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Culture

Du bitume de la rue à la musique aérienne de Bach

Festival al-Bustan

Fusionner la musique du Cantor au break dance et mélanger deux univers d’apparence contradictoire sont une gageure que The Flying Steps ont su relever. Ébouriffant.

26/02/2018

Des pas qui tournoient et virevoltent sur les planches de l’auditorium Émile Bustani et des têtes qui prennent la forme d’un tournevis. Autant de figures acrobatiques et bien d’autres encore forment la gestuelle rythmique du groupe Flying Steps qui a su fusionner la danse urbaine à la musique classique et qui « s’éclate » (signification de break dance) en faisant voler en mille morceaux les préjugés tant modernes que classiques...

Lorsque le jeune Libanais Vartan Bassil s’installe en Allemagne avec ses parents, il n’a que 7 ans, il ressent une certaine difficulté à communiquer avec les autres. Comme il imitait à cette époque Michael Jackson et que les gens aimaient cela, il trouve que la danse pourrait être le moyen à travers lequel il pourrait se connecter avec eux. « Mes parents ne voyaient pourtant pas d’un bon œil que je devienne danseur. » Le jeune Bassil, fasciné par les spectacles de break dance, va s’employer à réunir un groupe et à s’exercer en permanence. Étudier le jour et danser la nuit devient cependant un rythme éprouvant pour l’autodidacte qui décide d’abandonner l’école afin de se consacrer uniquement à la danse. En 2000, après plusieurs compétitions gagnées, et participant au championnat du monde, le groupe qu’il a formé et qui est devenu entre-temps les Flying Steps, est soutenu par le Red Bull qui lui donne des ailes en lui octroyant des facilités comme espace d’entraînement, voyages et participation à d’autres concours à venir. Mais Vartan Bassil ne va pas se suffire de cela. Avec les autres boys du groupe, il crée sa propre école à Berlin où danseurs/ acrobates s’entraîneront et entraîneront les autres jeunes en leur apprenant de nouveaux mouvements. Un projet à succès puisque l’école attire actuellement plus de mille cinq cents élèves. Enfin la troisième étape sera de rendre accessible le break dance à une certaine audience appréciant « la culture de haut niveau ». Suivant l’avis d’abord de sa belle-mère qui l’initie à la musique classique puis par la suite de son ami et chef d’orchestre Christophe Hagel, Bassil va aboutir en 2009 à cette certitude : « Oui pourquoi pas ? C’est jouable. Les notes du clavecin et du piano peuvent s’accorder aux pas de danse urbaine. Les deux univers peuvent aller de concert. Eh oui, certainement on pourra atteindre un autre public, tout en nous amusant. » Alors l’aventure prend un autre virage. 

Hier soir, au Bustan, l’imagination a pris son envol, brisant ainsi la loi de la gravité et défiant tout obstacle. Sept boys et une jeune ballerine ont visualisé les fugues de Bach et ont animé les notes. Des performances énergiques fantastiques qui ont attiré un public de mélomanes adultes mais surtout des jeunes. Ces mêmes jeunes qui assureront le changement à tous les niveaux.



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