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Liban

Au Liban, les partis politiques continuent malgré tout de séduire

Législatives 2018 - Sondage

Même s’ils ne sont pas très satisfaits des prestations de leurs leaders, les Libanais semblent vouloir prendre les mêmes et recommencer.

19/02/2018

Si l’on en croit les chiffres qui ressortent d’un sondage commandé par le National Democratic Institute (NDI) et exécuté par la société al-Douwaliya lil-Maaloumat, une majorité de Libanais affichent leur intention de voter aux prochaines législatives, principalement en faveur des partis traditionnels. 

Effectué sur la période s’étendant du 19 décembre 2017 au 14 janvier 2018, l’étude, qui se base sur un échantillon de 2 400 personnes choisies dans les 26 cazas, apporte un éclairage sur le paysage politique qui précède les législatives ainsi que sur les déceptions et les attentes des citoyens. 

Sélectionnés parmi les personnes habilitées à voter, les participants au sondage ont été notamment interrogés sur leurs priorités socio-économiques ou nationales, sur les réformes électorales, leur opinion sur les figures politiques en place et sur les partis politiques. L’étude fait ainsi le point sur l’humeur de la rue à quelques mois du scrutin et sur le potentiel de changement et d’alternance que pourrait occasionner cet exercice démocratique dont le pays a été privé durant plusieurs années. 

(Lire aussi : Législatives libanaises : Ce qu’il faut savoir pour voter)


À la question de savoir si le Liban va dans la bonne direction, 56,6 % des personnes ont répondu par la négative (principalement les chrétiens, les sunnites et les druzes), contre 35,1 % par l’affirmative, dont 44,5 % de chiites.
Par ailleurs, 38 % des personnes interrogées ont considéré que la situation globale pour la génération à venir « va empirer », contre 29,3 % qui se disent plus optimistes, alors que 25,8 % estiment que la situation restera la même et ne s’améliorera pas pour autant. Là aussi, ce sont majoritairement les chrétiens, les sunnites et les druzes qui sont pessimistes, beaucoup moins les chiites qui pensent, jusqu’à concurrence de 29,2 %, que la prochaine génération connaîtra de meilleurs jours. 

Ce sont les questions de la sécurité sociale (26 %), des opportunités de travail (25 %) et de la lutte contre la corruption (11 %) qui préoccupent prioritairement les personnes interrogées sur leurs soucis et ceux de leur famille, et ce loin devant la question des réfugiés syriens (2,5 %), des élections (1,5 %) ou de la présence des armes en dehors de l’État (0,5 %). 

Un chapitre entier est consacré aux prestations de l’exécutif, celles du chef de l’État et celles du président du Parlement. Priés d’évaluer la prestation du président de la République, 33,7 % des individus interrogés ont considéré qu’elle était « satisfaisante » et 31,8 % ont exprimé un avis mitigé « ni bonne ni mauvaise ». Seuls 6,7 % ont estimé que sa prestation est « mauvaise ». Pour Saad Hariri, 26,8 % se sont dit « satisfaits », contre 13,1 % qui pensent que sa prestation est « mauvaise » et 36,3 % qui ont un avis mitigé. Les pourcentages sont quasi similaires pour le président de la Chambre, Nabih Berry. Concernant le travail gouvernemental, 24 % ont estimé qu’il est « mauvais », contre 22,8 % qui en sont « satisfaits » et 41,4 % qui disent qu’il n’est « ni bon ni mauvais ». 

(Repère : Législatives libanaises : les dates à retenir)


Dans le volet consacré aux élections, on retiendra un pourcentage saillant : 87,9 % des personnes interrogées souhaitent que les législatives aient lieu et qu’elles ne soient plus reportées. Quant aux intentions de vote, 50,9 % ont affirmé qu’elles iront très probablement voter, contre 12,9 % qui prévoient de s’abstenir. L’argument avancé est l’idée que « l’ensemble des candidats sont corrompus » (57 %). Pour 34,5 % des sondés, ce qui pourrait toutefois les faire changer d’avis en dernière minute est la présence de « candidats indépendants » ou la présence d’une « charte d’éthique ».
Dans le dernier volet du sondage consacré aux partis politiques, on retient principalement que les intentions de vote sont de 14,5 % pour le Hezbollah, 14,3 % pour le courant du Futur, contre 11,1 % pour le CPL, 10 % pour Amal, 5,5 % pour les FL, 2 % pour les Kataëb, 1,9 % pour les Marada et 5,7 % pour les listes dites indépendantes.

