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Culture

« The Message » de Moustapha Akkad, ou une seconde vie pour l’ambassadeur de la paix

Événement

À partir du 14 juin, l’œuvre acclamée internationalement de Moustapha Akkad et nouvellement restaurée sera projetée dans plus de onze pays du Moyen-Orient. Entretien téléphonique avec Malek Akkad, le fils du réalisateur, qui reprend avec fierté le legs de son père.

07/06/2018

Trancas International et Front Row Film Entertainment ont achevé la restauration dans une définition 4K du chef-d’œuvre du réalisateur syrien Moustapha Akkad, établi à LA et tragiquement décédé en 2005, ainsi que sa fille Rima, lors d’une attaque terroriste à Amman. The Message, épopée de la naissance de l’islam depuis la révélation accordée à Mahomet en 610/611 jusqu’au pèlerinage d’adieu à La Mecque avant sa mort le 8 juin 632, relate les grandes étapes : constitution de la nouvelle communauté, révélation du Coran, persécutions, combats grandioses et sanglants menés par Hamza, appelé le lion du désert, contre les armées des marchands qui faisaient commerce des idoles autour de la Kaaba, exil à Médine et construction de la première mosquée, institution du culte, conversion d’anciens persécuteurs comme Abu Sofyan, trêve et rupture de trêve jusqu’à la grande trêve de 10 ans. C’est alors seulement que trois cavaliers – envoyés par Mahomet – vont demander aux souverains des trois autres parties du monde connu à l’époque – Empire romain, Empire perse, Empire byzantin – de se convertir.

À caractère éducatif et culturel
Voilà en résumé le déroulement de cette œuvre grandiose, cependant controversée (déjà à l’époque ?) puisqu’elle a été interdite de projection en Arabie saoudite et dans un certain nombre de pays du Moyen-Orient. Réalisée en deux versions, arabe et anglaise (cette dernière interprétée par Irène Papas et Anthony Quinn), la restauration en 4K s’est faite pour les deux. Contacté par L’OLJ avant la fête du Fitr, date à laquelle on assistera à la projection du film, Malek Akkad révèle combien était ardue la tâche mais combien, également, jouissive. « J’ai grandi sur les plateaux de tournage où évoluait mon père et j’ai beaucoup appris de lui. Outre le métier de producteur que j’exerce actuellement à Hollywood, il m’a transmis l’humilité, la patience et l’empathie. Pour lui, il n’y avait pas de petits et de grands dans ce monde, mais des personnes qui vous enrichissent par leurs expériences vécues, et il allait à la rencontre de tous. » Devenu par la suite producteur (il signe la franchise Halloween), mais aussi réalisateur de quelques autres films, Malek Akkad se souvient de l’accueil mitigé de The Message. « Certes, au départ, j’ai voulu restaurer cette œuvre pour la préserver, mais au fur et à mesure que je travaillais dessus, j’ai réalisé l’importance de l’actualité de ce film car c’est un message de paix, et mon père l’a désiré ainsi. J’étais donc mû par le désir de perpétuer le legs de mon père. » 

Mon père, ce visionnaire
Né à Alep, Moustapha Akkad s’établit à LA après des études de réalisation et de production à l’Université de Californie (Los Angeles) puis à celle de la Californie du Sud où il obtient une maîtrise. Il fait la rencontre de Sam Peckinpah qui devient son mentor et le pousse à faire ses premiers pas dans la stratosphère hollywoodienne. Quand il décide de réaliser The Message, les studios de Hollywood sont réticents quant au sujet. Akkad trouvera alors des sources de financement à l’étranger tout en faisant des recherches approfondies auprès des sages musulmans pour ne pas froisser les sensibilités, et respecte les préceptes de l’islam en ne montrant pas l’image du Prophète. « Son film n’est pas une œuvre à caractère politique mais plutôt culturel, confie Malek Akkad, car mon père voulait faire connaître au monde cette religion méconnue, qui est cependant porteuse de paix. » « Étant un musulman vivant en Occident, je considère que c’est mon devoir de dire la vérité par rapport à l’islam… J’ai pensé que raconter cette histoire créera un pont avec l’Occident », aimait à dire le réalisateur du Message. Malek, son fils, décide de reprendre en écho, quelques décennies, plus tard cette vision dans laquelle il s’investit totalement. « C’est pour faire revivre cette vision que je me suis investi totalement dans cette mission. La tâche consistait à scanner image par image, les nettoyer, pour ensuite accentuer la couleur. C’est ce qui a nécessité plus de deux ans de travail. Il n’était pas du tout question de toucher à l’œuvre dans son contenu. Je vous avoue, continue Malek Akkad, je ne savais pas ce qui m’attendait au départ. » Parallèlement à ce travail, le producteur s’est immergé dans le journal de son père. Le fruit de ces longues recherches sera un documentaire qui sera achevé en automne et présenté dans deux festivals, celui de Sundance et de Toronto. Un documentaire qui vise à faire connaître la vision de cet ambassadeur de la paix. Ainsi, Le Message qu’a porté Moustapha Akkad à l’écran perdure grâce à son fils et revit aujourd’hui en véritable message de non-violence.


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Hommage à Moustapha Akkad à Washington : « Le Message » de tolérance de l’islam bien reçu 

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