livres (0,92 dollar), entre autres hausses.

Enfin, s’il permet de dégager une tendance assez nette, l’indice reste toutefois lacunaire dans la mesure où il ne mesure pas l’évolution du prix des viandes, des œufs ou encore du poisson. Il ne permet pas non plus de mesurer l’évolution de certains produits spécifiques appartenant à la famille de ceux pris en compte. C’est par exemple le cas des tomates libanaises de montagne (jabaliyé), dont le prix au kilo gravite autour de 4 000 livres (2,65 dollars) et dont les prix évoluent selon d’autres facteurs.



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Stes David

L'ingrédient qui m'étonne c'est le pourpier; par contre la pomme grenade n'est pas dans la liste de l'indice fattouche. J'ai l'impression que beaucoup de syriens et libanais en Europe mettent des graines de pomme de grenade ( "Punica granatum" la pomme punique donc) dans la fattouche. Une indice telle que l'indice fattouche n'est pas une mauvaise idée, car justement l'économie s'adapte à la demande et en Europe il y a maintenant beaucoup d'importation de pomme de grenade de Pérou, Afrique du Sud etc. pour satisfaire la demande croissante pour pomme grenade; la 'globalisation' malheureuseument fait qu'on fait importation de ces fruits et on oublie les légumes et fruits locaux ... Autre ingrédient chèr en Europe c'est le "Pignon de pin"; chèr et le marché est perturbé par l'importation de la Chine je pense.

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