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Liban

La sécurité de Rifi « à découvert »

Opposition
S.N. | OLJ
14/06/2018

L’ancien ministre et ex-directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, a vu une nouvelle fois le nombre de ses gardes du corps réduit, en vertu d’une décision de la Direction des FSI qui lui a été communiquée. Selon une source proche de M. Rifi, le nombre de vingt officiers de garde qui lui avaient été assignés a été réduit à six. Il y a près d’un an, l’effectif de cinquante avait été revu à la baisse une première fois et était passé à vingt.
Cette mesure n’est pas limitée à M. Rifi mais vaudrait aussi pour d’autres responsables.

Cela n’exclut pas pour autant la possibilité qu’il soit la principale personnalité visée par cette décision pour des raisons politiques liées à sa rupture avec le courant du Futur et ses prises de position virulentes contre le Hezbollah. D’ailleurs, appliquer cette mesure à d’autres personnes pourrait servir à en camoufler la visée réelle.

Dans un communiqué, Achraf Rifi a dénoncé une décision qui à ses yeux le vise personnellement. « La nouvelle décision de revoir à la baisse le nombre d’agents chargés de ma sécurité revient à m’ôter la protection qui m’était officiellement accordée », a-t-il dit, avant de se demander : « Est-ce que ceux qui ont pris cette décision se rendent compte de sa portée qui m’expose au niveau sécuritaire, alors que tous savent le volume, la sensibilité et les retombées des dossiers que j’ai eu l’honneur de gérer ? » Parmi les dossiers qu’il a évoqués : le travail conjoint effectué avec les enquêteurs internationaux sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, préalablement à la création du Tribunal spécial pour le Liban ; le dossier de Fateh al-Islam, faction palestinienne pro-Damas à l’origine de plusieurs attentats contre l’armée et ayant provoqué la bataille de Nahr el-Bared en 2007 ; le démantèlement de réseaux d’espionnage israéliens ; l’arrestation en 2012 de Michel Samaha, ancien ministre qui sera condamné pour transport d’armes de Syrie au Liban en vue de perpétrer des attentats planifiés avec le régime syrien. « Ces missions ont des conséquences dont le danger persiste au-delà de la fin de service » du responsable qui les a remplies, a précisé Achraf Rifi, avant de conclure : « Dieu est le grand protecteur, et que ceux qui ont pris cette décision assument leurs responsabilités. »




Mise au point de Osman
Le directeur général en fonction, le général Imad Osman, a précisé hier depuis la France où il est en visite officielle que « la protection directe des personnes est du ressort d’un autre service de sécurité », qu’il n’a pas identifié. Il a quand même confirmé qu’une décision a été prise par la Direction des FSI consistant à « mettre fin à l’assignation des agents de sécurité à des fonctions qui ne relèvent pas de leur compétence (comprendre : la protection d’anciens responsables) afin qu’ils se focalisent sur le service aux citoyens et à la lutte contre la criminalité ». Le porte-parole des FSI était injoignable hier pour donner plus de précisions sur la déclaration du général Osman. Celle-ci contredit en effet les propos de proches de Achraf Rifi, comme le conseiller de l’ancien chef de l’État Michel Sleiman, Béchara Khaïrallah, candidat malheureux aux législatives sur la liste parrainée par M. Rifi à Beyrouth II : « La loi accorde un pouvoir discrétionnaire au directeur général des FSI d’évaluer le danger auquel est livrée une personne, indépendamment de son statut officiel, afin de lui assurer la protection qu’il jugerait nécessaire. »

Et un autre proche de l’ancien ministre d’ajouter : « Je ne sais pas quels sont les motifs exacts de cette mesure, ni ses mécanismes, mais j’en constate le résultat : la sécurité d’Achraf Rifi est aujourd’hui à découvert. »
Devenu persona non grata pour le régime et candidat malheureux aux législatives, après une victoire écrasante, deux ans auparavant, aux municipales de Tripoli, Achraf Rifi voit son influence circonscrite. La mesure prise à son encontre aurait pu l’être avant les législatives, mais au risque de renflouer sa popularité, constatent ses proches.


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