Des policiers à Kaboul, après l’attaque ratée de l’EI. Mohammad Ismail/Reuters
Un commando du groupe État islamique muni de vestes-suicide a tenté hier d’attaquer le ministère de l’Intérieur à Kaboul, provoquant explosions et échanges de tirs pendant près de 90 minutes avant d’être éliminé. « Les assaillants sont arrivés à bord de deux véhicules. Ils étaient huit, un s’est fait exploser et les autres ont été tués » par les forces de l’ordre, a raconté le porte-parole du ministère, Najib Danish, lors d’une conférence de presse. Selon lui, « un policier a été tué et cinq blessés » mais « aucun civil » ne fait partie des victimes de cette attaque revendiquée par l’EI, qui l’a qualifiée de « raid-suicide » via son organe de propagande. Tous les attaquants ont été abattus dès le franchissement du premier barrage et bien avant d’accéder aux bureaux du ministère, abrités au cœur d’un vaste complexe ultraprotégé sur la route de l’aéroport de Kaboul.
Selon les photos diffusées sur Twitter, les membres du commando étaient particulièrement jeunes, vêtus du treillis clair de la police des frontières et armés de fusils d’assaut et de grenades. Des opérations de ratissage des lieux ont eu lieu après la fin des échanges de tirs, mais aucun autre assaillant n’a été découvert. La première explosion a retenti peu avant 12h30 heure locale au premier check-point, suivie de nombreuses autres et d’échanges de tirs. Immédiatement, les forces spéciales ont été dépêchées sur place et toutes les routes conduisant au ministère barrées. L’Aéroport international de Kaboul, à proximité, est demeuré ouvert, mais certains vols ont été annulés par les compagnies concernées. La police a affirmé avoir découvert hier matin sur le parking de l’aéroport une voiture remplie d’armes et d’explosifs.
Bloqués au premier barrage
Selon le porte-parole de la police Hashmat Stanakzai, les assaillants « ont d’abord fait exploser une voiture piégée à l’entrée du complexe (du ministère) tandis que d’autres étaient arrêtés par nos policiers au premier check-point ». « J’étais dans mon bureau quand j’ai entendu une forte explosion. On nous a dit de rester à l’intérieur mais il semble que les assaillants n’ont pas pu rentrer », a témoigné un employé joint pendant l’attaque. La plupart des bureaux du ministère de l’Intérieur, dont celui du ministre, ont été déménagés il y a moins de trois ans dans ce vaste complexe puissamment protégé par de hauts murs de béton et des herses. Les bâtiments sont distants de près d’un kilomètre des premiers points de contrôle, ce qui rendait improbable l’accès du commando aux bureaux. Une annexe du ministère demeure cependant en centre-ville, visée par un attentat à l’ambulance piégée en janvier (105 morts, 200 blessés). Mais la cible était hautement symbolique, en plein ramadan, une heure avant la fermeture officielle des administrations et alors que les attentats contre les forces de sécurité se sont multipliés depuis le début de ce mois sacré pour les musulmans. Les talibans ont ainsi revendiqué l’attaque hier à l’aube d’un commissariat dans la capitale du Logar, à moins de 70 km au sud-est de Kaboul, qui a fait six morts parmi les policiers et huit blessés civils, selon le porte-parole de la police provinciale, Shapoor Ahmadzai.
Source : AFP


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