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Moyen Orient et Monde

L’unité rebelle, enjeu décisif de la bataille d’Idleb

Syrie

Joulani a appelé hier les combattants insurgés à « resserrer les rangs ».

18/01/2018

Depuis le lancement de son opération fin décembre dans le sud-est de la province d’Idleb, le régime syrien est confronté à une farouche résistance de la part des rebelles sur le terrain. Cette région est largement dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, anciennement Front al-Nosra, ex-branche d’el-Qaëda), dont le chef, Abou Mohammad al-Joulani, a exprimé mardi dans un enregistrement audio sa volonté que les combattants rebelles de toutes les factions « resserrent les rangs » face à l’avancée des forces du régime. « Nous sommes prêts à nous réconcilier avec tout le monde et à tourner une nouvelle page à travers une réconciliation globale.
Occupons-nous de nos ennemis plus que de nous-mêmes et de nos désaccords », a-t-il ajouté. Il s’agit du premier enregistrement audio du leader jihadiste depuis que la Russie a affirmé en octobre 2017 avoir effectué une frappe aérienne suite à laquelle il se trouverait « dans le coma ».

Le chef islamiste cherche à réunir les rebelles, éparpillés en de multiples groupes aux idéologies parfois antagonistes, et qui se sont affrontés entre eux à plusieurs reprises. « Il y a des dizaines de milliers de combattants dans la région d’Idleb et ils appartiennent à plusieurs formations », note pour L’Orient-Le Jour Ziyad Majed, politologue et professeur à l’Université américaine de Paris. Les rebelles peuvent être divisés en trois groupes à Idleb. Un groupe jihadiste, dirigé par Tahrir al-Cham, un autre islamiste, noyauté par Ahrar al-Cham, et enfin un dernier qui rassemble l’Armée syrienne libre (ASL).


(Lire aussi : Joulani appelle les rebelles à "resserrer les rangs" face au régime syrien)


Plus rivales que partenaires, les trois alliances ne coordonnent pas pour l’instant leurs offensives. Les groupes minoritaires craignent notamment que Tahrir al-Cham n’impose sa domination sur toute la province. Soutenues par les Turcs, certaines factions de l’opposition s’abstiennent de se battre aux côtés de Tahrir al-Cham en raison de l’accord de « désescalade » décidé par les parrains internationaux des belligérants (Moscou, Ankara, Téhéran), qui concerne notamment la province d’Idleb.

Du côté des forces prorégime, l’alliance est une nouvelle fois hétéroclite, à l’instar de ce qu’elle avait été lors de la bataille d’Alep en 2016. En plus de l’aviation russe qui épaule les forces de Bachar el-Assad, l’armée syrienne peut compter sur l’arrivée en renfort de milices supplétives dans lesquelles on retrouve des combattants irakiens, afghans et des membres du Hezbollah. « Le régime n’a pas trop progressé du côté d’Idleb, mais du côté du sud d’Alep vers l’aéroport Abou Douhour, qui est l’un des objectifs de l’offensive, il a récupéré des dizaines de villages dans la région », explique M. Majed. Selon l’expert, la résistance des rebelles sera très fortement liée à l’ouverture de la frontière turque. « Si cette frontière permet un ravitaillement militaire et un soutien logistique, le régime aura du mal à assurer la couverture de toute la région. »


(Lire aussi : Laminé dans ses fiefs syriens, l'EI tente un retour dans la province d'Idleb)


Un millier de combattants
Profitant des combats et de l’espace laissé vacant, l’État islamique est en train d’effectuer une percée dans la région après la récente chute de son « califat ». Grâce à une campagne de communication sur les réseaux sociaux, ainsi que des attaques ponctuelles et des actes contre des soldats du régime, l’EI veut montrer qu’il est toujours présent en Syrie. Le 12 janvier, l’organisation qualifiait même Idleb de « wilaya », c’est-à-dire de province sous son contrôle. « Il y a eu des complicités du côté du régime et des Russes qui n’ont pas bombardé les combattants de Daech durant leur arrivée et leur déploiement dans la région », analyse Ziad Majed. À Idleb, « il y a probablement des centaines, peut-être un millier de combattants de l’EI, tout au plus », estime Ayman Jawad al-Tamimi, spécialiste des mouvements jihadistes, interrogé par l’AFP. S’il démontre une nouvelle fois qu’il serait une erreur de l’enterrer trop vite, l’EI ne semble toutefois pas avoir les capacités de s’implanter à long terme dans la région. D’autant plus s’il doit combattre, dans le même temps, les groupes rebelles et les forces loyalistes.


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