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Sport - Jeux Olympiques D’Hiver 2018

Shiffrin au rendez-vous, la Norvège aussi... enfin !

L’Américaine remporte le slalom géant, tandis que Svindal et Jansrud s’offrent le doublé (respectivement or et argent) en descente.

En patinage artistique, c’est un symbole de la mondialisation qui s’est imposé en couples, avec les médaillés d’or allemands Aljona Savchenko et Bruno Massot. Elle est d’origine ukrainienne, lui est d’origine française. Mladen Antonov/AFP

D’un bout à l’autre de l’échelle du temps : la prodige américaine Mikaela Shiffrin, sacrée en slalom géant, et le Norvégien Aksel Lund Svindal, qui a enfin offert à la Norvège le titre suprême en descente masculine, ont marqué l’histoire, hier, aux Jeux olympiques d’hiver.

Invasion viking et mondialisation

Le ciel bleu, qui a enfin daigné élire domicile au-dessus de Pyeongchang, a permis aux organisateurs de souffler un peu, après des jours de vents violents et de reports. L’attente, le chronomètre, les secondes qui s’égrènent, et les centièmes finalement qui font toute la différence. À 22 ans, Shiffrin maîtrise déjà parfaitement tout cela. Il ne fallait pas manquer le début pour accrocher le sillage de Mikaela Schiffrin, en embuscade derrière la skieuse italienne Manuela Moelgg après la 1re manche (20 centièmes de retard). L’Américaine a encore accéléré dans la 2e manche pour décrocher le 2e titre olympique de sa carrière. Shiffrin avait déjà écrit l’histoire en 2014, aux JO d’hiver de Sotchi, en devenant la plus jeune championne olympique de slalom. La jeune femme possède donc l’état de forme qui peut lui permettre d’atteindre son faramineux objectif de quatre à cinq médailles en Corée du Sud.

À l’autre bout de l’échiquier du temps, Aksel Lund Svindal a croqué le chronomètre pour enfin offrir aux « Attacking Vikings », la Norvège, le titre olympique de descente. À 35 ans, Svindal est devenu par la même occasion le plus vieux champion olympique de l’histoire du ski alpin. Mieux encore pour les Norvégiens, son compatriote Kjetil Jansrud a pris l’argent, à 12 centièmes, juste devant l’autre favori, le skieur suisse Beat Feuz, médaillé de bronze à 18 centièmes. « C’est une grande émotion. Je n’arrive pas à y croire, faire mieux que Kjetil Aamodt (2e en 1994) et Lasse Kjus (2e en 1998 et 2002). C’est aussi un jour particulier avec ce doublé », s’est réjoui Svindal, deuxième de la descente olympique en 2010 à Vancouver. « Perdre contre ces deux Norvégiens n’a rien d’infamant pour moi. Ils s’imposent un peu partout depuis des années », a réagi Beat Feuz.

Le duo norvégien a signé le cinquième doublé national dans une descente olympique depuis l’introduction de la discipline aux Jeux de 1948 à Saint-Moritz, en Suisse. En 1968, Jean-Claude Killy et Guy Perillat avaient réussi le doublé à domicile, à Grenoble, puis, en 1972, Bernhard Russi, architecte des pistes olympiques depuis 1980, et Roland Collombin avaient fait un et deux pour la Suisse. En 1980, l’Autriche avait empoché l’or et l’argent avec Leonhard Stock et Peter Winsberger. La Suisse avait encore fait mouche en 1988 à Calgary, Pirmin Zurbriggen décrochant l’or et Peter Müller l’argent.

En patinage artistique, c’est un symbole de la mondialisation qui s’est imposé en couples, avec les médaillés d’or allemands Aljona Savchenko et Bruno Massot. Elle est d’origine ukrainienne, lui est d’origine française. L’issue est heureuse pour ce couple formé en 2014, après des mois de controverses et un bras de fer terrible pendant plus d’un an et demi entre les fédérations française et allemande au sujet de Massot.

