Pour détecter un éventuel glaucome à un stade précoce, il est recommandé de passer tous les ans un examen ophtalmologique avec mesure de la pression oculaire.
Perte de la vision périphérique, vue floue, mal de tête soudain, rougeur dans l’œil : autant de symptômes indicateurs du glaucome, une maladie de l’œil qui évolue d’une manière insidieuse. De ce fait, elle est diagnostiquée souvent à un stade avancé, d’où la nécessité de ne pas négliger ses yeux et de les faire examiner régulièrement pour une détection précoce de la pathologie.
Il s’agit d’ailleurs du message véhiculé par les spécialistes à l’occasion de la Semaine mondiale de sensibilisation au glaucome, fixée du 12 au 18 mars. Et pour cause, puisqu’un glaucome non traité peut entraîner une perte de la vision et parfois même une cécité irréversible. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 4,5 millions de cas de cécité dans le monde sont dus à cette maladie.
Au Liban, cette semaine sera marquée par une campagne placée sous le thème Préserve ta vision… fais-toi examiner les yeux, menée par le Beirut Eye and ENT Specialist Hospital (BESH), sous le parrainage du ministère de la Santé.
Le glaucome est une atteinte du nerf optique due à une élévation de la pression oculaire, entraînant une destruction du champ visuel, allant de l’extrême périphérie jusqu’à la vision centrale. Les spécialistes distinguent deux formes de la pathologie : le glaucome à angle ouvert, asymptomatique, qui constitue la majorité des cas, et le glaucome à angle fermé, qui est peu fréquent et se traduit par une rougeur dans l’œil, un larmoiement, une baisse de la vue et un mal de tête intense, aigu et localisé, pouvant conduire l’individu aux urgences.
L’hypertension artérielle n’a aucune influence sur la tension intraoculaire. Celle-ci est due, dans le glaucome à angle ouvert, à l’accumulation de l’humeur aqueuse – un liquide transparent qui baigne la partie antérieure de l’œil et qui est évacué à travers un filtre appelé trabéculum – dans l’œil.
Dans le glaucome à angle fermé – qui survient généralement chez les hypermétropes –, la tension intraoculaire est provoquée par une dilatation de la pupille qui bloque l’humeur aqueuse.
(Lire aussi : Le glaucome, une pathologie oculaire insidieuse)
Éviter les collyres à base de cortisone
Le glaucome est détecté davantage chez les personnes myopes et diabétiques que chez les personnes n’ayant pas de problèmes aux yeux. Dans certains cas, la pathologie est une complication d’une inflammation chronique dans l’œil ou encore d’un traumatisme de l’œil accompagné d’une hémorragie. Le facteur héréditaire joue aussi un rôle dans la maladie.
Chez les enfants, le glaucome n’est pas fréquent. Généralement, il est de nature congénitale et dû à une malformation de l’angle de l’œil qui empêche le passage de l’humeur aqueuse dans le trabéculum, ce qui entraîne une élévation de la tension intraoculaire.
Un examen annuel des yeux
Le glaucome est irréversible, d’où la nécessité de le diagnostiquer à un stade précoce. Pour ce faire, il est recommandé de passer tous les ans un examen ophtalmologique avec mesure de la pression oculaire dès l’âge de 40 ans et même plus tôt, en cas d’histoire familiale. Dans certains cas, cet examen doit être répété plus fréquemment. De plus, il est déconseillé d’utiliser des collyres à base de cortisone sans un avis médical, d’autant que les statistiques mondiales ont montré que l’usage fréquent de ces gouttes sur une longue période peuvent entraîner une pression oculaire et par la suite un glaucome.
Le traitement du glaucome consiste à faire baisser la tension intraoculaire. Les spécialistes disposent à cet effet d’une panoplie de collyres qui permettent d’empêcher l’évolution de la pathologie et par conséquent le besoin d’opérer le patient. Si ces collyres, qui constituent d’ailleurs la première ligne de traitement, ne suffisent pas à eux seuls à faire baisser la pression oculaire, les spécialistes peuvent décider, selon les cas, d’opérer le patient ou de recourir au laser.
En conclusion, Il serait souhaitable qu’une campagne nationale de dépistage précoce du glaucome soit organisée sur l’ensemble du territoire libanais, afin de pouvoir atteindre les patients qui se trouvent dans les régions éloignées. Une structure pourra être mise en place à cet effet, impliquant les dispensaires et centres de soins de santé primaire dans les régions, ainsi que des résidents, des techniciens et des infirmiers(ères) qui seront initiés au moyen de mesurer la tension intraoculaire à l’aide d’une machine spécifique.
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