Photo d’archives de la frontière sud, le 6 mars, alors que les Israéliens construisaient un mur controversé, malgré les protestations du Liban. Ali Hachicho/Reuters
Au lendemain de la conférence de Rome II au cours de laquelle la communauté internationale était réunie pour soutenir l’armée libanaise et les forces de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé « tous les groupes et ressortissants libanais à cesser leur implication dans le conflit syrien ». M. Guterres a réaffirmé sa position sur ce plan dans un rapport trimestriel sur le Liban visant notamment le Hezbollah.
« La présence d’armes non autorisées entre les mains du Hezbollah continue d’être un sujet de préoccupation sérieuse », ajoute le chef de l’ONU dans ce document remis aux 15 pays membres du Conseil de sécurité dans la perspective d’un débat prévu mardi 20 mars. « Ces armes, ajoutées à la rhétorique menaçante des deux côtés, augmentent le risque de mauvais calculs et d’escalade », ajoute-t-il, appelant toutes les parties à la retenue.
« L’adhérence continue à la résolution 1701 demeure essentielle pour la stabilité du Liban et de la région », a-t-il insisté.
Cette dénonciation visant le Hezbollah devrait être reprise à leur compte par les États-Unis, engagés dans une vaste offensive diplomatique pour obtenir une réduction de l’influence iranienne au Moyen-Orient, jugée néfaste par
Washington.
« Aucun progrès n’a été réalisé dans le désarmement des groupes armés », déplore aussi Antonio Guterres. « La détention d’armes hors d’un contrôle étatique par le Hezbollah et d’autres groupes continue de restreindre la capacité du gouvernement du Liban à exercer sa pleine souveraineté et son autorité sur son territoire », précise-t-il. Il relève que le Hezbollah continue d’admettre publiquement qu’il maintient ses capacités militaires, citant notamment des déclarations de son secrétaire général Hassan Nasrallah et du chef de son bloc parlementaire Mohammad Raad. Il mentionne cependant des déclarations du Premier ministre Saad Hariri et du président Michel Aoun sur la consolidation du rôle de l’armée.
Dans son rapport sur un Liban qui reste « fragile », portant sur une période allant de novembre à février, Antonio Guterres détaille plusieurs incidents, notamment les visites à la frontière sud, en compagnie de membres armés du Hezbollah, du chef de guerre irakien chiite Qais el-Khazaali et du milicien syrien prorégime Hajj Hamza. Il affirme aussi « être préoccupé par la poursuite de survols israéliens du territoire libanais », qui s’effectuent de « manière presque quotidienne », en « violation » de résolutions de l’ONU et de la souveraineté libanaise. « Du 1er novembre au 19 février, la Finul a recensé 458 violations aériennes de la ligne bleue, totalisant 1 684 heures de vol », signale le texte.
Dans la zone d’opérations de la Finul, la situation « reste généralement calme », note aussi le patron des Nations unies. Il se félicite enfin d’une « présence visible et d’activités accrues avec l’objectif principal de préserver la cessation des hostilités », une requête formulée en août par l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, après un voyage en juin en Israël.
M. Guterres note entre autres que « peu de progrès a été effectué au niveau du marquage physique de la ligne bleue, même si la plupart des points qui font l’objet d’un consensus ont été marqués ». Il mentionne également la dispute autour des blocs pétroliers en mer entre le Liban et Israël, parallèlement à la signature de contrats par le Liban pour l’exploration pétrolière. Il s’est dit « préoccupé par la rhétorique belliqueuse utilisée par les deux parties » à ce sujet, et les appelle à la retenue.


