Chuck Schumer a énuméré les milliards supplémentaires pour la lutte contre les opiacés, la santé des enfants et les investissements dans les infrastructures. Joshua Roberts/ Reuters
La majorité républicaine et l’opposition démocrate du Sénat américain ont scellé hier un accord budgétaire à long terme, qui vise à écarter le risque d’une paralysie fédérale ce soir. Mais les parlementaires ont remis à plus tard la question épineuse de la régularisation des clandestins. Le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, et son homologue démocrate, Chuck Schumer, ont annoncé s’être mis d’accord sur les montants des budgets 2018 et 2019, mettant fin au rythme de financements à court terme qui était devenus la norme et empêchaient le Congrès de modifier en profondeur les priorités budgétaires des États-Unis. « Personne ne dira que c’est un accord parfait, mais nous avons tout fait pour trouver un terrain d’entente », a déclaré Mitch McConnell dans l’hémicycle. Mais cet accord doit encore être adopté par un vote des sénateurs, puis par la Chambre des représentants, où il n’est pas assuré que les conservateurs, d’un côté, et une partie des démocrates fervents partisans d’une réforme migratoire, de l’autre, l’approuvent. Chuck Schumer estime avoir obtenu une victoire importante. Le compromis prévoit en effet une hausse des dépenses non militaires comparable à celle du budget du Pentagone. Éducation, santé et autres dépenses intérieures s’affranchiront de l’austérité imposée par les républicains au début des années Obama, tout comme la défense, priorité absolue du nouveau pouvoir.
Débat migratoire à venir
« Maintenant, il faut finir le boulot », a ajouté Chuck Schumer. Le plus pressant est d’éviter une fermeture partielle des administrations en finançant l’État fédéral avant ce soir à minuit. Pour y parvenir, le Congrès veut voter six semaines de crédits supplémentaires, jusqu’au 23 mars, afin de donner du temps aux élus pour transcrire l’accord budgétaire en proposition de loi. Mais les conservateurs de la Chambre protestent déjà contre la hausse importante des dépenses publiques annoncée. Et, toujours à la Chambre, la chef démocrate Nancy Pelosi a prévenu qu’elle voterait non si un débat sur l’immigration n’était pas mis à l’ordre du jour. Les deux dossiers – budget et immigration – ont longtemps été liés par les démocrates, qui avaient menacé de mettre l’État fédéral à genoux si des centaines de milliers de jeunes sans-papiers n’étaient pas régularisés illico. Ces jeunes, appelés « Dreamers » (rêveurs), étaient protégés de toute expulsion par le programme Daca, créé par l’ancien président Barack Obama. À partir du 5 mars, le gouvernement a prévenu qu’il ne renouvellerait plus les permis arrivant à expiration. Cette date-butoir a toutefois été remise en cause par la décision d’un juge fédéral de San Francisco, qui a ordonné à l’administration de continuer à renouveler les permis Daca. Mais les deux dossiers ont finalement été séparés. Pour l’instant, le débat sur l’immigration est seulement prévu au Sénat. Mitch McConnell a promis de permettre à chaque faction de soumettre ses propositions à un vote. Rien n’indique qu’une loi accouchera de ce processus ouvert.
Source : AFP

