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Diaspora

Une épopée des frères Rahbani traverse le temps et l’espace, jusqu’à Montréal

Événement

« Jibal Alsouane » vient d’être jouée au Canada, dans une production grandiose qu’on doit à l’éparchie melkite du Saint-Sauveur.

20/03/2018

Les 10 et 11 mars dernier, Montréal était la scène de l’une des pièces les plus connues des frères Assi et Mansour Rahbani et de leur égérie Feyrouz, la fine fleur de la création artistique libanaise, l’épopée musicale Jibal Alsouane. Dans une production financée et présentée par l’éparchie Saint-Sauveur pour les melkites grecs-catholiques de Montréal, à l’occasion de son 125e jubilé, plus de 50 comédiens, comédiennes et danseurs des deux communautés libanaise et syrienne ont revisité ce chef-d’œuvre, joyau théâtral présenté en 1969 à Baalbeck et à Damas.
À la salle de théâtre Désilets et durant plus de deux heures, l’opérette
Jibal Alsouane a emporté le public montréalais sur la voie des grandes quêtes intemporelles. La pièce met en scène un village dirigé par un oppresseur, et son peuple à la recherche de liberté. Ces habitants vivent le retour de l’espoir avec l’arrivée de Gherbé, la fille du protecteur du village. L’action détaille la façon dont les villageois, avec l’aide de Gherbé, se débarrassent de l’oppresseur Fatek… L’enthousiasme, l’adrénaline et l’excitation étaient au rendez-vous. Cette satire sociale, enrobée de musique, de danse, d’humour a fait rejaillir des instants d’histoire encore vivants, des musiques d’hier et d’aujourd’hui.
Même si la pièce n’est pas facile, ses textes, comme sa musique et le jeu des acteurs de Jibal Alsouane ont su charmer le public. Tous les acteurs sans exception ont contribué au succès retentissant de la pièce. Mais il faut distinguer entre le « beau » et le « sublime », entre le crayon et la plume. Le premier touche et le deuxième charme.
Ainsi, Élie Zein, dans le rôle de Fatek, n’a pas joué le personnage, il l’incarnait. Thamo Zeidan, dans le rôle de Hanneh, a présenté une performance à la mesure de son talent : elle s’est investie corps et âme dans le rôle et a fasciné les spectateurs en leur transmettant des émotions fortes. Feyrouz Hanna, dans le rôle de
Gherbé, était authentique et crédible. C’est elle le prophète dont les répliques ont fortement résonné auprès des spectateurs, à tel point qu’ils ont oublié qu’elle jouait un rôle. Élie Massaad, dans le rôle de Naoum (créé à la base par Philémon Wehbé), a su capter l’attention et transporter les spectateurs dans son univers, notamment par son humour fracassant.
Il faudrait noter toutes les autres belles performances, celles de Charbel Daou, Fadi Salem, Alexandra Nohra, Tony Kesserwani, Nabil Nakouzi, Louis Féghali, Fadi Nohra, Tony Liane, Naji Ankasouri, Joseph Nassif, Dany Saliba et bien d’autres, qui ont su tenir la scène tout en restant naturels et décontractés. L’ensemble était homogène, les chœurs et la chorégraphie convenables, et les danses plaisantes.
Cette production était une illustration du fait qu’une pièce de théâtre est une voix qui parle, un esprit qui éclaire, une conscience qui met en garde. L’ironie du sort, c’est que la vraie comédie ne se passe pas au théâtre, mais bien dans la vraie vie.

Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban.  E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

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