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Moyen Orient et Monde

Encensé à Jérusalem, Pence enfonce le clou

Conflit

Le vice-président américain a promis que l’ambassade US serait transférée avant la fin de l’année prochaine.


23/01/2018

L’annonce de Mike Pence a été une véritable surprise. Reçu à Jérusalem pour une visite de 48 heures, dans le cadre d’une tournée régionale, le vice-président américain a promis, lors d’un discours au Parlement israélien, que le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem aurait lieu avant la fin de l’année prochaine, sans plus de détails. Évangéliste notoire, Mike Pence a chanté les louanges du « miracle » israélien, tout en parsemant son allocution d’allusions bibliques, mais sans une seule fois faire allusion à l’occupation ou à la colonisation israélienne. Il a également réitéré la volonté des États-Unis d’aboutir à un accord entre Israéliens et Palestiniens, les « pressant fortement » à revenir à la table des négociations, « à condition que les deux parties en soient d’accord ». Un peu plus tôt, il s’était dit honoré d’être « dans la capitale d’Israël, Jérusalem ». Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lui avait alors répondu : « C’est la première fois que je me trouve ici dans la situation où deux dirigeants peuvent dire ces trois mots : Jérusalem, capitale d’Israël. »

Le discours du vice-président a été chaleureusement accueilli par les Israéliens. Interrompu par une douzaine de députés arabes israéliens, qui ont brandi des tracts proclamant Jérusalem capitale de la Palestine avant d’être expulsés hors de la Knesset, il a été vivement critiqué par l’Autorité palestinienne qui a dénoncé un « discours messianique », un « cadeau fait aux extrémistes ». Aucun dirigeant palestinien n’a d’ailleurs accepté de rencontrer le vice-président américain, snobé depuis la reconnaissance le 6 décembre par le président Donald Trump de Jérusalem comme « capitale d’Israël ».


(Lire aussi : Pence à Jérusalem : accueilli à bras ouverts par les Israéliens, dédaigné par les Palestiniens)


Évangélistes US
Le transfert de l’ambassade américaine devait pourtant prendre « trois ou quatre ans » au moins, selon les premières estimations faites par l’administration Trump, notamment le secrétaire d’État américain Rex Tillerson. Il avait évoqué d’énormes mesures sécuritaires à prendre dans un contexte de risques élevés d’attentats. L’administration américaine doit, entre autres, choisir entre construire un nouveau bâtiment ou emménager dans des locaux déjà existants, du moins temporairement. Cette dernière option pourrait donc accélérer le processus. L’annonce de Pence, inattendue et pour l’instant difficile à comprendre, devrait jeter de l’huile sur le feu, qu’il puisse tenir cette promesse ou pas.

« Si les choses sont entérinées politiquement, cela peut aller très rapidement. C’est une décision en dépit du bon sens, davantage due à une vision divine, évangélique, qu’à une véritable décision stratégique, politique », explique à L’Orient-Le Jour Sébastien Boussois, chercheur en sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles (ULB).
Le facteur religieux est crucial pour la présidence de Donald Trump, dont le socle électoral en est majoritairement issu. L’annonce de Mike Pence pourrait donc avoir pour objectif premier de satisfaire cet électorat, dans un contexte de politique intérieure tourmentée, entre « shut down » administratif et enquêtes fédérales pour collusion avec la Russie en pleine campagne électorale. À plusieurs reprises, certains détracteurs du président américain ont appelé à sa destitution mais ses soutiens sont nombreux, rappelle M. Boussois. « Tant que l’électorat évangélique sera derrière Donald Trump, je ne suis pas sûr qu’on arrive à le faire sauter », avance-t-il.


(Lire aussi : Jérusalem, « cause des causes » du monde arabo-musulman)


Pour l’instant, les deux camps s’éloignent drastiquement d’un retour à la table des négociations. Nombreux sont ceux qui considèrent aujourd’hui que les États-Unis contribuent à une détérioration de la situation et ne sont plus un médiateur légitime. De l’annonce sur le statut de Jérusalem et le transfert de l’ambassade américaine, au gel des aides financières de Washington à l’ONU pour soulager une situation humanitaire dramatique pour les Palestiniens, un an de présidence Trump a largement contribué à faire empirer un contexte déjà particulièrement pénible. « À partir du moment où, d’une part, ils ont toujours soutenu Israël, y compris dans son non-respect des résolutions internationales et du droit international en général depuis puis de 70 ans et, d’autre part, depuis l’échec des négociations de Camp David en 1999/2000, les États-Unis ne sont pas des médiateurs neutres et objectifs depuis près de trois décennies. Mais il faut s’interroger aussi sur l’incapacité de l’Autorité palestinienne et de Mahmoud Abbas », rappelle M. Boussois. En attendant, juge le chercheur, la région n’est pas à l’abri d’un embrasement généralisé, initié par les coups de boutoir de Donald Trump, qui « cherche à enterrer définitivement la période Obama », soutenu par le lobby évangélico-chrétien et sioniste-chrétien.



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JE CROIS MISTER... PENCE... JE LE CROYAIS UNE STERLING AVANT... QUE LE CLOU EST ENFONCÉ CHEZ VOUS A LA MAISON... ATTENDONS VOIR MUELLER !

RE-MARK-ABLE

On l'encense et il enfonce , est ce pence pense ?

Peut être que ça n'a rien à voir, mais bizarre que quand il fait sa déclaration sur Jérusalem , le shut-down est levé !

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