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Économie - Développement

Conférence du Cèdre : Hariri évoque un programme d’investissement ambitieux

Doté d'une enveloppe totale de 16 milliards de dollars, le programme dédié au développement des infrastructures permettrait d'atteindre à terme une croissance de 7 %.

Le Premier ministre Saad Hariri (au centre) en visite hier à la Chambre de commerce et d’industrie de Beyrouth. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre, Saad Hariri, s'est longuement exprimé hier à propos de la conférence du Cèdre, qui devrait se tenir à Paris en avril prochain, et sera consacrée au financement d'un large programme de modernisation des infrastructures libanaises. Il est ensuite revenu sur sa volonté de libéraliser davantage le marché libanais, en se livrant à un diagnostic de l'économie nationale, secteur par secteur. M. Hariri intervenait dans le cadre d'un dialogue avec plus de 200 représentants du secteur privé, organisé hier à la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB), en marge d'une cérémonie d'hommage à l'ancien président du Conseil économique et social, Roger Nasnas.

Le Premier ministre a déclaré que « la priorité du pays était sa stabilité », soit « une stabilité sécuritaire, politique, économique et sociale », a-t-il insisté. Une priorité que partagent les principaux acteurs de la communauté internationale, à l'origine du Groupe international de soutien au Liban, qui s'est réuni le 8 décembre dernier, ainsi que de la conférence de Rome II, qui se tiendra fin février en vue de renforcer l'armée libanaise et les appareils sécuritaires, et enfin la conférence du Cèdre pour soutenir la stabilité économique. Sous la présidence du président français Jacques Chirac, trois réunions (Paris I en 1998 ; Paris II en 2002 ; et Paris III en 2007) avaient permis d'engranger plusieurs milliards de dollars pour notamment restructurer la dette du pays et tenter de créer une dynamique de développement.

M. Hariri a assuré que le gouvernement ira à la conférence du Cèdre avec un programme d'investissement clair et des objectifs définis, destiné à la modernisation des infrastructures, nécessitant une enveloppe totale de 16 milliards de dollars pour plus de 250 projets. « Notre objectif est d'assurer le financement nécessaire, à travers des prêts de concession de la part des institutions financières et fonds internationaux ainsi que des pays amis », a confié le Premier ministre. « Le programme d'investissement a été revu et évalué par les équipes de la Banque mondiale au Liban, qui ont confirmé la pertinence des secteurs visés et des projets prévus en vue d'une redynamisation de l'économie », s'est-il réjoui.

 

Croissance à 6 ou 7 %
Ces projets concerneront les secteurs des transports, des télécoms, de l'eau, de l'électricité, de l'assainissement des eaux usées, de la santé publique, de l'éducation et du patrimoine culturel. Le Premier ministre estime que la mise en œuvre de ce programme permettrait au Liban d'atteindre une croissance du PIB de 6 à 7 % et de créer des dizaines de milliers d'opportunités d'emploi. Il n'a pas précisé toutefois l'échéance de ces objectifs.

M. Hariri a également insisté sur l'importance du rôle qu'aura à jouer le secteur privé dans la réussite de ce programme. « Environ 40 % des projets précités pourront être mis en œuvre à travers des partenariats public-privé, représentant un total de 7 milliards de dollars », a-t-il précisé. Réclamée depuis une dizaine d'années par de nombreux acteurs du secteur privé, des organisations internationales et une partie de la classe politique, la loi sur les partenariats public-privé (PPP) a été finalement votée le 16 août dernier au Parlement. Ce dispositif permet aux autorités publiques de faire appel à des prestataires privés afin de financer, construire, rénover ou gérer des équipements assurant un service public. « Nous préparons avec le groupe al-Iktissad wal-Aamal une conférence consacrée à la discussion de ces projets avec les acteurs du secteur privé libanais et étranger qui se tiendra le 22 février à Beyrouth », a noté Saad Hariri.

