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Culture

Le cèdre en chacun de nous, credo de Sandra Kheir Sahyoun

Exposition

L’esprit des cèdres souffle sur les vingt-quatre toiles alliant acryliques et
aquarelles, ainsi que sur une sculpture.

25/05/2018

Beit Beirut, à l’intersection de Sodeco, accueille pour deux jours seulement 24 toiles de Sandra Kheir Sahyoun ainsi qu’une sculpture en fer, dans une exposition intitulée « The Cedar In Us » (Le cèdre en nous).

On ne se contente pas ici du simple « arbre mon ami » de Minou Drouet, car il y a dans ce cheminement une véritable histoire d’amour entre le cèdre de Lamartine, qui a ouvert tout large ses bras, et l’artiste qui est venue s’y blottir. Entre l’écorce et les branchages de ce titan de la nature et un être vivant qui se réfugie brusquement au sein d’un géant silencieux mais ô combien protecteur, une sève nourricière circule, monte et réconforte…

L’histoire commence par une rencontre où l’arbre, dans un langage majestueux, simple, tendre et secret, s’entretient avec les vivants. Contact immédiat, bénédiction chaleureuse et ressenti électrifiant. Comment expliquer ce courant régénérateur qui passe? Comment comprendre ce tour de sang qui à la fois cravache l’esprit et le corps, et les rassure ? Au-delà de son aura, le cèdre interpelle et susurre ses éléments historiques, géographiques, politiques, humains, émotionnels, sentimentaux…

La palette des images de l’artiste, variées, symbolistes, (sur)réalistes, étendues de zoom imparable de l’œil d’une camera ou détails agrandis de loupe, prend racine dans cet arbre conifère magnifié, chanté et psalmodié en un chatoyant chapelet d’éloges, d’hymnes, de célébrations.


(Pour mémoire : Les œuvres de Sandra Kheir Sahyoun à l’Office du tourisme à Paris)


Imaginaire et imagination

Ses branches, sculptures vivantes, s’étendent dans l’air dans un port conique ou tabulaire. Majestueux et imposant, le cèdre du Liban est plus qu’un symbole rayonnant, une réalité réconfortante, un accessoire indispensable à la créativité humaine. C’est un souffle à la fois calme et impétueux. Un esprit insaisissable qui habite et hante une terre, une patrie et une nation.

Architecte d’intérieur, designer et peintre, Sandra Sahyoun a succombé à son appel et tenté de le coucher sur toiles d’acrylique, papier canson pour aquarelles et fer souple taillé. C’est ainsi que surgissent, en lacis indomptables, des images aux surimpressions juxtaposées et ramagées où les aiguilles vertes d’arbres millénaires prennent le pouvoir de l’imaginaire et de l’imagination.
Pour entremêler les vivants et la végétation qui a inspiré les poètes, servi les lieux sacrés, confectionné, par ses vertus imputrescibles, des sarcophages et soutenu les trirèmes phéniciens pour sillonner les mers les plus lointaines…

C’est à travers un entrelacs de tracés, de lignes et de courbes, un réseau à la fois compact et distendu comme un sous-bois aux richesses et à la lumière imprévisibles, que se déploie – à travers les touches imperceptibles ou appuyées des pinceaux, du burin et des couleurs aux chromatismes effervescents – une vision, à la fois éthérée et robuste d’un monde boisé traversé d’un vibrant nationalisme. 

Et défilent en un carrousel vertigineux, mégatoiles, aquarelles et une sculpture aux embranchements fourmillants un univers à la fois silencieux, éloquent et bruissant des murmures des forêts les plus profondes du Barouk et des hauteurs de Bécharré.

Des images finement restituées où le cèdre, dans ses diverses composantes, de son tronc à écorce rugueuse à ses cônes en fête, innerve, enveloppe, nourrit, embaume, submerge. Un arbre à l’histoire immémoriale qui dégage sérénité, paix, puissance et résilience triomphante.

Symbole d’espoir, de liberté et de mémoire, le cèdre, dans cette peinture et ce travail artistique habilement fignolé, a aussi ici vocation de rassemblement, d’unité, de sécurité intérieure, de nationalisme, de spiritualité (admirable de dévotion, cette toile visitée par Mar Charbel !).
Par-delà toute vision d’Orient et d’Occident, par-delà toute fracture personnelle ou scission de parcours, voilà une invitation à la redécouverte des véritables racines de soi et d’un pays.

Beit Beirut, Sodeco
« The Cedar In Us » de Sandra Sahyoun, du 25 au 27 mai 2018



Pour mémoire
Ces femmes qui se racontent, et se rejoignent, en peinture...

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Sarkis Serge Tateossian

le cèdre est une rencontre, entre la vie, la force, et l'esthétique ....
Un parfum du Liban.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POUR RAFRAICHIR UN PEU LES MÉMOIRES, CE CHANT POUR LE CÈDRE DU LIBAN :

LE CÈDRE

O TOI SUR QUI LES TEMPS N,ONT PU CREUSÉ DE RIDE,
CÈDRE MAJESTUEUX AU FRONT PUR ET SEREIN,
DANS LE DÉFERLEMENT DE LEUR AGE RIGIDE,
LES ANS N,ONT PU FLÉCHIR TON TRONC FIER ET HAUTAIN.

FILS DU LIBAN, DÉFIANT LA TEMPÊTE PERFIDE,
TU PRIS RACINE AU SOL DANS UN PASSÉ LOINTAIN.
LE TEMPS COULE DEPUIS. DANS SA COURSE RAPIDE,
IL DÉRACINE TOUT. TU RESTES SOUVERAIN !

COMME TOI, DU LIBAN, LA MONTAGNE INVINCIBLE,
FIERTÉ DE TA PATRIE, A DE L,AGE IRASCIBLE
AFFRONTÉ LES DÉFIS ET BRAVÉ LES ABUS.

LE PRÉSENT RANCUNIER T,AGITE ET TE MALMÈNE.
SIÈCLE APRÈS SIÈCLE FUIT. TU GARDES TON HALEINE.
GÉANT, TOUS LES MILLE ANS TU VIEILLIS UN PEU PLUS,

CAR MALGRÉ TA STATURE, O CÈDRE SÉCULAIRE,
TU N,ES PAS ÉTERNEL ! TU N,ES QUE MILLÉNAIRE.

POÈME D,ANASTASE TSIRIS

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