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Liban

Tillerson donne le ton de ses discussions demain à Beyrouth

Diplomatie

L’Iran est un facteur d’instabilité pour le Liban, la Syrie, le Yémen et l’Irak, déclare le secrétaire d’État américain.

14/02/2018

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, est attendu demain jeudi à Beyrouth, pour des entretiens qui dépassent de toute évidence le simple cadre diplomatique traditionnel.

De sources diplomatiques libanaises, on indique que Beyrouth et Washington n’ont pas établi un ordre du jour commun des discussions. Le chef de la diplomatie américaine a cependant donné le ton de ses discussions à Beyrouth, lorsqu’il a sans ambages appelé hier l’Iran à « retirer ses forces du Liban, de la Syrie, de l’Irak et du Yémen », dans un entretien exclusif accordé à la chaîne télévisée arabophone basée aux États-Unis, al-Horra. Il n’y est pas allé de main morte non plus face au danger que fait peser, selon lui, l’influence iranienne (exercée à travers le Hezbollah) sur la stabilité du pays. « La présence iranienne dans ces pays est un facteur d’instabilité », a insisté Rex Tillerson, qui a par la suite assuré que son administration continuera de « jouer un rôle efficace afin de renforcer un gouvernement indépendant au Liban ». Pas un mot cependant sur le Hezbollah durant cet entretien à al-Horra, mais la question des armes de ce parti, ou encore les sanctions américaines contre la formation chiite, tout comme les dossiers de l’Iran et des prochaines législatives devraient être abordés à Beyrouth par le secrétaire d’État, qui doit venir de Jordanie, troisième étape de sa tournée régionale qui l’a déjà mené en Égypte et au Koweït, et qui doit le conduire, après le Liban, en Turquie.

Au Liban, Rex Tillerson doit s’entretenir avec les présidents de la République, Michel Aoun, de la Chambre, Nabih Berry, et du Conseil, Saad Hariri. Il tiendra à 13h une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre. En tout, il ne passera pas plus de huit heures dans la capitale libanaise avant de s’envoler pour Ankara.


(Lire aussi : Macron veut "mettre l'Iran sous surveillance en matière de balistique")


Selon les mêmes sources, le chef de la diplomatie américaine doit aussi expliquer à ses interlocuteurs libanais les raisons pour lesquelles le président Donald Trump avait décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Des questions d’intérêt commun doivent également être soulevées, comme la lutte contre le terrorisme. Dans ce contexte, il convient de rappeler que Rex Tillerson avait appelé hier à Koweït la coalition internationale contre le groupe État islamique (EI) à ne pas baisser la garde devant la menace jihadiste, malgré les succès militaires en Irak et en Syrie. Il tenait ces propos durant la réunion ministérielle de la coalition antijihadistes, à laquelle le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, a également participé.

Le conflit frontalier entre le Liban et Israël sera également au menu des discussions, les dirigeants libanais étant déterminés à défendre devant leur hôte la souveraineté territoriale libanaise sur le bloc 9 dans la zone économique exclusive libanaise en Méditerranée, ainsi que sur le mur qu’Israël est en train de construire à la frontière sud. Ils comptent en outre exprimer de nouveau leurs réserves sur la formule de compromis proposée il y a quelques jours par l’émissaire du département d’État, David Satterfield, au sujet du bloc 9, à savoir que la compagnie chargée de l’exploration des hydrocarbures offshore verse au Liban les deux tiers de ses ventes et le tiers à Israël, en attendant que le conflit frontalier soit réglé. Les trois pôles du pouvoir ont l’intention d’insister devant leur hôte sur le fait que le Liban n’a pas l’intention de renoncer à son droit, mais qu’il reste attaché à une solution pacifique. Dans le même temps, ils souligneront l’importance qu’ils accordent à la médiation américaine, notamment pour convaincre Tel-Aviv à renoncer à construire le mur en ciment transgressant les treize points que conteste le Liban sur la ligne bleue.

Dans ce contexte, il convient de préciser que la commission militaire tripartite (armée-Finul-armée israélienne) s’était de nouveau réunie lundi matin à Naqoura, pour discuter de la question du mur. Le représentant du Liban s’est de nouveau opposé au projet israélien, avant que le tracé de la frontière ne soit réglé.


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gaby sioufi

IL FAUT PRETER OREILLE AU DISCOURS DU PRESIDENT FRANCAIS ,
PRESQUE IDENTIQUE A CELUI AMERICAIN - SINON ENCORE + RADICAL -
plutot que de prendre la visite de Tillerson a la legere !

Irene Said

"...il ne passera pas plus de 8 heures dans la capitale libanaise..."
On fera preuve de patience durant ces huit heures, on écoutera poliment ses discours, sachant que ce ne sont que des paroles...paroles...paroles.
Ce Tillerson est comme son hurluberlu de président Trump, il n'a aucune réelle connaissance des réalités de Proche et Moyen Orient.
Irène Saïd

Tabet Karim

Les brebis vont écouter sagement ce qu'il va leur dire et ca s'arrêtera la.
Un jour laquais, toujours laquais.....

LA TABLE RONDE

Il a oublié d'ajouter, la Turquie la Corée du Nord et là tout récemment la Corée du Sud qu'il accuse d'avoir profiter des usa et qu'ils devraient les mettre à l'amende , tout comme la Chine par ailleurs.

Si on résume le tout , dites nous tillerson envoyé spécial du clown déséquilibré mental , qui trouve grâce à vos yeux??
A part israel et les bensaouds qui n'arrêtent pas de payer .

Lol.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AVEC L,AMI ON PAVOISE POUR CELEBRER LES DOUCEURS ! AVEC L,ENNEMI ON DISCUTE POUR EVITER LES AIGREURS !

Gros Gnon

Le plus grand facteur d’instabilité de toute la région est la politique moyen-orientale des USA, complètement désiquilibrée en faveur d’une seule partie, et ceci dans le mépris total du droit international, le tout enrobé de "lutte contre le terrorisme" et du "droit à se défendre".

Eh bien moi aussi j’ai droit à me défendre. Même contre le terrorisme d’état...

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