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La Dernière

Alexander McQueen et les peintures de Cy Twombly

La Mode

Il y a huit ans, un 11 février, se suicidait Alexander McQueen, véritable enfant terrible de la mode, immense artisan doublé d’un poète et dont chaque collection était une révolution. Fidèle à son esprit comme à son exigence, Sarah Burton, qui le remplace à la tête de la création de son label éponyme, livre pour l’hiver prochain une collection inspirée de l’œuvre de l’artiste Cy Twombly.

14/02/2018

Infiniment séduisante, la collection Alexander McQueen de l’automne-hiver 2018-2019 se décline en quatre thèmes majeurs, tous inspirés de l’œuvre du peintre américain Cy Twombly reconnaissable, dans sa dernière période et par-delà sa dimension intellectuelle et révolutionnaire, à sa palette d’une extraordinaire richesse et ses fleurs immenses accompagnées de poèmes raturés. Entre denim, jacquard, déstructuration et corsets, Sarah Burton livre sous la griffe Alexander McQueen l’une des collections les plus fidèles à l’identité de la maison tout en étant joliment marquée par l’interprétation très personnelle qu’elle en faite.

Denim et surpiqûres
Dans le tissu le plus populaire et le plus brut qui soit, la créatrice a taillé une veste à basques peplum en trompe-l’œil où le denim foncé brut est orné de broderies florales multicolores. La nature utilitaire du tissu contraste avec la féminité des ornements appliqués à la main. La veste présente des surpiqûres blanches contrastées, clin d’œil aux années 50 qui dominent également l’inspiration de la collection, ainsi que des bordures effilochées sur le col, donnant l’impression que le vêtement a vécu, qu’il a été porté et chéri avant de parvenir à sa propriétaire. Cette veste se présente aussi dans une version délavée ainsi qu’en denim noir, avec les mêmes surpiqûres blanches et un zip métallique à la taille fixé aux coutures latérales. À porter avec le nouveau sac en forme de boîte à trésor, Alexander McQueen Box, orné d’une sangle en chaîne tressée et de pétales en écaille de soie.

Des fils de mousseline rouge
Le tweed ou jacquard de cette nouvelle collection s’inspire des peintures florales de l’artiste Cy Twombly. Composé de fils de mousseline rouge, vermillon et rose pétale, mélangé à des fils de laine bouclée et des fils de soie, ce tissu a été réalisé spécialement pour la maison Alexander McQueen en Italie, sur d’anciens métiers à tisser. Le tweed est coupé après le tissage de manière à garder des bords bruts. Il est ensuite effiloché à la main. Les détails couture rappellent la technique de déconstruction des années 50, comme on le voit dans une robe corset dont l’architecture du bustier résulte d’un retrait des baleines et du maintien de bretelles en gros-grain dotées d’ajusteurs de sangles métalliques.

La robe de soirée
Le soir, la femme Alexander McQueen semble évadée d’un jardin de roses. Les roses sauvages dans des tons luxuriants sont formées à partir de pétales d’organza de soie pressée, teints en ombré, accompagnés de tiges et de feuilles de satin. Elles ont pour modèle les roses trémières de Kew Gardens, mais aussi les fleurs des herbiers, la beauté de la nature et ses vertus thérapeutiques. La plus féminine des fleurs, symbole de l’amour, est l’objet de broderies aussi délicates que flamboyantes. Chaque pétale est réalisé séparément, à la main. Chacun est ensuite cousu sur une base de tulle découpé en patch avant d’être appliqué sur le vêtement, en l’occurrence un haut noir asymétrique, légèrement corseté, à porter sur le pantalon signature de la maison et des sandales en satin de soie ornées de brides rebrodées de cristaux. Les robes corsets sans bretelles brodées main de dentelles florales rappellent la lingerie ultraféminine des années 1950. La jupe de danseuse est réalisée à partir d’une superposition de dentelles ajustées en corolle et assortie d’une ceinture en gros-grain d’organza de soie effilochée. On peut jeter sur l’ensemble une veste de smoking aux épaules larges qui rappelle les débuts d’Alexander McQueen chez les grands faiseurs de Savile Row et souligne d’un joli contraste la délicatesse de la robe.

L’esprit lingerie dès cet été
Toujours dans l’inspiration des années 50 où le corset est un symbole de féminité après les longues années de guerre où il a été abandonné, les robes bustier en trompe-l’œil de la nouvelle collection printemps-été 2018 qui préfigure celle de l’hiver prochain sont ornées de jacquard en brocart de soie tissé ton sur ton rouge et rose pétale. Entièrement façonnées, les lignes de couture visibles sont en fait intégrées au tissage. Ce trompe-l’œil fait écho au style corset qui domine cette nouvelle ligne. Les robes sont terminées par un ruban délicat, tricoté main (opération qui nécessite une heure de travail pour deux mètres de ruban), brodé verticalement dans une nuance contrastée.
Du très beau Alexander McQueen où se conjuguent, sous le dé de l’alter ego du créateur, un savoir-faire inégalé et une culture artistique jamais en panne d’inspiration.


Pour mémoire

Jack O’Connell dans le rôle d’Alexander McQueen

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