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Lifestyle - This is America

Déplumez les chapeaux et rendez aux oiseaux leurs ornements !

C’est Zizi Jeanmaire qui en avait le mieux parlé : « Mon truc en plumes/ Plumes de zoiseaux/ De z’animaux », disait la chanson, un hit du music-hall français des années 60. Depuis, les choses ont tristement changé.

De beaux chapeaux, mais à quel prix ? Photo Maureen Coyle tirée du site de la New York Historical Society

Autre temps, autres mœurs. Aujourd’hui, les projecteurs sont mis sur la défense des « zoiseaux », à l’occasion du centenaire de la loi fédérale américaine, Migratory Bird Treaty Act, votée en 1918, et à travers une exposition intitulée Feathers : Fashion and the Fight for Wildlife. Organisée par la New York Historical Society, et Roberta J.M. Olson et Debra Schmidt Bach, l’exposition met en lumière le massacre de diverses espèces d’oiseaux commis au nom de la mode. Quel plus bel ornement pour les femmes, disait-on, que ces têtes couronnées d’aigrettes ou ce visage caressé par de légères plumes. Oui, mais à quel prix, rétorquent les organisateurs de l’exposition dont les visiteurs peuvent admirer, d’une part, de spectaculaires chapeaux, cols et écharpes ornés de plumes précieuses, et de l’autre, des représentations d’oiseaux dans toute leur réalité, portant la signature d’un grand maître du genre, John James Audubon. Ornithologue, naturaliste et peintre américain d’origine française, naturalisé en 1812, ce dernier est considéré comme le premier ornithologue du Nouveau Monde. Les peintures d’Audubon décrivant les oiseaux tels qu’en eux-mêmes, des êtres vivants en plein vol, sont là pour plaider la cause de l’environnement. Et dénoncer les raisons de cette dangereuse détérioration : une gamme de vêtements et d’accessoires, agrémentés ou fabriqués en plumes ou, parfois, avec des oiseaux empaillés. 


Une tonne de plumes, c’est 200 000 aigrettes tuées
Aux plus beaux jours de « ces trucs en plumes », plus précisément au tournant du XXe siècle, il fallait, selon l’une des curatrices de l’exposition, le plumage de quatre oiseaux de l’espèce « aigrette » pour réaliser un seul ornement. Elle ajoute qu’en 1902, une tonne et demie de plumes d’aigrette avait été vendue, ce qui, selon les estimations, équivaudrait à 200 000 oiseaux tués et trois fois plus d’œufs perdus. Les chapelières décoraient également souvent les coiffes d’oiseaux entiers, teints dans les tons pourpres et bleus. Mais les femmes n’étaient pas les seules responsables de la décimation de la population des aves qui étaient également très recherchés par les chasseurs, les savants et les collectionneurs. À cette époque, New York était le centre du commerce des plumes décoratives. Et les émigrées italiennes s’étaient spécialisées dans ce métier. 

L’exposition dévoile également une technique qu’elles utilisaient sous le nom de willowing, pour allonger les plumes d’autruche. Elles gagnaient pour cela 2,50 dollars par semaine, soit l’équivalent de 75 dollars actuels. Cette tâche, qui dégageait beaucoup de poussière, comportait des risques pour leur santé car elles œuvraient dans des espaces confinés et sans aération. C’est aussi pour cette raison que des environnementalistes avant l’heure, en majorité des femmes, s’étaient mobilisés pour que l’on cesse, au nom d’une mode, aussi séduisante soit-elle, de participer à la disparition de ces oiseaux qui, eux, sont les vrais éléments qui permettent d’embellir le monde.

C’est cette même mission que s’est donnée l’exposition en mettant en avant la beauté de ces oiseaux mis au service de la fantaisie des humains. Les aquarelles d’Audubon en sont une belle illustration. Les curatrices précisent : « Les oiseaux du célèbre artiste vous regardent droit dans les yeux. Ses coups de pinceau vous font sentir que vous êtes en interaction avec eux. » De plus, John James Audubon restitue leur morphologie qui décrit parfaitement leurs mouvements et leur envol. Décédé en 1851, l’artiste demeure, grâce à son art et son travail, un élément important dans le mouvement de sauvegarde de la nature. À cet effet, une société portant son nom a été créée et a ainsi pu sauver de l’extinction plusieurs espèces, notamment les aigrettes neigeuses et les grues du Canada. Ainsi, on en est venu, de plus en plus, à renoncer aux décorations arrachées aux plus beaux plumages les remplaçant, entre autres, par des plumes de poule et d’autres oiseaux non migrateurs pour orner les chapeaux de ces dames.


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