Une partie d'un immeuble s'effondre à Tripoli le 22 juin 2026. Photo envoyée par Michel Hallak / L'OLJ
Un ancien immeuble de Tripoli s'est partiellement effondré lundi, blessant le conducteur d'une pelleteuse alors qu'il déblayait les débris et les gravats sur le site d'un bâtiment qui s'était effondré précédemment, rapporte notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak.
L'incident s'est produit rue de Syrie, dans le quartier populaire de Bab el-Tebbané à Tripoli, chef-lieu du Liban-nord.
Les environs de l'édifice ont été évacués à la suite de l'effondrement du bâtiment, et les forces de sécurité ont été dépêchées sur les lieux. Dans le même temps, les secouristes ont prodigué les premiers soins à l'homme blessé, qui a subi diverses blessures et contusions, avant de le transporter vers un hôpital de la ville pour y être soigné. Selon notre correspondant, un climat de prudence et de vigilance régnait dans les environs, par crainte de nouveaux effondrements.
Le 8 février, un immeuble s'était effondré dans le quartier de Bab el-Tebbané à Tripoli, faisant 13 morts, dont un enfant de trois ans, et huit blessés, un peu plus d'une semaine après un autre effondrement dans la même ville qui avait coûté la vie à un père et à sa fille.
À la suite de plusieurs effondrements durant l'hiver dernier, le gouvernement de Nawaf Salam avait ordonné l’évacuation, dans un délai d’un mois, de 114 bâtiments jugés dangereux, tout en prenant en charge les frais de logement des habitants concernés. Jusqu'à présent, les habitants évacués vivent toujours dans des centres d'hébergement ou chez des proches, tandis que d'autres personnes concernées par des avis d'évacuation refusent toujours de quitter leur logement, selon la présidente de la Ligue libanaise des bâtiments, Andira al-Zouhairi, contactée par L'Orient-Le Jour. Le dossier des bâtiments à risque dans la grande ville du Nord reste à l'ordre du jour, souligne-t-elle, mais les interventions concrètes sont restées limitées au cours des derniers mois, « en raison des conditions sécuritaires et financières, ainsi que de l’insuffisance des fonds alloués aux travaux de consolidation et aux opérations d’évacuation », dans le contexte de la guerre entre le Hezbollah et Israël déclenchée le 2 mars. « Les inspections des bâtiments se sont poursuivies à des degrés divers, mais le traitement global des immeubles dangereux n’a pas encore été achevé », a-t-elle précisé. Selon Mme Zouhairi, environ 4 000 bâtiments dans le nord du Liban présentent un risque d’effondrement, et ce chiffre ne fait qu'augmenter avec le temps.


