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Liban - Tribune

Toufic Hindi : Les raisons du retrait de ma candidature aux élections

La loi électorale a été concoctée par le Hezbollah. Pas de doute. Elle lui permet de transformer sa domination de facto du Liban en domination de jure. Les partis libanais, désormais soumis au diktat de la République islamique d’Iran à visage libanais (le Hezbollah) sous le couvert de raisons fallacieuses, tels le réalisme politique, le règlement des différends…, et soucieux de conserver les miettes d’un pouvoir étatique déliquescent, ont rivalisé pour s’approprier la paternité de cette loi inique, sans foi ni loi.
En fait, cette loi a multiplié par cent l’opportunisme de ces familles politiques organisées dans des pseudopartis dont la décision revient exclusivement aux chefs adulés, ces demi-dieux desdits partis, en fait ces chefs de tribu.
Ohannès pacha Kouyoumjian, le dernier moutassaref du Liban, a donné une définition fort judicieuse de la structure sociopolitique libanaise : elle est un mélange hybride de féodalisme arien et de tribalisme sémite. Ce sont nos familles politiques libanaises aussi bien anciennes que nouvelles, celles issues de la guerre, qui, au départ, se voulaient réformistes antiféodales.
Leur comportement obséquieux reflète leur nature. Pas de principes. Seulement le « power play », avec un vernis de positions souverainistes et/ou réformistes en période électorale, en vue d’obtenir le plus grand nombre de sièges, pour qu’à l’issue du scrutin elles cohabitent à nouveau avec un Hezbollah encore plus dominant.
Cette loi a transformé les élections dans chaque circonscription en autant de partouzes qu’il y a de listes, où les partenaires d’une même liste appartiennent à des tendances politiques contradictoires ou, au mieux, à des figurants, imbéciles heureux, dont la seule fonction est d’élever le nombre de sièges au profit du plus fort.
Chaque liste est contre toutes les autres et chaque membre d’une liste est l’ennemi mortel des autres membres de la liste. C’est l’immoralité intégrale, élevée au rang de la concurrence démocratique. C’est le déchirement du tissu politique, même à l’intérieur de chaque « parti », au seul profit du Hezbollah.
Quant aux organisations dites de la société civile, elles n’ont aucune unité réelle, et évitent pour la plupart d’avoir un avis ou une vision sur la question souverainiste. Quoique les critiques de certaines soient sincères, il n’en demeure pas moins qu’elles manquent d’expérience et de maturité, et que certaines baignent dans le narcissisme et l’opportunisme.
Sachant tout cela, j’ai quand même présenté ma candidature pour le siège des minorités dans la circonscription de Beyrouth I.
Je ne suis pas un politicien, et bien sûr pas un politicard ! Ferme sur les principes, souple en application : telle est ma devise. Mon cursus politique démontre que je pratique une politique nationale, ceci d’autant plus que je considère que l’existence de l’entité libanaise est en danger : j’ai participé activement à l’intifada du 15 janvier 1985 qui a mis fin à l’accord tripartite; conseiller politique de Samir Geagea depuis cette date, j’ai joué un rôle de premier plan de 1994 jusqu’à 2005 dans le maintien des FL sur la scène politique et nationale, un des fondateurs principaux du Rassemblement de Kornet Chehwane, prisonnier politique pendant 15 mois (2001/2002) pour qui on a requis la peine capitale, indépendant depuis 2005 en conservant la même ligne politique jusqu’à nos jours.
Depuis un an, je me suis activé en vain pour créer un Rassemblement pour la souveraineté, multicommunautaire, dont la seule tâche est de combattre la mainmise iranienne sur le Liban, et ce avant la tenue des élections, prenant comme modèle le Rassemblement de Kornet Chehwane. Trois principes directeurs pour ce rassemblement : l’application de la Constitution, des accords de Taëf et des résolutions 1559 et 1701. L’idée était que ce rassemblement puisse présenter une alternative souverainiste sérieuse au défunt 14 Mars et un réceptacle populaire et politique pour les Libanais souverainistes ainsi que pour leurs candidats. La boulimie politique de certains a fait capoter le projet.
Par ailleurs, je suis convaincu que seulement un candidat non partisan, fort, expérimenté et initiateur peut recouvrer la dignité et les droits des communautés minoritaires, perçus par les leaders en tant que poignée de voix, les partis ayant leurs propres priorités qui ne coïncident pas avec celles de ces communautés. Plus particulièrement, je continuerai mon combat, même si je me suis retiré de la course électorale, pour acquérir un siège pour les syriaques-catholiques et un pour les syriaques-orthodoxes.
Enfin, j’affirme posséder une grande audience dans ma communauté ainsi que dans les autres communautés chrétiennes et sunnite, transformable en véritables voix électorales.
De plus, je m’étais entendu depuis près d’un an avec le parti Kataëb pour présenter ma candidature dans la même liste. Les Kataëb ont préféré filer à l’anglaise dans la liste des FL, contredisant de par là même leur propre positionnement politique.
Cette volte-face a été réitérée dans nombre de circonscriptions. Ils se sont fait tort. Ils ont perdu leur crédibilité politique. De plus, ils feront un score d’un ou de deux députés au Liban. Leur candidat ne réussira vraisemblablement pas à Beyrouth I. Tout compte fait, ils n’auront fait qu’élever le nombre de députés des FL.
Quant à moi, j’ai été sollicité par nombre de candidats pour former une liste. Je ne suis pas assez immoral pour profiter de leurs voix pour me faire élire à leurs dépens. J’ai préféré me retirer dans la dignité.
Je me retire des élections. Mais, je continue mon combat national. Je suis convaincu plus que jamais de la nécessité de la formation du Rassemblement pour la souveraineté, d’autant plus que la région est à l’orée de changements drastiques qui affecteraient certainement le Liban. Il faut donc que le Liban soit prêt pour investir à partir des changements régionaux dans sa liberté, sa souveraineté et son indépendance.