Les partis politiques se portent bien

Prié de commenter ces données pour L’Orient-Le Jour, le secrétaire général du Renouveau démocratique et ancien membre du NDI, Ayman Mhanna, relève d’abord qu’« une majorité de Libanais continue de voir le pays aller dans la mauvaise direction ». Cependant, ils seraient « moins nombreux » à penser cela comparé au précédent sondage effectué par la même société, constate l’analyste. Il estime également que le retour aux affaires de Saad Hariri après sa démission aurait conduit « à réduire les tensions et les peurs ». Et de rappeler à ce propos que le sondage a été effectué avant le dernier bras de fer entre le président du Parlement Nabih Berry et le chef du CPL Gebran Bassil, sur fond d’insultes. « Les résultats auraient pu être différents si le sondage avait inclus la période de tension qui a suivi », commente M. Mhanna.

Selon lui, il faut souligner le fait que l’ensemble des sondages dans les démocraties occidentales insistent en général sur la question de savoir « ce qui est important pour l’interviewé et sa famille. Cela permet de comprendre ce qui motive directement les gens. Or, il ne suffit pas de regarder cet aspect pour comprendre les priorités des votants au niveau national. Une personne particulièrement riche ne citerait pas l’emploi ou les services de santé comme priorités particulières pour elle et sa famille, mais pourrait bien les citer comme priorités nationales en réponse à un autre type de question ». Par conséquent, la question des armes détenues hors des services compétents de l’État « peut ne pas avoir un impact direct sur la notion de l’individu et sa famille, mais n’en constitue pas moins une priorité nationale pour une bonne partie des citoyens », dit-il.

Enfin, M. Mhanna juge que l’enseignement principal du sondage est que « les partis au pouvoir se portent mieux que prévu ». « Les forces nouvelles issues de la société civile n’ont toujours pas réussi à enclencher une dynamique réelle en leur faveur », ajoute-t-il, faisant remarquer que le momentum nécessaire pour créer une vague en faveur du changement se fait toujours attendre. Il justifie cet argument par le fait que les candidats indépendants font toujours face « à la difficulté de se regrouper dans des listes uniques et de s’accorder sur un programme électoral attractif et crédible, au-delà des généralités ».


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LES MOUTONS SONT HABITUES A SUIVRE ET A BELER BETEMENT ! LES INCAPABLES IGNORANTS VONT PARTIR... CES MEMES INCAPABLES IGNORANTS VONT REVENIR... AVEC PEUT-ETRE UN TRES MINIME ET MINCE... QUE JE N,OSE PAS APPELER CHANGEMENT !

stambouli robert

Votes donc pour les memes mais surtout ne Venez pas vous plaindre apres
Nous l'aurons bien merite
D'ailleurs a ce rythme on aurait pu juste renouveler la chambre
Je n'ose meme plus dire " vivement les elections "
REVEILLEZ VOUS DONC

RAISINS SECS

Surtout le 1er des partis qui seduit et gagne en popularité de facon exponentielle.

Sans honte ni détour.

Bery tus

il faut dire que le peuple libanais n'est pas prets a une societe civile ... POINT BARRE !!

car pour etre prets ce ne sont pas les politiciens qui feront en sorte que nous le soyons ni le gouvernement ...

MAIS BIEN LE PEUPLE C'EST LE PEUPLE QUI DOIT CHANGER ... EXACTEMENT COMME L'ARTICLE PARUT SUR L'OLJ de la semaine derniere .. avec les ma3leych, marre2a, etc

on ne forme pas une societe avec ces mots et ce laxisme
le peuple doit changer et c'est apres se changement moi j'irai meme jusqu'à dire avec une education seulement apres l'on pourra affirmer de prendre la spirale pour arriver a une societe civile séculaire, et quand je dis peuple .. je parle bien entendu de tous les libanais toutes confessions confondues

d'ici la on peut tjrs rever

Tabet Karim

On prend les memes c..... et on recommence. Et puis on se plaint, on maudit le jour ou l'on a voté pour eux et on pleurniche. Nauséeux...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CE SONT LES ETABLES OU SE REUNISSENT LES PANURGES AVEC LEURS MOUTONS BELEURS...

TousAuPoteau

« Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois [...] Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit. » Octave Mirbeau

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