Jamil Sayyed témoignant devant la chambre de première instance du TSL. Photo ANI
Pour sa troisième et dernière journée de témoignage devant le Tribunal spécial pour le Liban, le nouveau député Jamil Sayyed a accusé les enquêteurs relevant du bureau du procureur de dissimuler des preuves et de protéger les « faux témoins ». Recueillis par les enquêteurs dans le cadre de l’enquête internationale sur l’assassinat, en février 2005, de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, les récits de ces « faux témoins » avaient été à l’origine de l’arrestation, en avril 2005 de quatre officiers libanais, dont M. Sayyed. Ils seront libérés en 2009, faute de preuves.
Lors de son témoignage devant la chambre de première instance, sollicité par les conseils de la défense de Hussein Oneissi, l’un des quatre accusés jugés in absentia devant le TSL, M. Sayyed a accusé des « parties tierces » d’avoir collaboré à la « dissimulation des preuves ».
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L’intervention de M. Sayyed devant le TSL a été clôturée à l’issue de l’audience du matin, après que l’accusation eut choisi de ne pas l’interroger. M. Sayyed avait menacé de se retirer de la séance si l’accusation lui posait des questions avant qu’il ne s’exprime devant le tribunal.
« Je ne peux répondre aux questions de l’accusation qui a dissimulé des preuves et participé à la protection des faux témoins », a-t-il dit à l’issue de l’audience, expliquant que c’est pour cette raison qu’il s’est « retiré de l’audience », en prenant soin de préciser que même si le procureur en charge à l’époque, Daniel Bellemare, a été remplacé depuis l’affaire des « faux témoins », cela ne changeait rien au problème.
« Le procureur actuel (Norman Farrel) représente M. Bellemare. Il s’agit d’un seul et même organe », a-t-il dit.
Avant la levée de l’audience, le président de la chambre de première instance, le juge David Re, a estimé que l’arrestation des quatre officiers « n’était pas légale. Elle était de surcroît contraire aux droits de l’homme », laissant entendre que les enquêteurs chargés par la commission internationale auraient dû intervenir pour rectifier le tir.
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À la fin de l’audience, M. Sayyed s’est dirigé vers le représentant du bureau du procureur pour lui serrer la main. Ce dernier a refusé. Le député a aussitôt réagi en le traitant, en anglais, de « personne impolie qui ne mérite pas le respect ». Le juge Re a qualifié la réaction de M. Sayyed d’« offensive à l’égard de l’accusation ».
Dans un entretien à la LBCI, M. Sayyed a accusé les États-Unis et Israël d’être derrière l’assassinat de Rafic Hariri qui, a-t-il dit, « a provoqué le retrait des Syriens du Liban, et non la résolution 1559 », une position exprimée auparavant lors de l’audience. Il a estimé que c’est « à travers les élections ( législatives de 2000) et la prorogation (en 2004) du mandat du président (Émile Lahoud) que M. Hariri conférait une légitimité à la présence syrienne, au président Lahoud et à la résistance. Autant de raisons suffisantes pour qu’Israël soit derrière l’assassinat de l’ancien Premier ministre », a-t-il dit.
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Pauvre LIBAN combien de fois es-tu trahi chaque jour par tes propres fils...au profit d'usurpateurs qui se prétendent pourtant nos frères ? Irène Saïd
18 h 18, le 08 juin 2018