Si M. Hariri a indiqué que toutes les régions du Liban profiteront de ce programme d'investissement, il a toutefois concédé que le Liban-Nord en sera le plus grand bénéficiaire, très certainement dans le cadre de la préparation à la reconstruction de la Syrie. Le Premier ministre a fait notamment référence au développement de plusieurs infrastructures dans la région, notamment la réhabilitation de l'aéroport René-Moawad, de la construction d'un port dans le Akkar en plus du développement de celui de Tripoli, de la construction d'une ligne ferroviaire reliant Tripoli à la Syrie, de la modernisation des centrales électriques de la région, de l'installation d'unités flottantes de stockage et de transformation du gaz liquéfié, ainsi que de parcs éoliens au Akkar.

 

Réformes structurelles
« Au cours de l'élaboration de ce programme d'investissement, nous avons entamé une étude détaillée de l'ensemble des secteurs productifs afin de déterminer les plus prometteurs d'entre eux, qu'ils soient traditionnels ou nouveaux, ainsi que les étapes à suivre en vue de provoquer leur essor », a assuré le Premier ministre. Des études et des programmes d'investissement qui ne suffiront pas à relancer la croissance s'ils ne sont pas accompagnés de réformes structurelles et sectorielles plus que nécessaires, a-t-il souligné. « Nos lois commerciales doivent être modifiées, d'autant plus que certaines datent de 1950. Il est anormal qu'une liquidation de société prenne sept à huit ans », s'est insurgé M. Hariri.

Le Premier ministre a aussi exprimé son vif refus face à toute tentative de durcissement de la politique fiscale du gouvernement à l'encontre du secteur privé. « Je suis certain qu'aucune nouvelle taxe ne sera introduite en 2018, bien au contraire, nous mettrons en place plusieurs mesures incitatives », a-t-il promis. M. Hariri a également réagi à l'épineux dossier des mesures antidumping réclamées par les industriels. « Nous devons protéger nos industries, tout en respectant nos accords commerciaux avec les pays partenaires qui doivent être totalement appliqués », a-t-il prévenu. Il s'est dit favorable à un soutien aux secteurs industriels les plus prometteurs, mais opposé à tout renforcement des barrières tarifaires qui nuiraient à la libre concurrence.

 

Pour mémoire

Paris IV aura pour nom la « Conférence du Cèdre »

Le Premier ministre, Saad Hariri, s'est longuement exprimé hier à propos de la conférence du Cèdre, qui devrait se tenir à Paris en avril prochain, et sera consacrée au financement d'un large programme de modernisation des infrastructures libanaises. Il est ensuite revenu sur sa volonté de libéraliser davantage le marché libanais, en se livrant à un diagnostic de l'économie nationale,...

commentaires (4)

"libéraliser davantage le marché libanais" Mais qu'est ce que ca veut dire? Est-il possible pour un marche d'etre plus liberal que le notre? Une grande partie de notre economie est parallele et non-controlee. La priorite est de construire l'etat et d'appliquer les lois que nous avons, et non lever les quelques regles restantes

Mounir Doumani

10 h 49, le 16 janvier 2018

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Commentaires (4)

  • "libéraliser davantage le marché libanais" Mais qu'est ce que ca veut dire? Est-il possible pour un marche d'etre plus liberal que le notre? Une grande partie de notre economie est parallele et non-controlee. La priorite est de construire l'etat et d'appliquer les lois que nous avons, et non lever les quelques regles restantes

    Mounir Doumani

    10 h 49, le 16 janvier 2018

  • Pourquoi les arabes ? On passe notre temps à les insulter D’ici à ce qu’ils soient maso il faudra un peu de temps Remercions le ciel déjà qu’ils gardent nos immigrés

    Ado

    09 h 25, le 16 janvier 2018

  • et pas l'autoroute de Jounieh? Merci aux députés du coin

    yves kerlidou

    08 h 51, le 16 janvier 2018

  • ET QUI SONT LES INVESTISSEURS ? LES ARABES... J,EN DOUTE ! LES OCCIDENTAUX... DES PROMESSES VIDES ET AVEC DES CONDITIONS !

    MON CLAIR MOT A GEAGEA CENSURE

    08 h 30, le 16 janvier 2018

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