La loi électorale a été concoctée par le Hezbollah. Pas de doute. Elle lui permet de transformer sa domination de facto du Liban en domination de jure. Les partis libanais, désormais soumis au diktat de la République islamique d’Iran à visage libanais (le Hezbollah) sous le couvert de raisons fallacieuses, tels le réalisme politique, le règlement des différends…, et soucieux de...

commentaires (4)

ET IL DIT LES VERITES SUR LA MAINMISE DE L,IRAN VIA LA MILICE SUR LE PAYS !

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

10 h 22, le 30 mars 2018

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Commentaires (4)

  • ET IL DIT LES VERITES SUR LA MAINMISE DE L,IRAN VIA LA MILICE SUR LE PAYS !

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    10 h 22, le 30 mars 2018

  • MR HINDI, devait il serieusement esperer mieux de la part de ces bonnes gens ? Mr Hindi aurait du faire confiance en la description de la Ste sociopolitique de ohannes pacha, -je/ il cite -""elle est un mélange hybride de féodalisme arien et de tribalisme sémite. Ce sont nos familles politiques libanaises aussi bien anciennes que nouvelles, celles issues de la guerre, qui, au départ, se voulaient réformistes antiféodales."" et se garder de croire en autre chose meme une infime seconde d'espoir .

    gaby sioufi

    13 h 16, le 29 mars 2018

  • AU MOINS QUELQU,UN QUI A COMPRIS QU,IL N,Y A PAS DE LEGISLATIVES LIBRES ET DEMOCRATIQUES A L,OMBRE DES ARMES ILLEGALES... ET JE PASSE SUR LES AUTRES RAISONS ENUMERÉES...

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    09 h 15, le 29 mars 2018

  • on s'en fou qu'il ne se represente pas. il a tout fait pour faire arriver au pouvoir cette pensee de milice...et maintenant il s'en plaint

    George Khoury

    06 h 16, le 29 mars 2018

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