Sit-in du syndicat des transporteurs aériens libanais en soutien au président du Parlement, Nabih Berry, le 31 janvier 2018 à Beyrouth. Photo Ani
Le syndicat des transporteurs aériens libanais a tenu mercredi un sit-in devant le bâtiment des douanes à l'aéroport international de Beyrouth pour exprimer son soutien au chef du Législatif, Nabih Berry, dans sa dispute avec le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et menacé de recourir à la "désobéissance civile" si l'affaire s'envenime.
"Nous exprimons notre solidarité avec le président Berry et condamnons les atteintes à son égard", affirme dans un communiqué le syndicat, qui annonce que "si la situation s'envenime, nous proclamerons la désobéissance civile à l'aéroport de Beyrouth jusqu'au départ du ministre qui cherche la sédition".Un peu plus tôt, une centaine de jeunes partisans du mouvement Amal, dirigé par M. Berry, s'étaient brièvement rassemblés sur l'autoroute menant à l'aéroport de Beyrouth, agitant des drapeaux de la formation chiite.
Des militants d'Amal manifestent dans la rue pour le troisième jour consécutif afin d'exprimer leur colère contre le ministre des Affaires étrangères et chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, qui avait traité M. Berry de "voyou" dans un enregistrement vidéo ayant fuité lundi. Ce jour-là, ainsi que mardi, plusieurs partisans d'Amal ont brûlé des pneus dans différentes zones de la capitale et ses banlieues.
Le CPL et M. Berry s'opposent sur de nombreuses questions politiques, notamment le décret d'avancement de la promotion militaire de 1994. Cette polémique envenime les relations entre le chef de l’État, Michel Aoun (fondateur du CPL), et le président du Parlement depuis des mois. Et depuis quelques jours, une nouvelle crise oppose les deux formations autour du congrès de la "Lebanese Diaspora Energy" organisé par le ministère des Affaires étrangères et prévu les 2 et 3 février prochain. Selon plusieurs sources concordantes, une grande majorité des participants chiites vont probablement boycotter ce rassemblement, "sur directives" de M. Berry.
Ce nouvel épisode dans les relations tumultueuses entre M. Berry et le chef du CPL est à mettre sur le compte de la tension croissante qui se manifeste en amont des législatives, prévues en mai prochain. Les deux hommes étaient déjà à couteaux tirés à cause notamment du refus de M. Berry d’avaliser la proposition de M. Bassil d'accorder un délai supplémentaire pour l’inscription des électeurs libanais résidant à l’étranger.


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