Une conférence contre l’impunité de l’utilisation d’armes chimiques était organisée hier à Paris. Jacques Demarthon/AFP
Vingt-quatre pays ont lancé, hier à Paris, une initiative contre les attaques chimiques en Syrie, dont le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, a accusé la Russie de porter la responsabilité.
« Encore hier, plus de vingt civils, enfants pour la plupart, ont été victimes d’une attaque présumée au chlore », a déclaré M. Tillerson lors d’une conférence de lancement de ce partenariat international, voulu par la France, pour riposter au récent veto russe à l’ONU sur cette question. « Quel que soit l’auteur des attaques, la Russie », en tant qu’allié du régime de Bachar el-Assad, « porte, en dernier ressort, la responsabilité pour les victimes de la Ghouta orientale », a-t-il lancé, en rappelant que Moscou avait signé un accord avec Washington, en 2013, sur le démantèlement de l’arsenal chimique syrien. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a, lui, prévenu « les criminels qui ont pris la responsabilité d’utiliser et de concevoir ces armes barbares » qu’il n’y aurait « pas d’impunité ».
La conférence a été suivie, en fin de journée à Paris, par une réunion à huis clos sur la Syrie, à l’initiative de MM. Tillerson et Le Drian. Leur homologue britannique Boris Johnson ainsi que plusieurs ministres européens et du Moyen-Orient y ont également participé. Il s’agissait, selon un communiqué du Foreign Office britannique, de voir « comment progresser le mieux vers une solution politique au conflit et soutenir les efforts de l’émissaire de l’ONU pour la Syrie ». Paris et Washington ont toutefois relativisé les attentes avant cette réunion, alors que le président français Emmanuel Macron plaide depuis des mois pour la création d’un groupe de contact sur la Syrie, réunissant les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et des pays de la région.
Concrètement, lors de la conférence contre l’impunité de l’utilisation d’armes chimiques, 24 pays se sont engagés à partager des informations et à établir des listes de personnes impliquées dans leur utilisation en Syrie, mais aussi ailleurs dans le monde. Cette initiative intervient après un double veto russe au renouvellement du mandat d’experts internationaux sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie. « Chlore, sarin, gaz moutarde, VX : ces noms de mort sont revenus sur le devant de la scène internationale et avec eux les images terribles des victimes de ces armes de terreur », a énuméré M. Le Drian. « La situation actuelle ne peut plus durer », a-t-il martelé, déplorant l’impossibilité « de bâtir un consensus international condamnant la Syrie au Conseil de sécurité et à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ».
Au moins 130 attaques chimiques ont été perpétrées en Syrie entre 2012 et 2017, selon une évaluation française. Les enquêteurs de l’ONU et de l’OIAC ont conclu à la responsabilité du régime syrien dans quatre d’entre elles. La Russie, qui soutient militairement M. Assad, accuse de son côté les enquêteurs de partialité. Le groupe jihadiste État islamique est aussi soupçonné d’avoir utilisé du gaz moutarde en Syrie et en Irak.
Source : AFP


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