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Liban

Tillerson à Beyrouth : Les actions du Hezbollah « menacent » le Liban et la région

Diplomatie

« La frontière sud du pays est la plus calme au Moyen-Orient », souligne Saad Hariri, lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire d’État américain.

OLJ
16/02/2018

L’engagement du Hezbollah « dans les conflits régionaux » menace « la sécurité du Liban » et a des « effets déstabilisateurs sur la région ». Le propos du secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, hier à Beyrouth, était autrement plus pugnace, à l’égard du parti de Hassan Nasrallah, qu’il ne l’avait été la veille, à Amman, où le chef de la diplomatie américaine avait reconnu que le Hezbollah faisait partie du « processus politique » au Liban. « Nous savons que le Hezbollah libanais est influencé par l’Iran, une influence que nous considérons nuisible pour l’avenir du Liban à long terme », avait-il toutefois nuancé. Mardi, dans des propos à la chaîne al-Horra, M. Tillerson avait sommé l’Iran de « retirer ses forces du Liban, de Syrie, d’Irak et du Yémen ».

L’escale beyrouthine du secrétaire d’État américain a par ailleurs été marquée par des écarts protocolaires, puisqu’à l’aéroport de Beyrouth, M. Tillerson a attendu en vain, dans son appareil, son homologue libanais, Gebran Bassil. Mais c’est finalement le directeur du protocole par intérim du ministère qui l’a accueilli à sa descente d’avion. Raison invoquée, l’application par le Liban du principe de réciprocité…

Par ailleurs, à son arrivée au palais de Baabda, un peu avant l’heure de son rendez-vous (10h30), le responsable américain a trouvé le fauteuil présidentiel vide et a patiemment attendu quelques minutes pour que le chef de l’État entre dans le grand salon, presque en même temps que M. Bassil, mais par deux portes différentes. M. Bassil a invoqué les embarras de la circulation dues aux mesures de sécurité accompagnant la visite de M. Tillerson, pour justifier son retard. MM. Tillerson et Bassil ont eu un court entretien en tête à tête, à l’issue de la rencontre présidentielle.

À Beyrouth, le chef de la diplomatie américaine a rencontré, outre le président de la République et M. Bassil, le président du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre, Saad Hariri, avec lesquels il a évoqué les tensions entre le Liban et Israël au sujet du mur en béton que Tel-Aviv compte construire dans une zone frontalière où « la ligne bleue », qui sert en ce moment de frontière provisoire entre le Liban et Israël, est imprécise, selon Beyrouth, et doit être corrigée pour englober des terres revendiquées par le Liban, notamment des biens de mainmorte (wakfs) relevant de l’Église maronite, ainsi que du conflit sur les hydrocarbures offshore du bloc 9 de la Zone économique exclusive (ZEE) libanaise, dont Israël revendique une partie.


(Lire aussi : Aoun : Tillerson était « à l’écoute et compréhensif »)


« L’armée libanaise est la seule qui défend le Liban »
« Il est impossible de parler de stabilité sans traiter la question du Hezbollah que nous considérons comme un groupe terroriste depuis deux décennies, a lancé Rex Tillerson lors d’une conférence de presse conjointe avec Saad Hariri avant de s’envoler pour Ankara. Pour nous, il n’y a pas de différence entre ses branches militaire et politique. » Et d’insister: « L’armée libanaise est la seule qui défend le Liban et le peuple libanais doit s’inquiéter des comportements du Hezbollah. » « L’engagement du Hezbollah dans les conflits régionaux menace la sécurité du Liban et a des effets déstabilisateurs sur la région », a encore déclaré M. Tillerson. « Sa présence en Syrie a perpétué le bain de sang, augmenté le déplacement de populations innocentes et renforcé le régime barbare d’Assad », a-t-il précisé. Et de marteler : « Il est inacceptable pour une milice comme le Hezbollah d’opérer en dehors de l’autorité du gouvernement libanais qui doit se tenir à l’écart des conflits extérieurs. »

« Nous sommes satisfaits de la coopération militaire avec le Liban et ses forces armées qui ont fait face au groupe terroriste Daech (acronyme arabe du groupe État islamique) », a par ailleurs indiqué M. Tillerson, qui était accompagné du secrétaire d’État adjoint pour le Proche-Orient, David Satterfield, et de certains de ses collaborateurs: Christine Ciccone, les colonels Richard Outzan et John C. Walker, ainsi que de ses adjoints exécutifs Clinton Brown et Dereck Hogan.

Au sujet des tensions avec Israël, il a fait savoir que Washington était en contact avec les gouvernements libanais et israélien. « Le Liban a subi beaucoup de pressions et nous œuvrons afin que la frontière libanaise reste sûre », a-t-il fait savoir.

 « Les États-Unis sont un partenaire stratégique du Liban au niveau de la lutte antiterroriste et leur message est : “Nous sommes aux côtés du Liban et de ses institutions légales” », a de son côté souligné Saad Hariri. « J’ai insisté auprès de M. Tillerson sur le droit du Liban à exploiter les ressources naturelles et la frontière sud du pays est la plus calme au Moyen-Orient », a en outre affirmé le Premier ministre. « Le Liban veut aboutir à un cessez-le-feu permanent avec Israël », a encore insisté M. Hariri, rappelant que « le respect de la politique de distanciation » du Liban par rapport aux conflits régionaux « est une responsabilité collective ».


(Lire aussi : Face au secrétaire d’État, le Liban campe sur ses positions de principe, le décryptage de Scarlett Haddad)


L’appui des États-Unis aux conférences de Rome, de Paris et de Bruxelles
Le président Aoun avait, à Baabda, de son côté, évoqué avec le secrétaire d’État américain les dossiers de la lutte contre le blanchiment d’argent destiné à financer le terrorisme et celui des déplacés syriens. Il a réaffirmé que le Liban s’en tient strictement aux réglementations bancaires édictées en matière de blanchiment d’argent et a invité les États-Unis à agir de manière à assurer un retour « sûr et progressif » aux déplacés et à œuvrer en vue d’une solution politique du conflit syrien. Il avait plaidé le dossier d’un règlement juste et global de la crise régionale « qui abolirait la nécessité du recours aux armes et la remplacerait par celui du dialogue », non sans protester contre la réduction de l’aide américaine à l’Unrwa, qui est passée de 264 millions de dollars/an à 60 millions de dollars/an, uniquement destinés à la bande de Gaza, et dont le Liban ne profite plus. Toutefois, le chef de l’État a invité les États-Unis à participer activement aux conférences de Rome, de Bruxelles et de Paris, estimant que leur appui à ces processus sera « une garantie de succès ».



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gaby sioufi

ce qui a ete dit de serieux entre tillerson & les libanais ?
on ne l'a pas lu dans les medias.

Amère Ri(s)que et péril.

Ça dépend de qui se sent menacé .

La présence disrael est aussi une menace.
Vous pouvez me poser la même question tillersoon.

Yves Prevost

En ce qui concerne le Hezbollah, Tillerson n'a fait que prononcer des évidences. L'article ne dit pas quelle a été la réaction libanaise.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES CONSEILS DE TILLERSON DEVRAIENT TROUVER ECHO CHEZ NOS RESPONSABLES POUR SORTIR LE PAYS DE L,AXE INFERNAL !

Amère Ri(s)que et péril.

Il vient porter la voix de ses maîtres, mais j'ai bien aimé la réponse de notre PM sauvé des griffes des larbins américains sous influence néfaste de lusurpie.

Comme pour lui signifier que la " menace " dont il parle, ça dépend pour qui.

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