Pas de souci de passeport en revanche pour Pierre Vaultier. Le Français, sacré à Sotchi, a de nouveau triomphé en snowboardcross pour faire son entrée dans la confrérie des doubles champions olympiques. Dans cette même discipline, Jarryd Hughes a empoché l’argent pour l’Australie, tandis que Regino Hernandez prenait le bronze, glanant ainsi la première médaille olympique aux JO d’hiver pour l’Espagne depuis 26 ans. Il s’en est même fallu de peu qu’Hernandez décroche l’argent, battu d’un cheveu (11/100es de seconde) par Hughes. Jusqu’à présent, l’Espagne n’avait remporté que deux médailles aux JO d’hiver. La première par Francisco Fernandez Ochoa, sacré sur le slalom à Sapporo en 1972, et la seconde par... sa petite sœur, Blanca Fernandez Ochoa, médaillée de bronze en slalom à Albertville en 1992.

La sensation Oeberg, Fourcade enrage 

En ski de fond, la Norvégienne Ragnhild Haga a remporté la médaille d’or sur 10 km libre, battant la Suédoise Charlotte Kalla (argent), alors que la légende norvégienne Marit Bjoergen partageait la médaille de bronze avec la Finlandaise Krista Parmakoski. C’est le premier titre olympique pour Haga, qui a fêté ses 27 ans lundi.

En biathlon, à la surprise générale, la Suédoise Hanna Oeberg, sans aucune victoire en Coupe du monde au compteur, a été sacrée championne olympique de l’individuel dames. À 22 ans, Oeberg (58e au classement général de la Coupe du monde) a causé une énorme sensation, se payant le luxe de dominer des cadors comme la Slovaque Anastasia Kuzmina, médaillée d’argent pour la seconde fois après sa deuxième place sur la poursuite lundi, et surtout l’Allemande Laura Dahlmeier, victorieuse du sprint et de la poursuite mais qui a dû se contenter du bronze. « Je me suis impressionnée moi-même et je suis très surprise. Je n’y aurais jamais cru avant, et gagner cette course est juste incroyable », a déclaré la Suédoise, qui n’évolue que depuis un an et demi sur le circuit.

Toujours en biathlon, chez les hommes, le Norvégien Johannes Boe a remporté l’épreuve de l’individuel, son premier titre olympique, alors que le grand favori français Martin Fourcade n’a pu faire mieux que 5e. Boe, principal rival de Fourcade cette saison, a devancé le Slovène Jakov Fak, 2e à 5 sec 5/10es, et l’Autrichien Dominik Landertinger, en bronze à 14 secondes. Fourcade, en tête des classements intermédiaires, a perdu toute chance de victoire en commettant deux fautes sur ses deux derniers tirs. Le Français a laissé ainsi passer l’occasion de devenir, seul, le Français le plus titré de l’histoire des JO d’hiver, lui qui avait rejoint lundi Jean-Claude Killy avec une 3e médaille d’or, avec son sacre en poursuite. En tête tout au long de la course, Fourcade peut donc enrager : « C’est beaucoup de colère ce soir, a-t-il lâché. C’est de la colère contre moi-même parce que j’ai été très nul sur ces deux dernières balles. Il ne se passe rien, il n’y a pas de réaction. Aujourd’hui, il m’a manqué de la force. »

Il reste encore à Fourcade trois occasions de convertir ses efforts en or et de dépasser Killy. Dès dimanche, sa meilleure chance, avec la mass start. Puis ensuite avec les deux relais : le mixte, mardi prochain, puis le masculin, le vendredi suivant.

Source : AFP

D’un bout à l’autre de l’échelle du temps : la prodige américaine Mikaela Shiffrin, sacrée en slalom géant, et le Norvégien Aksel Lund Svindal, qui a enfin offert à la Norvège le titre suprême en descente masculine, ont marqué l’histoire, hier, aux Jeux olympiques d’hiver.

Invasion viking et mondialisation
Le ciel bleu, qui a enfin daigné élire domicile au-dessus de Pyeongchang, a permis aux organisateurs de souffler un peu, après des jours de vents violents et de reports. L’attente, le chronomètre, les secondes qui s’égrènent, et les centièmes finalement qui font toute la différence. À 22 ans, Shiffrin maîtrise déjà parfaitement tout cela. Il ne fallait pas manquer le début pour accrocher le sillage de Mikaela Schiffrin, en embuscade derrière la skieuse italienne Manuela Moelgg après la...
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